Les jours des noms ésotériques pour les voitures électriques sont peut-être comptés. Alors que les constructeurs automobiles prennent conscience de l’importance d’une dénomination claire et mémorable, le changement semble inévitable. Imaginez devoir appeler votre enfant « QX-12 » au lieu de « Paul » ! Cela donne une idée de l’absurdité que certains noms de modèles peuvent représenter.
Des noms compliqués à la simplicité familière
Récemment, l’industrie automobile a pris un tournant majeur en matière de stratégie de nommage, surtout dans le secteur des véhicules électriques. Après des années de tentatives maladroites avec des appellations obscures, les constructeurs cherchent désormais à s’appuyer sur des références plus familières. Ce changement s’inscrit dans un contexte où les technologies électriques, autrefois perçues comme futuristes, deviennent progressivement la norme.
Pour donner un exemple frappant, Volkswagen envisage de renommer son ID.4 en ID. Tiguan. Cette démarche, rapportée par Automotive News, vise à capitaliser sur la notoriété d’un nom déjà bien ancré dans l’esprit des consommateurs. Le lien avec un modèle thermique populaire facilite la transition vers l’électrique, tout en rassurant les acheteurs potentiels.

2026 Toyota bZ
Mais ce n’est pas uniquement une question de marketing. La familiarité des noms est cruciale dans un secteur où la confiance est encore à construire. Si des modèles comme le Mercedes-Benz GLC 400 4Matic with EQ Technology ou le Toyota bZ4x peuvent sembler techniques et rebutants, les acheteurs cherchent une connexion émotionnelle avec leur véhicule. Vendre un nouveau mode de vie autour de l’électrique est déjà un défi ; compliquer davantage les choses avec des noms qui ressemblent à des mots de passe Wi-Fi n’aide pas !
Des marques historiques face à un défi moderne
Les grands noms de l’automobile, tels que Volkswagen et Mercedes-Benz, héritent d’une longue histoire, ce qui complique encore plus leur transition vers l’électrique. En s’appuyant sur des appellations connues, ils peuvent instaurer un sentiment de confiance. À l’inverse, une nomenclature trop complexe peut créer une confusion indésirable.
Volkswagen a donc annoncé une révision complète de sa stratégie de nommage pour sa gamme électrique ID., avec l’intention de faire disparaître les dénominations alphanumériques comme ID.3 ou ID.4. La nouvelle génération de modèles pourrait reprendre des noms emblématiques comme Polo ou Golf, assurant ainsi une meilleure reconnaissance par le public.

2024 Volkswagen ID.4
Mercedes-Benz suit également cette tendance. Ses premiers véhicules électriques, comme les EQE et EQS, étaient clairement positionnés comme des alternatives aux modèles thermiques classiques. Mais récemment, la marque a opté pour une approche plus fluide, intégrant le terme « with EQ Technology » à ses appellations existantes, comme pour le G580 with EQ Technology. Un nom qui, avouons-le, pourrait être plus concis.
Une évolution attendue
La bonne nouvelle, c’est que ces géants de l’automobile semblent conscients du problème et commencent à agir. Markus Schäfer, CTO de Mercedes-Benz, a même indiqué qu’il était moins nécessaire aujourd’hui de différencier fortement les modèles électriques et thermiques. Cela pourrait signifier que des véhicules comme le Classe E Electric pourraient voir le jour, remplaçant des noms complexes par des appellations plus simples.
Les autres acteurs du marché ne sont pas en reste. Toyota a récemment simplifié la dénomination de ses hybrides rechargeables, remplaçant « Prime » par « Plug-In Hybrid », rendant ainsi les choses plus claires pour les consommateurs. De plus, le constructeur a abandonné le nom peu engageant bZ4x au profit de bZ, abréviation de « beyond zero ». Une décision qui témoigne d’une volonté d’approcher l’électrique avec pragmatisme.

2024 Mercedes G 580 avec EQ Technology
Une logique alphanumérique simplifiée
Audi, quant à elle, a opté pour une approche logique en matière de dénomination. Son premier SUV électrique a vu le jour sous le nom E-Tron avant d’être renommé Q8 E-Tron. Auparavant, la marque utilisait une stratégie où les modèles électriques portaient des chiffres pairs et les modèles thermiques des chiffres impairs. Mais cette distinction a été abandonnée au profit d’une meilleure harmonisation entre les gammes.
À terme, Audi pourrait attribuer aux modèles électriques le même nom que leurs équivalents thermiques, avec simplement l’ajout du terme « E-Tron ». Une manière efficace de réduire la complexité tout en maintenant une cohérence dans la marque.

2026 Toyota bZ Woodland
Conclusion : un avenir plus clair pour l’électrique
Face à l’évolution du marché, les constructeurs automobiles prennent enfin conscience que la clarté et la simplicité sont des atouts majeurs dans la bataille pour séduire les consommateurs. En abandonnant des noms compliqués au profit de références plus familières, ils font un pas décisif vers l’acceptation générale des véhicules électriques.
Il ne fait aucun doute que cette évolution sera bénéfique tant pour les marques que pour les acheteurs. Après tout, si nous pouvons éviter d’appeler nos enfants « QX-12 », pourquoi ne pas appliquer cette logique à nos voitures ? En somme, bienvenue dans un monde où conduire électrique rime enfin avec simplicité.


