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Nissan : Sunderland serre la vis, l’Europe sous influence chinoise

Nissan réduit drastiquement la voilure en Europe. Le constructeur japonais va fermer une ligne de production dans son usine britannique de Sunderland et supprimer près de 900 postes sur le continent. Officiellement, il s’agit de gagner en agilité, mais cette restructuration cache un recul industriel face à la montée en puissance des marques chinoises.

Nissan Qashqai

Nissan sabre dans ses effectifs : près de 20 000 suppressions de postes à l’échelle mondiale

Sunderland, symbole d’un déclin industriel

L’usine de Sunderland, fleuron de Nissan en Europe depuis 1986, est aujourd’hui le dernier bastion du constructeur au Royaume-Uni, après la fermeture de Barcelone en 2021. Autrefois pilier de l’industrie automobile européenne, elle voit sa production chuter drastiquement. En 2025, seulement 273 174 voitures y ont été assemblées, un chiffre divisé par deux par rapport à 2016 (plus de 500 000 unités). La production de modèles clés comme le Qashqai, le Juke et la Leaf électrique ne suffit plus à maintenir l’activité à plein régime.

Nissan Juke

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Malgré des investissements conséquents, notamment 500 millions d’euros pour l’électrification, Nissan a décidé de fermer l’une de ses deux lignes de production dès le second semestre 2026. L’objectif affiché est d’optimiser le taux d’utilisation des installations en concentrant la production sur la ligne n°2, jugée plus moderne. Une mesure qui, si elle vise à améliorer la productivité à court terme, soulève des questions sur l’avenir du site et sa capacité à attirer de nouveaux modèles Nissan.

Nissan coupe dans le vif en Europe : Sunderland tourne au ralenti, 900 emplois sont menacés et la Chine regarde déjà la place vide © Nissan

Le plan RE:Nissan, une cure d’austérité

Cette réorganisation s’inscrit dans le cadre du plan RE:Nissan, lancé par le nouveau PDG Ivan Espinosa. L’objectif est clair : redresser la barre après des pertes financières considérables. Le groupe prévoit de supprimer 15% de ses effectifs mondiaux, soit environ 20 000 postes d’ici 2027, et de fermer sept usines. En Europe, la saignée concernera près de 900 employés, soit environ 10% des effectifs actuels du groupe (9 300 personnes).

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Ces suppressions toucheront principalement les fonctions administratives et logistiques, signe que Nissan cherche avant tout à alléger sa structure organisationnelle plutôt que sa capacité de production brute. L’Espagne et les pays nordiques seraient les premières régions impactées. Ce plan drastique témoigne de la gravité de la situation financière du constructeur, qui a déjà annoncé des pertes substantielles.

Le PDG Ivan Espinosa expose la situation financière catastrophique de Nissan en mai 2025 au siège de Yokohama.  © Nissan

L’ombre chinoise plane sur Sunderland

La véritable interrogation concerne l’avenir de la ligne de production qui sera libérée à Sunderland. Nissan envisage de la confier à un constructeur extérieur pour mieux rentabiliser le site sans avoir à investir davantage. Deux noms circulent avec insistance : Chery et Dongfeng. L’hypothèse Chery n’est pas nouvelle ; des discussions avaient déjà eu lieu en avril 2026 pour une production partagée. Chery, qui s’implante également à Barcelone dans l’ancienne usine Nissan, connaît déjà ce modèle de reprise.

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Pour Sunderland, cette solution pourrait préserver l’activité et éviter une fermeture pure et simple. L’ancien dirigeant de Nissan, Andy Palmer, y voit un « rayon d’espoir », tout en regrettant cette réduction de capacité qui pourrait à terme limiter l’attractivité du site pour de futurs modèles Nissan. La question est de savoir si cette alliance avec un constructeur chinois sera une bouée de sauvetage ou le début d’une nouvelle ère, moins centrée sur la marque japonaise.

Au Royaume-Uni, les marques Omoda et Jaecoo atteignant près de 5 % de part de marché. La maison-mère Chery pourrait reprendre la première ligne de production.  © Didier RIC

Un marché européen moins clément

Cette restructuration intervient dans un contexte de déclin des ventes de Nissan en Europe. Les immatriculations ont chuté à 89 890 unités au premier trimestre 2026, contre plus de 100 000 un an plus tôt. Au Royaume-Uni, la part de marché de Nissan n’est plus que de 3,7%, loin des 5,6% enregistrés en 2016. La faute, en partie, à la percée fulgurante des constructeurs chinois : Chery (via ses marques Omoda et Jaecoo) frôle les 5% de part de marché, MG atteint 4% et BYD progresse rapidement.

Nissan

Ce recul n’est pas propre à Nissan. Il reflète une crise plus profonde de l’industrie automobile britannique, dont la production est passée de 1,7 million de voitures en 2016 à seulement 717 000 l’an dernier. D’autres constructeurs ont fermé leurs portes, comme Honda à Swindon, Jaguar Land Rover à Castle Bromwich, ou encore l’usine Vauxhall de Stellantis à Luton. L’avenir industriel de Sunderland s’écrit donc dans un paysage européen de plus en plus concurrentiel et incertain.

 © Nissan

Ce qu’il faut retenir de la stratégie Nissan en Europe

Nissan Leaf

  • Réduction des effectifs et des capacités : Nissan ferme une ligne de production à Sunderland et supprime environ 900 postes en Europe pour optimiser ses coûts.
  • Plan de redressement : Cette mesure s’inscrit dans le plan RE:Nissan visant à restaurer la rentabilité du groupe par des suppressions d’emplois et des fermetures d’usines à l’échelle mondiale.
  • Partenariat potentiel avec des constructeurs chinois : La ligne libérée à Sunderland pourrait être exploitée par Chery ou Dongfeng, marquant une influence croissante des marques asiatiques.
  • Contexte de déclin en Europe : Les ventes de Nissan diminuent sur le continent, confrontées à une concurrence accrue, notamment celle des constructeurs chinois.
  • Crise de l’industrie automobile britannique : La situation de Nissan s’inscrit dans une tendance plus large de déclin de la production automobile au Royaume-Uni, avec plusieurs fermetures d’usines récentes.