Les premiers essais hivernaux à Bahreïn sont souvent un véritable spectacle, mais aussi un terrain de jeu pour les stratèges. Avec Lando Norris affichant des chronos prometteurs, McLaren semble néanmoins encore à la traîne derrière Mercedes, Red Bull et Ferrari. Loin d’être une simple course aux chiffres, ces essais sont l’occasion pour les équipes de peaufiner leur machine et leur stratégie.
Chronos et stratégies : la danse des équipes
Il est essentiel de garder en tête que les temps réalisés lors de ces essais n’ont aucune valeur absolue. Les équipes suivent des programmes variés et ne visent pas encore la performance pure. La véritable chasse aux chronos débutera lors des derniers jours d’essais, où l’optimisation des réglages sera au cœur des préoccupations. Pour l’instant, la feuille des temps ressemble plus à un tableau de bingo qu’à une course en soi.
Lando Norris a réussi à signer le meilleur temps de la première journée, suivi d’un deuxième chrono le lendemain. Toutefois, le Britannique reste lucide : McLaren n’est pas encore sous son meilleur jour. Dans un paddock où la performance du moteur Red Bull Ford semble dominer, le champion du monde en titre a salué les prouesses du DM01. En Formule 1, il est impossible d’échapper à la politique, surtout à cette période de l’année où chaque écurie essaie de prouver qu’elle a fait ses devoirs durant l’hiver.
Red Bull sur le devant de la scène
Norris a particulièrement souligné l’efficacité de Red Bull dans la récupération d’énergie électrique, un atout crucial pour la saison 2026. Les longs relais de Max Verstappen mercredi, où il a enchaîné des vitesses de pointe impressionnantes, ont marqué les esprits. Reste maintenant à évaluer à quel niveau les moteurs Mercedes sont exploités à ce stade des essais, alors que plusieurs jours restent pour peaufiner logiciels, styles de pilotage et stratégies énergétiques.
« Ils ont un très bon moteur, à en juger par les données GPS », a déclaré Norris en commentant les performances de Red Bull. « Ils déploient beaucoup d’énergie avec une grande efficacité. Nous devons comprendre comment ils y parviennent. Il y a toujours des éléments à améliorer, tant du côté de McLaren que de Mercedes HPP [le département moteur de Mercedes]. Ils savent qu’il y a des domaines dans lesquels nous devons progresser. »
Une quatrième force à surmonter
Norris ne s’est pas montré avare en critiques constructives, plaçant McLaren en quatrième position sur la grille pré-saison, juste derrière Mercedes, Red Bull et Ferrari. « Du point de vue du châssis, Red Bull semble performant, et nous ne sommes pas encore au niveau de Ferrari non plus », a-t-il affirmé. « Je suis convaincu que nous allons progresser, mais je suis également sûr qu’eux aussi. Nous avons un cap important à franchir pour envisager de les battre. »

Lando Norris (McLaren)
Malgré ce constat objectif, Norris a salué sa propre journée de jeudi. Avec 149 tours à son actif, il a amassé des données précieuses pour son écurie : « Il y a encore beaucoup de choses à comprendre, mais je dirais qu’aujourd’hui a été une bonne journée pour moi, en termes de compréhension et de confiance dans la voiture. C’est fascinant d’analyser les données recueillies aujourd’hui et d’en tirer un meilleur ensemble moteur. »
« Mais pour l’instant, il nous faut davantage d’efficacité. Il y a des avantages et des inconvénients, et ce n’est pas simple à obtenir, sinon ils l’auraient déjà fait. Nous devons encore apprendre comment améliorer cela dans les prochains jours. »
Confiance dans le moteur Mercedes
Du côté de l’équipe, Neil Houldey, directeur technique de McLaren, affiche une plus grande confiance quant à la capacité de l’écurie de Woking à optimiser l’exploitation énergétique de son moteur Mercedes. « Comprendre où déployer et où récupérer l’énergie sera vraiment essentiel », a-t-il déclaré. « Il faut s’assurer que nous disposons du maximum de déploiement possible, comme le montrent certaines données GPS. »
« Nous observons que certaines équipes parviennent à déployer davantage d’énergie, tandis que d’autres, qu’elles soient du même motoriste ou non, déploient à différents moments du tour. Nous commençons à identifier les zones optimales de déploiement. »
« Je sais que Mercedes HPP a travaillé extrêmement dur pour produire l’unité de puissance que nous avons, et je ne doute pas que nous obtiendrons le niveau de déploiement nécessaire pour être compétitifs cette année. »
Conclusion : un chemin semé d’embûches
En somme, McLaren fait face à un défi de taille avec des rivaux déjà bien en place. Alors que Lando Norris et son équipe s’efforcent de combler le fossé qui les sépare des leaders, chaque jour d’essai compte. Les résultats préliminaires ne doivent pas masquer la réalité : le chemin vers le sommet est long et semé d’embûches. Mais avec détermination et travail acharné, peut-être que le papaye brillera bientôt dans le ciel de la Formule 1.


