La Ducati GP25 s’annonce comme une monture aussi fascinante qu’imprévisible. Franco Morbidelli, qui troque la GP24, saluée pour sa perfection, est curieux de découvrir les subtilités de cette nouvelle machine. Pendant ce temps, Fabio Di Giannantonio espère que la version 2026 de la Ducati lui permettra de surmonter les difficultés rencontrées lors de la saison précédente.
Une moto aux deux visages
La version 2025 de la Ducati restera dans les annales comme la moto ayant ramené Marc Márquez au titre, lui qui a su la dompter à la perfection pour afficher une domination nette sur le championnat. Mais cette moto est aussi celle qui a plongé Pecco Bagnaia dans un océan de doutes, confrontant à d’insolubles difficultés celui qui était jusqu’ici la référence chez Ducati. La GP25 pourrait donc bien être à la fois la clé du succès pour certains et un véritable casse-tête pour d’autres.
Bagnaia en quête de sensations
Tout au long du championnat, Bagnaia n’a cessé de chercher à retrouver les sensations qui étaient les siennes jusqu’alors avec la moto italienne, cette force au freinage qui avait fait de lui un pilote redoutable. Depuis qu’il a accédé à la victoire en 2021, il avait été quatre fois de suite en lutte pour le titre, dont deux fois avec le titre à la clé, mais il s’est soudainement effondré. Une chute vertigineuse dans un monde où chaque millième de seconde compte.
Si l’on a beaucoup focalisé sur cette baisse radicale des performances de Bagnaia, rendue d’autant plus visible par ses couronnements récents et sa cohabitation avec Márquez, la GP25 a également mis son troisième pilote en difficulté, en l’occurrence Fabio Di Giannantonio. Dans l’équipe VR46, le Romain a lui aussi peiné à retrouver toute sa confiance au guidon de la Ducati et ses quatre podiums ont eu un goût de trop peu.
Une équipe renforcée mais sous pression
Cette année, ils seront quatre parmi les six pilotes Ducati à bénéficier du dernier modèle en date : Marc Márquez et Pecco Bagnaia dans le team d’usine, Fabio Di Giannantonio chez VR46, et aussi Álex Márquez chez Gresini. Les deux autres hériteront de la GP25, dont il y a tout lieu de penser qu’il pourrait s’agir d’un cadeau empoisonné. La pression sera donc à son comble, surtout pour ceux qui doivent prouver leur valeur face à des machines capricieuses.
Morbidelli : entre confiance et curiosité
Franco Morbidelli veut néanmoins afficher sa confiance alors qu’il va passer de la GP24 à cette GP25, qui a pu paraître traîtresse en entrée de virage et erratique d’un Grand Prix à l’autre. Pour lui, il s’agit avant tout d’une expérience nouvelle. « Je ne suis pas tellement inquiet. Avant toute chose, je suis curieux d’essayer la moto, curieux de voir ces différences, de les percevoir par moi-même et de comprendre concrètement à quel point il y en a et dans quelle mesure je les sens ou pas », explique le pilote italien.

Franco Morbidelli parviendra-t-il à dompter la Ducati GP25 ?
Pour Morbidelli, cette saison est avant tout une aventure. « C’est une moto fantastique. C’est une moto qui a gagné pratiquement toutes les courses l’année dernière et qui a obtenu aussi de très bons résultats avec Diggia et Pecco. Alors je suis fier de l’enfourcher et curieux de sentir les différences. »
Les conseils de l’équipe
Questionné pour savoir si son coéquipier et son comparse de la VR46 Riders Academy lui ont donné des conseils avant de passer à la GP25, Morbidelli ajoute : « Diggia ne m’a rien dit, mais j’ai évidemment lu les déclarations et ce que tout le monde – surtout Diggia et Pecco – a dit au sujet de la moto de 2025. » Un élan de curiosité qui pourrait bien se transformer en stratégie gagnante.
« J’ai hâte de l’essayer par moi-même et de voir quelles sensations elle me donne, de voir si je ressens ce qu’ils ont décrit. J’espère que non, j’espère juste ressentir de légères différences, mais réussir à les exploiter afin d’en faire un outil me permettant d’améliorer mes performances. »
Di Giannantonio : une saison sous tension
De son côté, Fabio Di Giannantonio va donc passer à la version 2026 de la Ducati avec le double espoir de contribuer à la validation du package pendant les tests d’avant-saison – ce qu’il a manqué l’an dernier après s’être blessé lors des tests – et de réussir à exploiter cette machine pour renouer avec le succès. Une pression accrue pour un pilote qui aspire à s’affirmer.
« La saison dernière a été particulière, surtout par rapport au fait que l’on était soutenus par l’usine et que j’étais pilote d’usine, parce qu’on a rencontré beaucoup de difficultés avec la nouvelle moto. Ça a beaucoup pesé », explique le Romain, sixième du championnat mais seul pilote Ducati avec Morbidelli à ne pas avoir gagné une course.
« Le fait de conserver le même staff pour deux années consécutives, en ayant déjà des données éprouvées, est certainement un grand pas en avant. On n’a pas besoin de recommencer, d’apprendre à se connaître ni de chercher à comprendre ce qui fonctionne bien ou mal. On va déjà avoir une bonne base. Et je suis certain que Ducati travaille beaucoup aussi pour essayer de nous fournir une moto qui soit, disons, plus prévisible d’une condition à une autre. »


