La saison 2025 de Formule 1 a été marquée par des espoirs démesurés et des désillusions cuisantes pour Lewis Hamilton et Ferrari. L’alliance entre le septuple champion du monde et la Scuderia, qui promettait monts et merveilles, s’est rapidement transformée en un véritable calvaire. Retour sur une année que l’on peut sans hésitation qualifier d’annus horribilis.
Un début prometteur, des choix risqués
En fin d’année dernière, alors que l’on s’interrogeait sur la dernière saison de Lewis Hamilton chez Mercedes et ses débuts chez Ferrari, je posais cette question cruciale : « L’alliance entre Ferrari et Hamilton va-t-elle connaître le succès ? » Force est de constater qu’à l’aube de leur collaboration, la capacité du septuple champion à relever ce défi était au cœur des débats.
La Scuderia, après avoir terminé la saison 2024 sur une note euphorique, avait décidé de revoir son concept technique, remplaçant ses poussoirs par des tirants sur la suspension avant. Ce choix, jugé nécessaire pour évoluer, s’est finalement retourné contre elle. De concurrente redoutable capable de rivaliser avec McLaren, Ferrari s’est retrouvée, à la fin de la saison, à la traîne, occupant une place peu enviable parmi les écuries.
Zéro victoire, zéro podium, zéro pole

Lewis Hamilton a connu la pire saison statistique de sa carrière en F1. Triste constat : sa contribution aux chiffres désastreux évoqués plus haut (aucune victoire, aucune pole, et seulement sept podiums) est tout simplement nulle. Bien sûr, il a réalisé un meilleur temps lors des qualifications sprint et remporté une course sprint au GP de Chine, mais cela reste anecdotique pour un pilote au palmarès aussi riche.
La première partie de la saison a pu donner l’illusion d’une lutte, avec seulement 16 points de retard sur Charles Leclerc après le GP de Grande-Bretagne. Pourtant, lors des douze courses suivantes, le constat est implacable : alors que Leclerc s’accrochait avec brio à sa voiture capricieuse pour marquer 123 points, Hamilton ne parvenait à en accumuler que 53. La descente aux enfers était amorcée.
Depuis ce fameux week-end à Shanghai, où l’euphorie semblait encore tangible, Hamilton a sombré. L’adaptation à sa nouvelle écurie s’est révélée être un véritable parcours du combattant. Tout au long de la saison, la communication entre lui et son ingénieur, Riccardo Adami, a semblé chaotique, illustrant le fossé entre les deux. Bien que chaque situation soit unique, il manquait indéniablement une fluidité dans leurs échanges, comme en témoigne le GP d’Abu Dhabi.
Si certains ont tenté de justifier cette performance par une période d’adaptation nécessaire, il est clair que cela ne pourra pas durer éternellement. Surtout avec les nouvelles réglementations prévues pour 2026, qui promettent un changement de paradigme dans la discipline.
Une attitude en berne

L’attitude d’Hamilton a constitué un autre aspect préoccupant de cette saison. En tant que pilote motivé par le moral, il a d’abord tenté de faire bonne figure face aux difficultés rencontrées avec Ferrari. Cependant, le découragement a vite pris le dessus. Le Hamilton qui se présentait sur la grille de départ était souvent celui d’un homme abattu, désabusé et incertain. Ses doutes quant à ses propres capacités sont devenus palpables.
À l’instar de la saison précédente, où il avait tout de même signé quelques victoires, l’incertitude quant à la possibilité de lutter pour le titre a pesé lourdement sur son moral. Frédéric Vasseur, le directeur de l’écurie, a reconnu que l’adaptation de Hamilton avait été plus complexe que prévu et que l’impact psychologique d’une saison sans développement aurait dû être anticipé.
Les quatre éliminations consécutives en Q1/SQ1 pour conclure la saison ont scellé le sort de cette année déjà difficile pour Hamilton. À 41 ans, le Britannique est confronté à un tournant crucial de sa carrière. Bien que je me refuse à utiliser le terme « saison de trop », l’enchaînement des campagnes 2024 et 2025 revêt une aura crépusculaire pour le septuple champion.
Vers une renaissance ?
La chance pour Hamilton de ne pas sombrer davantage pourrait résider dans la transition vers un nouveau cycle réglementaire, qui pourrait lui offrir un cadre plus adapté à ses compétences. Reste à savoir si Ferrari saura opérer les changements techniques nécessaires pour 2026. La pression sera forte sur les épaules de l’équipe italienne pour redresser la barre.
Mais une chose est certaine : 2025 sera gravée dans les mémoires comme une année calamiteuse pour Hamilton. Comme Élisabeth II l’a déjà exprimé dans son discours sur son « annus horribilis », il est certain que des jours meilleurs pourraient bien arriver. Pour Hamilton, cependant, le chemin vers la rédemption sera semé d’embûches.
En attendant, le pilote britannique aspire à passer un hiver loin des pressions de la compétition, espérant que le retour aux jours meilleurs sera au rendez-vous en 2026.


