Trois ans après un Ride 5 déjà bien étoffé, Milestone lance son sixième chapitre, Ride 6, propulsé par Unreal Engine 5. Avec un garage affichant fièrement 340 motos, un gameplay repensé et une physique à double visage (Arcade/Pro), ce titre semble prometteur sur le papier. Mais derrière les 45 circuits et les 10 pilotes légendaires, les petites frustrations persistent et la quête du Graal vidéoludique continue.


Un bond technologique et une ambition renouvelée
Milestone a pris son temps, et cela se ressent dans Ride 6. Avec l’ambition d’ériger ce titre en LA référence incontestée des jeux de moto, le studio milanais a visiblement mis les petits plats dans les grands. Dix ans après le premier opus, cette nouvelle version marque un véritable tournant. Exclusif aux PC et consoles next-gen (PS5, Xbox Series), Ride 6 promet un contenu colossal : plus de 340 motos (280 disponibles au lancement), 21 marques, 45 circuits, et deux nouvelles catégories, le tout dans un mode carrière revu. Sur le papier, tout semble aligné pour un sans-faute. Mais comme souvent, le diable se cache dans les détails.


Ride 6 passe à Unreal Engine 5 avec 340 motos, une physique Pro exigeante et un contenu massif. Ce jeu de moto touche-t-il enfin la perfection ? © Milestone
Une expérience riche en contenu
Dès le lancement du jeu, le garage frappe fort : 280 motos couvrant 21 constructeurs prestigieux tels que Ducati, BMW, Yamaha, KTM et Triumph. La jaquette met en scène la nouvelle KTM 990 RC R, offrant une expérience de pilotage où la simplicité mécanique prime face à la débauche de puissance. Avec des DLC à venir, le compteur grimpera à plus de 340 machines réparties en 7 catégories dont deux inédites : les Baggers de course et les Maxi Enduro/Trail. Les Supermotards font également leur grand retour, tandis que les circuits intègrent des nouveautés off-road.

Ride 6 introduit pour la première fois des courses tout-terrain, modifiant radicalement l’adhérence et le comportement des motos. Une évolution qui répond à l’attente des fans de polyvalence, même si le ressenti sur terre reste perfectible. Pour les puristes, la dualité entre les modes Arcade et Pro apporte une diversité dans le gameplay, mais les attentes de réalisme varient d’un joueur à l’autre.

Ride 6 fait le plein de nouveautés, notamment des courses de bagger qui arrivent réellement dès cette année en ouverture des courses MotoGP. © Milestone
Ride Fest : la carrière repensée
L’un des gros chantiers de cet opus concerne le mode Carrière, désormais rebaptisé Ride Fest. Exit les parcours linéaires reprochés aux précédents épisodes ; place à une structure festival où le joueur incarne un pilote pro participant à un événement itinérant. La progression est libre et organisée par chapitres thématiques, offrant une grande variété d’épreuves : sprints, endurance, contre-la-montre ou championnats.

Le paddock central fait office de hub, regroupant garage, mécanos et options de personnalisation. L’école de pilotage a été refondue avec des défis progressifs, idéale pour apprivoiser les deux physiques du jeu. De plus, dix pilotes légendaires font office de « boss » de fin de chapitre, apportant une touche de storytelling et une pression compétitive inédite pour la série.

Le contenu de Ride 6 est assez vaste avec notamment des courses sur routes et circuit. Au-delà du gameplay, graphisme et physique de jeu évoluent aussi. © Milestone
Personnalisation : un aspect à peaufiner
La personnalisation mécanique et visuelle reste fidèle à la formule habituelle, mais souffre d’un manque d’explications claires sur l’impact réel des améliorations. Les options sont nombreuses, mais certaines motos historiques semblent déjà « optimisées » d’origine, limitant ainsi les possibilités d’amélioration. En revanche, le mode Course Rapide se distingue par sa richesse : création d’événements, choix des motos et livrées, réglage de l’IA, et même un cycle jour/nuit pour prolonger l’expérience.


Attendu par beaucoup de joueurs, les courses en maxi-trail arrivent sur la saga. Pour nous, il y a une marge de progression au niveau du ressenti de la glisse et des terrains. © Milestone
Graphismes et immersion : un contraste saisissant
Techniquement, Unreal Engine 5 fait des merveilles avec une modélisation des motos exceptionnelle. Plus de 340 machines superbement reproduites sont livrées avec des détails mécaniques impressionnants. Cependant, les visages des pilotes accusent un certain retard technologique. Les courtes cinématiques d’avant-course souffrent de modèles humains datés, mais une fois en course, l’éclairage travaillant et les décors sont impressionnants.

La météo dynamique et le cycle jour/nuit renforcent l’immersion, bien que le rendu sur terre laisse parfois à désirer. Côté son, l’ambiance est annoncée comme plus authentique, mais certains modèles sonnent étonnamment fades.

La « carte du jeu » qui se divise en trois parties (personnalisation, course et achats) est matérialisée par le Ride Fest qui sert de hub pour accéder aux différents espaces. © Milestone
Un verdict nuancé
Après trois ans d’attente, Ride 6 propose une expérience enrichie avec une physique Pro exigeante et gratifiante. Le fossé avec Ride 3 ou Ride 4 est indéniable, et le jeu constitue une porte d’entrée idéale pour les nouveaux venus. Cependant, les puristes risquent de rester sur leur faim : physique Arcade dispensable, absence d’histoire autour des modèles de motos, personnalisation limitée et son parfois décevant sont autant de points à améliorer.

Le Graal moto ? Pas encore, même si l’opus s’en approche. Ride 6 est une réussite incontestable qui mérite sa place dans toute ludothèque dédiée au deux-roues. Mais si vous possédez déjà Ride 5, il pourrait être sage d’attendre une promotion avant de faire le saut.



