Dans un monde où la virilité se mesure à la taille du moteur, le Renault Rodéo 5 se présente comme un défi. Plus qu’une simple voiture, c’est un cri de rébellion contre les SUV bourrés d’électronique. Avec son design minimaliste et sa carrosserie en plastique, il incarne une certaine idée de la liberté sur quatre roues, loin des conventions. Osez le Rodéo, et montrez au monde que vous n’avez pas besoin de sophistication pour affirmer votre masculinité.
Un concept audacieux
Le Renault Rodéo 5 n’est pas qu’un véhicule, c’est un manifeste ! Conçu à partir du châssis du Renault 4, ce modèle s’inspire ouvertement du Citroën Méhari. Son corps en panneaux plastiques repose sur un cadre en métal, avec un toit en toile et des fenêtres en plastique. Cette version des années 80 apportait une touche de style à un concept déjà décalé. Mais, soyons clairs, l’élégance n’était pas le mot d’ordre.
Un héritage partagé
La genèse du Rodéo remonte à Raoul Teilhol, dont la société ACL a construit ces voitures pour Renault depuis 1970. Les Rodéo 4 et 6, bien que vendus sous la marque ACL, ont rapidement reçu le logo de Renault. Leur succès fut modéré, rivalisant de manière inégale avec leur source d’inspiration citroënienne. En 1981, Teilhol lance le Rodéo 5, qui abandonne les traits maladroits de ses prédécesseurs pour une silhouette plus cohérente.
Une palette chromatique unique
Le Rodéo 5 se distingue par son choix de couleurs peu conventionnel. Aucune option n’était offerte ; si vous souhaitiez une couleur différente, il fallait attendre l’année suivante. Les modèles de 1982 étaient tous orange, suivis de verts en 1983, puis d’ocre en 1984 et d’un blanc cassé en 1985. Un choix volontairement limité qui semblait plus destiné à écouler les stocks qu’à séduire une clientèle variée.
Une mécanique rudimentaire mais efficace
Sous le capot se cache un modeste moteur Cléon de 1,1 litre développant 34 chevaux, emprunté au fourgon Renault F6. Le tableau de bord, avec son célèbre levier de vitesses en forme de poignée de parapluie, est un hommage au design utilitaire. Notre modèle d’essai semble même manquer de quelques panneaux sous le tableau de bord, mais avouons-le, cela le rend encore plus léger et… viril.
Des choix de design discutables
Au niveau du design arrière, les feux viennent du Renault F6, offrant une apparence plus robuste que les unités précédentes. Les pare-chocs sont désormais intégrés, abandonnant le style « train miniature » des années 70. Bien que l’ensemble semble mieux construit, les panneaux plastiques cachent souvent des problèmes structurels typiques de ce type de véhicule.
Une version pour chaque saison
Le Rodéo 5 se décline en deux versions : la “Plein Air”, totalement dépourvue de portes, et notre modèle “4 Saisons”, équipé de portes et de fenêtres en Plexiglas. Contrairement à ses prédécesseurs dont la structure de toit pouvait être complètement démontée, ce Rodéo arbore des montants B et C en plastique noir rigide. Pourquoi cette décision ? Sans doute pas pour la sécurité, car un retournement se traduirait inévitablement par des conséquences tragiques pour les passagers.
Un épilogue amer
Malgré quelques éditions limitées et un design audacieux, le Rodéo n’a jamais atteint les objectifs de vente escomptés. Produit jusqu’en 1986, il a laissé Teilhol dans une situation délicate. Il a tenté de se relancer avec Citroën en produisant des panneaux pour leurs fourgons C15 et a même créé un hybride entre le Méhari et le Rodéo, le Tangara. Hélas, cette aventure s’est soldée par un échec retentissant.
Un symbole de liberté
En fin de compte, le Renault Rodéo 5 est bien plus qu’un simple véhicule utilitaire. Avec ses sangles de capot et son abondance de plastique, il respire la virilité à plein nez. Ce n’est pas tant la taille ou la puissance qui importent, mais plutôt le sens de la liberté et l’esprit d’aventure que procure un tel véhicule. Osez le Rodéo et montrez au monde que vous êtes prêt à braver les intempéries et la route sans compromis.












