Dans un marché automobile en pleine mutation, la Mazda 6e fait sensation. Avec un design séduisant et une approche pragmatique, cette berline électrique attire des clients venus de marques emblématiques, comme Volkswagen. Alors que certains se battent pour rester dans la course, Mazda semble avoir trouvé son créneau. Mais est-ce suffisant pour faire trembler les géants ?
Un départ tonitruant sur le marché européen
Le premier véhicule électrique de Mazda, le MX-30, n’a pas réussi à conquérir le cœur des Européens. Les ventes décevantes ont conduit le constructeur à mettre un terme prématuré à sa commercialisation. Même la version à prolongateur d’autonomie, utilisant un moteur rotatif comme générateur, a été abandonnée. Mais comme un phœnix qui renaît de ses cendres, la Mazda 6e arrive sur le marché avec un design attrayant et des ambitions de conquête.
Disponible depuis septembre dernier, cette berline de taille intermédiaire a déjà séduit plus de 7 000 acheteurs en moins de cinq mois. Produite en Chine par la coentreprise Changan-Mazda, la 6e adopte une carrosserie liftback 5 portes, offrant une praticité bien plus appréciable qu’une berline tricorps classique. Ce modèle « Zoom-Zoom » attire désormais des clients d’autres marques, y compris Volkswagen.
Une clientèle inattendue : les conquêtes de Mazda
Alors que Mazda estimait que 80 % des acheteurs de la 6e seraient des fidèles de la marque, la réalité dépasse les attentes : plus de la moitié des clients proviennent d’autres horizons. Martijn ten Brink, le PDG de Mazda Europe, a confié à Automotive News Europe que cette berline plaît particulièrement à ceux qui cherchent à changer après leur premier véhicule électrique.

Des clients Volkswagen séduits par la 6e
Il est intéressant de noter que de nombreux anciens propriétaires de Volkswagen e-Golf choisissent la 6e plutôt que l’ID.3, pour une montée en gamme vers ce modèle au détriment de l’ID.7, pourtant comparable en termes de gabarit. De plus, certaines entreprises remplacent leurs flottes de Passat par la 6e, qui n’est pas proposée en version break, contrairement à ses concurrentes thermiques.
« Nous nous attendions à ce que 75 à 80 % soient des clients Mazda passés à l’électrique, mais au final plus de 50 % sont des conquêtes. Nous avons attiré un peu de tout : des personnes qui achètent leur deuxième voiture électrique après avoir déjà possédé une VW e-Golf ou une Nissan Leaf, jusqu’aux clients de véhicules de société qui ont quitté une VW Passat thermique pour passer à l’électrique. »
Cependant, Volkswagen ne panique pas. Les résultats annuels du groupe montrent une augmentation notable des ventes de voitures électriques en Europe, avec une progression de 49,1 % pour atteindre environ 247 900 unités. L’ID.7 a représenté à elle seule environ 76 600 unités, soit une hausse impressionnante de 133,9 %.
Un objectif ambitieux pour Mazda
Malgré ce départ encourageant, Mazda ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Le constructeur vise à écouler jusqu’à 40 000 véhicules électriques en Europe d’ici la fin de l’année, une fois le CX-6e lancé. Bien que la 6e et le CX-6e soient également produits en Chine avec un prolongateur d’autonomie, aucune de ces versions ne sera commercialisée sur le Vieux Continent. La raison ? Des coûts d’introduction trop élevés pour des modèles de niche.
Des défis à relever pour l’avenir
Pour éviter d’avoir à mutualiser ses émissions de CO₂, Mazda doit s’assurer que la 6e et le CX-6e se vendent bien. La forte dépendance de la marque aux moteurs thermiques augmente le risque de pénalités en cas de dépassement des objectifs d’émissions de flotte, qui se durcissent progressivement dans l’Union européenne. Une décision sur les crédits d’émissions pour 2026 sera prise après le premier trimestre, en fonction de la demande pour ces deux véhicules électriques.
Martijn ten Brink rappelle que Mazda reste un petit acteur du secteur, incapable d’agir comme les géants de l’industrie : « Nous n’avons pas d’équipes dédiées, séparées, pour l’électrique et pour le thermique ». Cela explique aussi pourquoi le constructeur d’Hiroshima prend son temps avant de lancer des modèles électriques conçus sur une plateforme dédiée. Le CX-5 électrifié, avec un moteur essence Skyactiv-Z et une hybridation maison, n’arrivera pas avant 2027.








































En conclusion, la Mazda 6e fait un démarrage prometteur sur le marché européen, attirant des clients d’autres marques tout en faisant face à des défis importants. La route vers l’électrique est semée d’embûches, mais si Mazda parvient à maintenir cette dynamique, elle pourrait bien bousculer l’ordre établi.


