Alors que le marché automobile européen est en pleine mutation, les voitures chinoises font leur apparition, mais pas sans quelques obstacles. Pendant que certains pays embrassent ces modèles avec enthousiasme, la France reste sur la réserve. Alors, qui achète ces véhicules exotiques ?
Un marché en pleine évolution
Les dernières données d’immatriculation de voitures neuves en Europe révèlent une réalité quelque peu déconcertante : les Français sont parmi les moins enclins à acheter des véhicules de marques chinoises. Ce constat est d’autant plus frappant lorsque l’on inclut Volvo dans le bilan, puisque cette marque appartient au groupe chinois Geely. À l’inverse, les pays scandinaves, réputés pour leur électrification avancée, semblent être les plus réceptifs à ces nouvelles arrivantes.
MG, BYD et Xpeng : les stars montantes

Le MG ZS hybride cartonne actuellement en Europe, profitant d’une échappatoire face aux droits de douane qui frappent les modèles électriques chinois. © MG
Bien que la tendance semble se stabiliser, l’afflux de nouvelles marques chinoises continue de surprendre. Pour nous, journalistes, il est déjà complexe de suivre cette évolution, alors imaginez la confusion pour un consommateur européen traditionnel. Pourtant, certaines marques telles que MG, BYD et plus récemment Xpeng ont réussi à tirer leur épingle du jeu.
Une adoption inégale à travers l’Europe
Malgré tout, la part de marché des constructeurs chinois reste encore marginale sur le Vieux Continent. En effet, des pays comme l’Allemagne et la France n’immatriculent que des volumes faibles. Cependant, selon les données fournies par Inovev, certains pays semblent plus ouverts que d’autres à ces marques aux réseaux de distribution encore peu développés. Gare aux accrochages : en cas de casse, les délais de livraison des pièces détachées peuvent s’avérer décourageants.
La Norvège en tête du marché chinois
La Norvège adepte des voitures chinoises

Le Xpeng G6 figure parmi les modèles chinois les plus vendus en Norvège en 2025. © DR
En 2025, la part de marché des voitures chinoises a atteint 6 % en Europe, sans compter Volvo. Si l’on applique la même logique qu’avec MG, qui est une marque britannique sous pavillon chinois, on arrive à 8,4 %. Pas si mal pour des constructeurs qui étaient encore largement méconnus avant la pandémie. Mais là où cela devient intéressant, c’est que des disparités notables existent au sein de l’Union européenne.
La Norvège est le pays qui a le plus largement adopté ces modèles chinois, avec 13,7 % de parts de marché pour les véhicules de constructeurs chinois en 2025. Le Royaume-Uni, l’Espagne, la Pologne et l’Italie suivent à distance. Si l’on inclut Volvo dans les chiffres — un point discutable, il est vrai — la Norvège grimpe à 21,5 % !
Une France réticente
Les chinoises ? Très peu pour la France
À l’inverse, la France reste assez fermée aux voitures chinoises, avec seulement 3,4 % de parts de marché en 2025, l’un des taux les plus bas d’Europe. Cette situation s’explique en grande partie par la politique d’éco-primes appliquée dans l’Hexagone, qui pénalise les véhicules produits en Chine. Les marques chinoises se tournent donc vers les hybrides, avec un certain succès. Prenons MG par exemple : son modèle ZS hybride vient désormais concurrencer le Dacia Duster hybride. MG est d’ailleurs le premier constructeur « chinois » en France, la petite MG3 se vendant aussi bien en 2025 qu’une Skoda Fabia. Bien que le MG ZS ne rivalise pas encore avec le Dacia Duster en termes de volume, il commence à faire parler de lui.
Cette montée en puissance est renforcée par des tarifs et des garanties agressives, ce qui pourrait bien inciter les consommateurs français à reconsidérer leur approche face à ces nouveaux venus sur le marché.


