La Lancia Lybra, un nom qui évoque des souvenirs d’un temps où la marque italienne brillait par son innovation et son esthétique. Avec ses lignes élégantes et son moteur diesel puissant, cette familiale a tenté de surfer sur la vague d’un passé glorieux, mais a fini par se perdre dans les méandres de l’histoire automobile. Retour sur un modèle qui mérite d’être redécouvert.
Un héritage en déclin
Pauvre Lancia. Au fil du 20e siècle, certains des modèles les plus beaux et technologiquement avancés ont porté ce nom. Des Lambdas novatrices des années 1920 aux sublimes Asturas des années 1930, en passant par les élégantes Aprilias des années 1940 et les fascinantes Flaminias des années 1950, sans oublier les Fulvias sportives des années 1960 et 1970. À chaque époque, Lancia a su faire briller le drapeau italien grâce à son engagement sans compromis envers l’innovation technique et l’excellence du design. Cependant, à l’arrivée de la Lybra dans les années 2000, Lancia n’était plus qu’un souvenir d’une époque révolue.
Un design qui suscite l’intérêt
Cependant, la Lybra n’est pas dépourvue de charme. Basée sur la plateforme de l’Alfa 156, elle offre des performances dynamiques tout à fait respectables. Certes, cette période sombre de Fiat a laissé des traces, mais il faut reconnaître qu’ils savaient encore concevoir de belles voitures, même si leur fabrication était parfois discutable. Comparée à son prédécesseur, la Dedra, la Lybra est un véritable chef-d’œuvre. Son langage de design rétro est subtilement dosé, et pour une fois, je suis enclin à lui pardonner ce penchant nostalgique. Après tout, à ce stade, Lancia n’avait guère d’autre choix que de s’accrocher à ses racines.
Des caractéristiques techniques intéressantes
Dévoilée en mars 1999 et mise sur le marché en septembre de la même année, la Lybra propose plusieurs motorisations. On trouve ainsi des blocs essence de 1,6 litre et 1,8 litre à quatre cylindres, ainsi qu’un cinq cylindres de 2 litres. Du côté des diesels, le choix se porte sur un quatre cylindres de 1,9 litre ou un cinq cylindres turbo-diesel de 2,4 litres. C’est ce dernier qui équipe notre modèle du jour. Bien que je ne puisse préciser l’année exacte de ce véhicule (2002 se situant au milieu de sa production), la puissance pourrait osciller entre 136 ch et 150 ch selon les versions. Fait intéressant, le moteur diesel de 2,4 litres affiche une puissance équivalente à celle du moteur essence de 2 litres, rendant ainsi le choix évident pour de nombreux Européens : le turbo-diesel plus économique était sans doute le plus prisé.
Une version SW séduisante
Après le fiasco du coupé Kappa, Fiat a probablement décidé de retirer ce type de carrosserie du lexique de Lancia. La Lybra se décline donc uniquement en deux versions : une berline trois volumes et un break, sobrement nommé SW. D’après mon expérience et des observations empiriques, il semblerait que le break ait rencontré un succès similaire, voire supérieur à celui de la berline, ce qui est peu courant.
Une des raisons de ce succès réside dans l’espace cargo raisonnable offert par le break, alors que la berline a souvent été critiquée pour son coffre réduit. De plus, les deux versions partagent les mêmes options de moteur et d’intérieur, ce qui rend le break plus judicieux dans bien des cas. Et soyons honnêtes, je trouve personnellement le break plus séduisant que la berline.
Un intérieur qui manque de personnalité
Le modèle SW bénéficie d’un petit badge Lancia supplémentaire sur le pilier C, ajoutant une touche agréable. En comptant ceux sur les jantes et aux extrémités, on atteint huit écussons Lancia sur une seule voiture. Si l’on ajoute celui sur le volant et sur la clé de contact, on arrive à dix. De quoi rappeler au monde entier à quel point cette voiture est Lancia. Peut-être un peu trop à mon goût ?
En ce qui concerne l’intérieur, bien que je n’aie pas réussi à capturer la photo parfaite, l’habitacle semble offrir une atmosphère agréable. Ce modèle ne dispose pas de l’option cuir, qui semble être très prisée par les propriétaires de Lybra pour sa durabilité. Toutefois, cet intérieur en tissu semble encore en excellent état, ce qui indique simplement qu’il a été soigneusement entretenu.
Un avenir incertain
La Lybra arbore une calandre qui tente de lui donner une identité propre. Les phares ronds et le combiné clignotant sont bien réalisés, avec ces chromes classiques s’inspirant de l’Aurelia – un choix d’inspiration pas si mal. La Lancia Thesis (2001-2009) a poussé ce concept encore plus loin avec une calandre plus étroite et des phares plus audacieux. Bien que j’apprécie la Thesis, je comprends ceux qui la trouvent un peu trop rétro.
Avec seulement environ 160 000 unités produites en six ans, la Lybra a moins bien performé que la Dedra. Une déception qui ne fait que souligner le déclin progressif de la marque. Lorsque la Lybra a disparu en 2005, elle n’avait pas de successeur clair. La gamme Lancia se réduisait alors à la grande Thesis, deux monospace insignifiants et la citadine Ypsilon. Aujourd’hui, cette dernière est tout ce qui reste de Lancia.
Conclusion : un modèle à redécouvrir
La Lybra a vu ses jours assombris alors que l’avenir de Lancia était déjà en péril. Les pires jours étaient pourtant à venir avec les re-badgings de Chrysler dans les années 2010. La marque aurait dû tirer sa révérence bien plus tôt pour éviter le naufrage qui a suivi. Néanmoins, la Lybra mérite d’être redécouverte. Elle représente peut-être la dernière Lancia haut de gamme digne de ce nom. Pas la meilleure par définition, mais elle mérite tout de même sa place dans le panthéon automobile.













