Quand Ferrari décide enfin de passer à l’électrique, Maranello sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. La Luce, première Ferrari 100 % électrique de l’histoire, ne peut pas être une simple démonstration technologique. Avant même de révéler sa silhouette, la marque italienne a choisi de montrer ce qui fait l’essence d’une Ferrari moderne : son tableau de bord. Un choix loin d’être anodin, tant le poste de conduite est devenu, à l’ère électrique, le nouveau champ de bataille des constructeurs.

 

Ferrari dévoile le tableau de bord de sa toute première voiture 100 % électrique, la Luce. © Ferrari

Un tableau de bord pensé pour le conducteur, pas pour l’effet waouh

Avec la Luce, Ferrari fait un choix clair : revenir à l’essentiel. Pour concevoir ce poste de conduite inédit, la marque s’est entourée de deux références mondiales du design, Jony Ive et Marc Newson. Leur mission n’était pas de créer un intérieur spectaculaire à l’arrêt, mais un tableau de bord cohérent, lisible et orienté vers le conducteur.

Depuis plus de treize ans, Ferrari a repris la maîtrise totale de son design après l’ère Pininfarina. La Luce s’inscrit pleinement dans cette logique : un cockpit pensé en interne, avec une vision claire de ce que doit être une Ferrari à l’ère électrique. Là où beaucoup de modèles électriques sacrifient l’ergonomie sur l’autel de la technologie, Maranello tente de préserver une relation directe entre l’homme et la machine.

Aiguilles physiques, verre et écrans OLED composent l’instrumentation de la Ferrari Luce. © Ferrari

Des performances de supercar, même sans moteur thermique

Longtemps évoquée sous le nom provisoire « Elettrica », la première Ferrari électrique s’appelle finalement Luce, « lumière » en italien. Une appellation symbolique pour un modèle qui marque une rupture historique.

Sur le plan technique, Ferrari ne fait pas les choses à moitié : quatre portes, quatre places, quatre moteurs électriques et une puissance annoncée de 1 000 ch. Le 0 à 100 km/h serait expédié en moins de 2,5 secondes, tandis que la batterie de 122 kWh promet jusqu’à 530 km d’autonomie WLTP.

Mais Ferrari insiste : la Luce n’est pas qu’une addition de chiffres impressionnants. Elle introduit également un mode de conduite manuel simulé, avec palettes au volant, permettant de moduler la réponse du couple. Une manière de rappeler que, même électrique, une Ferrari doit rester engageante à conduire, et pas seulement rapide en ligne droite.

Chaque commande du tableau de bord a été validée par les pilotes d’essai Ferrari. © Ferrari

Le retour assumé des commandes physiques

Présentée à San Francisco, la Luce a surtout surpris par son rejet presque militant du tout tactile. Là où beaucoup de tableaux de bord modernes ressemblent à des tablettes géantes, Ferrari prend le contrepied.

Pour Jony Ive, le tactile est avant tout une réponse aux contraintes du smartphone. Dans une voiture, c’est souvent une source de distraction. Résultat : le tableau de bord de la Luce privilégie les commandes mécaniques. Molettes, basculeurs et palettes sont partout, pensés pour être identifiés au toucher, sans quitter la route des yeux.

L’utilisation massive d’aluminium usiné et de verre technologique développé avec Corning renforce cette impression de luxe fonctionnel. L’habitacle compte près de quarante pièces en verre, là où une berline classique se contente de quelques éléments décoratifs. Ici, le matériau participe pleinement à la lecture des informations.

Ferrari privilégie les commandes physiques face à l’omniprésence du tactile. © Ferrari

Une instrumentation numérique… mais avec de vraies aiguilles

Face au conducteur, la Ferrari Luce adopte un combiné d’instruments de 12,86 pouces à technologie OLED. Ferrari a opté pour une organisation originale, avec trois cadrans superposés : la vitesse à gauche, les informations centrales au milieu et un compte-tours à droite.

Mais la véritable surprise vient des aiguilles physiques. En aluminium anodisé, rétroéclairées par quinze LED, elles offrent un rendu en profondeur saisissant. Grâce à un jeu de lentilles convexes, les informations semblent flotter à différents niveaux, évoquant les compteurs Veglia et Jaeger des Ferrari historiques.

Autre détail bien vu : le bloc d’instrumentation est solidaire du volant, garantissant une lisibilité constante, quelle que soit la position de conduite.

Le combiné d’instruments suit les mouvements du volant pour une lisibilité optimale. © Ferrari

Un volant fidèle à l’ADN Ferrari

Le volant de la Luce incarne parfaitement l’équilibre recherché par Ferrari. Son dessin à trois branches rappelle les mythiques volants Nardi des années 50 et 60, tout en intégrant des technologies modernes.

Fabriqué en aluminium recyclé, il a été soumis à de nombreux tests par les pilotes d’essai de la marque afin d’optimiser le ressenti mécanique et le retour sonore. Les commandes sont regroupées de manière intuitive, avec une inspiration assumée des volants de Formule 1, sans tomber dans l’excès.

Le volant de la Ferrari Luce mêle références historiques et technologies modernes. © Ferrari

Un écran central discret mais intelligent

L’écran central OLED de 10,12 pouces ne cherche pas à dominer l’habitacle. Monté sur une rotule, il peut s’orienter vers le conducteur ou le passager, selon l’usage. Une solution simple et efficace, qui privilégie l’ergonomie à la démonstration technologique.

Les commandes de climatisation reposent sur de véritables molettes, tandis que le sélecteur de vitesses en verre Corning Fusion5 Glass mêle esthétique et robustesse. La clé en verre, dotée d’une encre numérique changeant de couleur lors de l’insertion, ajoute une touche presque artisanale à l’ensemble.

La clé en verre de la Ferrari Luce change de couleur lors de son insertion. © Ferrari

Ferrari et l’électrique : une question d’âme

En écartant le nom « Elettrica », jugé trop réducteur, John Elkann a clairement donné le ton : la Luce ne veut pas être définie uniquement par sa motorisation. Elle se veut un pont entre l’héritage de Ferrari et un avenir électrique assumé.

Alors que son design extérieur ne sera dévoilé qu’au printemps, une question demeure : une Ferrari électrique peut-elle conserver ce supplément d’âme qui fait la légende de la marque ?
À la lecture de ce tableau de bord, Maranello semble déterminé à répondre par l’affirmative.

Le tableau de bord de la Ferrari Luce illustre la vision électrique de Maranello. © Ferrari
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