Dans un monde où les écrans tactiles envahissent nos voitures comme des moustiques en été, Kia fait figure de rébellion. Le constructeur coréen refuse d’abandonner les boutons au profit de commandes uniquement numériques, et il a bien raison. Après tout, qui n’a jamais pesté contre un menu labyrinthique en pleine conduite ?
Kia, l’art de la simplicité
Alors que certains constructeurs se perdent dans des tableaux de bord futuristes, Kia garde les pieds sur terre. Les derniers modèles, même avec leurs grands écrans, conservent des boutons pour les fonctions essentielles telles que la climatisation et le système multimédia. Une décision qui pourrait sembler rétrograde à certains, mais qui s’avère d’une intelligence désarmante.
« Il y a certaines fonctions qu’il faut trouver immédiatement, et sur lesquelles on n’a pas envie de se tromper, donc nous les conservons en commandes physiques », a déclaré Jochen Paesen, responsable du design intérieur chez Kia, lors d’un entretien avec Autocar.

Intérieur de la Kia K4 Sportwagon
Ce choix de design pragmatique est une réponse directe aux travers d’une industrialisation à outrance. Kia a compris qu’un accès compliqué à une fonction essentielle, nécessitant trois appuis dans un menu, n’est pas seulement frustrant, mais aussi dangereux. Le constructeur coréen salue d’ailleurs les marques chinoises pour leur capacité à innover tout en restant pertinentes. Mais il ajoute une mise en garde : il ne suffit pas d’accumuler des fonctionnalités pour séduire le client ; celles-ci doivent être réellement utiles.
« La clé, c’est de trouver l’équilibre afin de créer un certain niveau de chaleur et d’aspiration », a-t-il expliqué. Un mantra qui semble guider l’avenir des modèles Kia, où l’expérimentation est de mise.
Des erreurs reconnues dans l’industrie

Intérieur de la Kia EV2
Il n’est pas fréquent qu’un constructeur reconnaisse avoir commis des erreurs. Pourtant, le sujet des commandes physiques semble faire exception. Récemment, plusieurs marques prestigieuses comme Mercedes-Benz, Ferrari et Volkswagen ont plaidé pour le maintien, voire le retour, de boutons physiques dans leurs véhicules. Une réaction qui témoigne d’un malaise grandissant face à la surenchère numérique.
Les écrans tactiles peuvent transformer un trajet banal en parcours du combattant. En naviguant dans des menus compliqués, le conducteur est contraint de quitter la route des yeux, un comportement potentiellement mortel. Et que dire des commandes capacitives qui, souvent, ne répondent pas comme prévu ? Ces mésaventures ont conduit des marques comme Volkswagen à revoir leur position.
La demande croissante de simplicité
La volonté des consommateurs de retrouver de vrais boutons est telle que Hyundai s’interroge sur la nécessité d’installer de grands écrans dans ses véhicules. En se débarrassant de ces mastodontes technologiques, les designers bénéficieraient d’une plus grande liberté pour concevoir des intérieurs au style distinctif. Oubliez les deux grandes tablettes trônant sur la planche de bord, place à l’esthétique et à la praticité !
Cette volonté de simplicité pourrait bien redéfinir les standards de l’industrie automobile. Les clients recherchent des voitures qui allient modernité et accessibilité. Pourquoi compliquer ce qui peut être simple ? La tendance s’inverse lentement, et Kia pourrait bien être en tête de ce mouvement salvateur.
Kia : un avenir prometteur ?
Face à ces défis, Kia semble déterminé à maintenir sa stratégie axée sur l’utilisateur. Alors que de nombreux concurrents se lancent dans une course à l’armement technologique, Kia s’efforce de garder une approche équilibrée. En intégrant des innovations tout en préservant l’essentiel, la marque coréenne pourrait bien séduire un public fatigué des gadgets inutiles.
En somme, Kia parvient à marier fonctionnalité et modernité. Alors que d’autres se perdent dans des labyrinthes digitaux, la marque fait le choix audacieux de la clarté. Un pari risqué ? Peut-être. Mais dans un monde où le bon sens devient rare, cette stratégie pourrait bien rapporter gros.


