Dans le monde du jeu vidéo, la réalité virtuelle fait figure de révolution, mais elle est loin de faire l’unanimité. Considérée par certains comme un gadget coûteux, elle peut aussi provoquer des sensations désagréables, allant jusqu’à la nausée. Pourtant, pour un passionné de simracing comme moi, cette technologie est devenue indispensable. Voici pourquoi je ne peux plus envisager mes sessions de course sans un casque de réalité virtuelle.
Une technologie controversée mais captivante
S’il y a bien une technologie qui ne fait pas l’unanimité dans le monde du jeu vidéo, c’est celle de la réalité virtuelle. Pour beaucoup, elle n’est qu’un gadget à la fois inutile et onéreux. Pire encore, on ne compte plus les témoignages de personnes ayant mal vécu cette expérience. « Chaque fois que j’essaie de jouer à un jeu où je navigue dans une zone/un monde, je commence à me sentir malade peu de temps après », confie un utilisateur sur un réseau social. Cette sensation désagréable, je l’ai également ressentie lors de mes premiers essais de casque VR. Pourtant, aujourd’hui, je ne parviens plus à apprécier un jeu de course automobile sans cette technologie. Même le récent Assetto Corsa Rally, que je trouve pourtant très réussi, m’a vite lassé car je ne peux l’utiliser que sur écran pour l’instant, à moins de passer par de fastidieuses manipulations.

Malgré ses défauts, je n’arrive aujourd’hui plus à imaginer profiter d’un jeu de simracing sans casque de réalité virtuelle. © DR
Pourquoi j’apprécie autant la réalité virtuelle en simracing ?
La réalité virtuelle me semble idéalement adaptée au genre de la simulation automobile. Elle offre une sensation d’immersion hors normes, impossible à retrouver même avec trois écrans. Elle est la seule à donner l’impression d’être réellement dans une voiture plutôt que dans son salon, en faisant totalement abstraction de l’environnement extérieur. De plus, elle permet de percevoir le relief, un point crucial sur des circuits comme le Nürburgring, que j’ai eu la chance de parcourir en vrai. Ce tracé s’apparente à de vraies montagnes russes, chose impossible à reproduire sur un écran. En somme, la VR rend le pilotage beaucoup plus naturel, notamment dans la manière de diriger son regard. J’ai même amélioré mes temps au tour grâce à elle… même si elle n’a pas fait des miracles dans ce domaine.

Difficile de bien se rendre compte du dénivelé d’un circuit comme le Nürburgring ou Spa en simracing sans un casque de réalité virtuelle. © BMW
Une technologie aux défauts bien réels
Cela ne signifie pas pour autant que je ne trouve aucun défaut à cette technologie. Bien au contraire. Malgré des améliorations significatives par rapport à mon premier casque Oculus CV1, l’un des pionniers, l’image de mon HP Reverb G2, acheté d’occasion, reste perfectible. Des modèles plus récents, comme ceux du spécialiste chinois Pimax, parviennent enfin à se rapprocher de la qualité d’un écran. Cependant, ils demeurent onéreux et nécessitent un PC puissant, alors que tout mon matériel de simracing m’a déjà coûté le prix d’une voiture d’occasion ! Le confort est également loin d’être optimal, surtout en été : il m’arrive régulièrement d’avoir trop chaud, malgré un ventilateur dirigé vers mon visage. Piloter ainsi demeure plus fatiguant et je continue à préférer les écrans pour d’autres types de jeux vidéo.
Comment limiter la sensation d’être malade en VR ?
Malgré ces contraintes bien réelles, je reste en VR pendant des relais de plusieurs heures lors de courses d’endurance, comme les 24H for Anna sur Rfactor 2. Une fois plongé dans l’action, j’oublie tous ces défauts pour ne retenir que l’incroyable immersion procurée par mon casque. Concernant la nausée initiale, j’ai réussi à la vaincre après quelques jours en multipliant les petites sessions. Je veille également à toujours garder une fluidité d’images parfaite, quitte à faire quelques compromis sur les graphismes, et à désactiver certaines options qui peuvent engendrer des mouvements de caméra perturbants. C’est ainsi que j’ai pu me débarrasser de la cybercinétose, ce « mal des transports » virtuel. Je suis conscient que tout le monde n’est pas égal face à ce phénomène, qui résulte du décalage entre les images envoyées au cerveau et les sensations perçues par l’oreille interne.

Il existe des moyens de limiter le risque d’être malade en réalité virtuelle, même si tout le monde n’est pas égal face à ce phénomène, aussi appelé cybercinétose. © DR
Quel avenir pour la réalité virtuelle en simracing ?
Je ne jetterai jamais la pierre à ceux qui ont renoncé à la VR pour cette raison très compréhensible. Mais de mon côté, j’espère que les développeurs de simulations automobiles continueront d’adapter leurs jeux à cette technologie. Malheureusement, c’est encore loin d’être gagné : en plus d’Assetto Corsa Rally, les récents Rennsport et Project Motor Racing sont tous deux sortis sans proposer cette possibilité. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a poussé à les abandonner très vite, même si ce n’est pas la seule… Quant aux propriétaires de consoles PlayStation 5 qui auraient craqué pour le casque PS VR2, ils n’ont quasiment que Gran Turismo 7 pour en profiter sur un jeu de voiture.
Le prometteur Assetto Corsa Evo a bien été compatible dès sa sortie en accès anticipé, mais avec une image et une optimisation encore perfectibles, même après la mise à jour majeure de décembre 2025. Un défaut déjà présent chez son prédécesseur, Assetto Corsa Competizione, alors que le tout premier Assetto Corsa était pourtant réussi sur ce point. EA Sports WRC, basé sur le même moteur graphique Unreal Engine 4 qu’Assetto Corsa Competizione, avait également marqué une régression par rapport à Dirt Rally 2 dans ce domaine. L’avenir de la réalité virtuelle en simracing reste donc incertain… même si d’autres titres récents, comme Automobilista 2 ou Le Mans Ultimate, permettent heureusement de profiter de cette technologie dans de meilleures conditions.

Automobilista 2 fait partie des jeux de course récents les plus réussis en réalité virtuelle. © Reiza
PS : Certaines des images de cet article ont été créées au moyen de l’intelligence artificielle.


