Une bombe interne : 31 membres sur 42 demandent une AG pour révoquer le président
Tout part d’un courrier interne qui circule puis devient public : une “large majorité” de l’Assemblée Générale annonce avoir déposé une demande de convocation d’une Assemblée Générale Extraordinaire avec un objectif limpide : révoquer le comité directeur et le président. Une date est évoquée : le 24 mars 2026, au siège de la FFSA.
Dans ce même texte, un autre point met immédiatement le feu : une procédure serait “à l’étude” contre Pierre Gosselin pour des faits graves (abus de confiance et détournement de fonds “notamment”, selon les rédacteurs). À ce stade, on est sur de l’annonce, pas sur une décision de justice. Mais dans une fédération sportive, ce type de mots transforme un désaccord politique en crise institutionnelle.
La contre-attaque de Pierre Gosselin : “système opaque”, “instances satellites”, audit et plaintes annoncées
La riposte ne se fait pas attendre. Pierre Gosselin réunit en urgence son comité directeur, puis publie une “mise au point” au ton très offensif. Son axe : il explique avoir progressivement constaté un fonctionnement inutilement complexe, parfois contraire aux statuts et au cadre du sport, au point — selon lui — de faire peser un risque sur l’agrément ministériel.
Dans sa version des faits, la Fédération se serait dotée, au fil des années, d’instances et de mécanismes internes qui brouilleraient la chaîne de décision. Il cite notamment des structures de type “Sénat” ou des commissions/instances qu’il estime ne pas reposer sur une base statutaire suffisamment claire. Il indique aussi avoir saisi le ministère de tutelle et demandé une enquête ainsi qu’un audit financier, afin de faire la lumière sur des “zones d’ombre”, des “flux” et d’éventuels “avantages indus”.
Et surtout, il franchit un cap : il annonce des dépôts de plainte visant la période antérieure et met en cause explicitement deux anciens présidents : Jacques Régis (1997–2007) et Nicolas Deschaux (2007–2024). Il affirme qu’ils seraient “à la manœuvre” dans l’opposition et évoque des fonctions et positions qu’il juge problématiques.
La riposte des opposants : “contre-feu médiatique”, rémunération contestée, avantages, plainte collective annoncée
Face à cette offensive, les opposants répondent par un texte long, structuré et très accusatoire. Leur message clé : le communiqué du président arriverait “au lendemain” de la convocation d’une AG de révocation et relèverait d’un “contre-feu” médiatique. Ils ajoutent un élément politique lourd : Pierre Gosselin aurait été mis en minorité au sein du comité directeur lors d’une réunion datée du 4 mars 2026.
Mais le point le plus inflammable concerne l’argent. Les opposants affirment qu’à l’Assemblée Générale du 26 novembre 2025, une résolution relative à la rémunération du président aurait été massivement rejetée (chiffres avancés : 676 voix contre, 0 pour). Ils ajoutent que cette rémunération aurait pourtant été perçue sans autorisation sur une période allant du 1er janvier au 24 juin 2025, et qu’aucun remboursement n’aurait eu lieu à ce jour (selon leur communiqué). Ils évoquent également des avantages en nature non déclarés, avec des conséquences potentielles juridiques, fiscales et sociales pour la Fédération.
Dernier étage de la fusée : ils annoncent vouloir engager une plainte collective contre Pierre Gosselin, visant notamment des qualifications de type abus de confiance, détournement de fonds et dénonciation calomnieuse. Là encore : à ce stade, ce sont des annonces et des accusations publiques, pas un jugement.
Le “retour des anciens” : simple influence… ou tentative de reprise en main ?
C’est précisément l’angle qu’une partie des observateurs et de la presse met en avant : la crise ne serait pas seulement “Gosselin vs l’Assemblée”, mais aussi une bataille de gouvernance où les anciens réseaux pèseraient encore lourd. Les noms de Jacques Régis et Nicolas Deschaux reviennent comme des marqueurs : ceux d’une époque longue (près de trois décennies cumulées à la présidence) et d’un mode de fonctionnement que le président actuel dit vouloir “moderniser” et sécuriser juridiquement.
À ce stade, une chose est claire : le dossier dépasse la simple politique interne. Parce qu’en toile de fond, il y a la question la plus sensible pour une fédération délégataire : la conformité, la transparence, et le risque — même théorique — que l’État finisse par exiger des corrections majeures si des manquements étaient avérés.
À noter — L’angle d’Autonewsinfo.fr
Notre confrère Gilles Gaignault (Autonewsinfo.fr) propose une lecture où la crise actuelle de la FFSA
pourrait s’inscrire dans une logique de retour d’influence de l’ancienne gouvernance.
Son article explique notamment qu’un “troisième homme” serait en train d’émerger dans les équilibres internes, dans un scénario de recomposition où certains acteurs chercheraient à reprendre la main sur la gouvernance.
Voir l’article : « FFSA : le nouveau rififi avec le retour aux affaires de Jacques Régis et de Nicolas Deschaux » — Gilles Gaignault (Autonewsinfo.fr)
NB : ces éléments sont rapportés au conditionnel et à titre de relais journalistique. Ils ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.
Ce qui est vérifiable tout de suite (et ce qui ne l’est pas encore)
- Vérifiable : l’existence d’une demande d’Assemblée Générale extraordinaire et l’objectif affiché de révocation, ainsi que la date évoquée (24 mars 2026).
- Vérifiable : l’existence de communiqués publics contradictoires, et l’escalade très rapide du conflit.
- À confirmer par pièces / procédures : les accusations financières précises (rémunération, avantages, remboursements), qui nécessitent documents, audits, et éventuellement une instruction.
- À confirmer : l’issue institutionnelle : maintien du président, révocation, recomposition, médiation de la tutelle, etc.
Pourquoi ça concerne tous les passionnés (pas seulement “la politique”)
On pourrait se dire : “encore une guerre de chefs”. Sauf qu’une fédération, ce n’est pas une tour d’ivoire. Derrière la FFSA, il y a les licences, les calendriers, les commissaires, les écoles, les ligues, les règlements, les assurances, et l’écosystème des compétitions amateur comme des filières d’accès.
Si la gouvernance s’enlise, tout le monde paye l’addition : organisateurs, clubs, pilotes, circuits, bénévoles… et au final le sport auto français, déjà fragilisé par des enjeux de coûts, d’accès, et d’attractivité. Une crise de ce niveau, c’est un trou d’air pour la crédibilité — et une opportunité (si elle est traitée proprement) de clarifier enfin les règles du jeu.
Le prochain virage : l’AG de rupture fin mars
La suite se jouera dans les prochaines semaines autour de l’Assemblée Générale extraordinaire : date, lieu, ordre du jour, votes, conséquences. Et en parallèle, sur le terrain judiciaire et administratif : dépôts de plainte annoncés, audits, et éventuelle intervention/contrôle de l’autorité de tutelle.
Une chose est sûre : à la FFSA, on ne parle plus seulement de sport. On parle de gouvernance, de légalité, de transparence. Et quand une fédération en arrive à régler ses comptes en place publique, c’est que la course ne se gagnera plus au chrono… mais au règlement.
Note : cet article s’appuie sur des communiqués et des publications de presse. Les accusations évoquées sont, à ce stade, des allégations. Toute personne citée dispose d’un droit de réponse ; si une réponse officielle nous parvient, nous la publierons ou la relayerons fidèlement.

Penser que les commentaires d’auto news ont une valeur de vérité est difficile à imaginer. Voir quelles ont été les fonctions du rédacteur. A-t-il des comptes personnels à régler avec JR?