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MotoGP : Martín s’impose au Mans, mais l’harmonie avec l’Aprilia reste à parfaire

Jorge Martín a signé un week-end parfait au Grand Prix de France, reprenant la tête du championnat du monde MotoGP. Mais derrière cette victoire éclatante, le pilote Aprilia avoue qu’il n’a pas encore exploité tout le potentiel de sa machine italienne, la faute à une adaptation encore en cours.

Martín, un retour au sommet et des questions en suspens

Le GP de France a vu Jorge Martín retrouver le chemin de la victoire, un exploit qu’il n’avait plus réalisé depuis son arrivée chez Aprilia, une période marquée par des blessures récurrentes. Le pilote espagnol a même réédité sa performance de 2023 au Mans en remportant le doublé Sprint-Course, une démonstration de force impressionnante. Si la course du samedi fut une gestion de bout en bout, celle du dimanche a nécessité une série de dépassements audacieux pour s’assurer la première place. Ces succès ont de quoi rassurer, surtout après avoir fait mieux que Marco Bezzecchi, référence Aprilia l’an passé, et suggèrent que Martín trouve enfin ses marques sur la moto italienne.

Cependant, malgré ce triomphe, Martín ne cache pas qu’une marge de progression subsiste. Son adaptation à l’Aprilia a été freinée par plusieurs convalescences, tant l’an passé qu’à l’intersaison. Il a même délibérément choisi de ne pas intégrer certaines évolutions tardives, préférant se concentrer sur une base technique déjà maîtrisée. La machine de Bezzecchi, qu’il utilise désormais, n’était pleinement familière que depuis le test de Jerez, juste avant le week-end français.

Des ajustements techniques qui interrogent

« On a beaucoup progressé pendant le test », a confié Martín après sa victoire. « On a un peu gardé la même moto que pendant le test, mais on a fait quelques changements supplémentaires. » Ces ajustements, notamment entre les qualifications et le sprint, une démarche inhabituelle pour Aprilia, ont certes porté leurs fruits, mais n’ont pas levé tous les doutes. « On n’a plus une base parfaitement trouvée », reconnaissait-il samedi. Le lendemain, il tempérait : « Peut-être que maintenant, on l’a trouvée, je ne sais pas. On verra à Montmeló. C’est sûr qu’il faudra encore faire des changements parce que c’est une situation différente. Globalement, la moto fonctionne bien. » Cette dernière phrase, bien que positive, laisse transparaître une certaine incertitude quant à une harmonie totale.

Jorge Martín est vainqueur... mais pas en maîtrise totale sur l'Aprilia.

Jorge Martín, vainqueur au Mans, mais pas encore totalement en phase avec son Aprilia.

Le freinage, un point faible à corriger

La moto fonctionne, certes, mais elle ne correspond pas encore parfaitement aux exigences de Jorge Martín. Là où son coéquipier semble bénéficier d’une motricité redoutable tout au long du week-end, l’Espagnol accuse un déficit de stabilité au freinage par rapport à Marco Bezzecchi. « Par exemple, j’ai encore senti qu’il me manquait un peu de stabilité au freinage », explique-t-il. « Je me concentre surtout sur ça, car elle est bonne en courbe, bonne à l’accélération, mais c’est encore un problème. Aprilia travaille dur, la moto est fantastique, donc on y arrivera. »

Ce manque de confiance dans les phases de décélération impacte directement son pilotage en groupe. « On doit encore travailler sur des courses comme aujourd’hui, quand on est derrière, parce qu’on a du mal en suivant », admet-il. « Par contre, quand je suis devant, je peux avoir de bonnes trajectoires », précise-t-il, soulignant la différence entre mener la meute et se mêler aux bagarres intenses. L’idée est claire : il faut gommer ces points faibles pour pouvoir exploiter pleinement le potentiel de l’Aprilia dans toutes les situations de course.

Jorge Martín peut encore progresser sur l'Aprilia

L’adaptation de Jorge Martín à l’Aprilia RS-GP est encore en cours.

Vers une symbiose totale après la trêve estivale ?

Martín anticipe qu’une symbiose complète avec sa machine pourrait ne se concrétiser qu’à la mi-saison. « On a changé des réglages, donc ça veut dire qu’on n’a pas encore ma base », analyse-t-il. « On y travaille et la trouver sera la clé dans les prochaines courses. J’espère qu’après la pause estivale, je pourrai avoir ma moto et juste la piloter. » Cette perspective d’une moto entièrement taillée à sa mesure promet des lendemains encore plus excitants pour le pilote et l’écurie.

Quoi qu’il en soit, Jorge Martín a balayé tous les doutes concernant sa condition physique et sa capacité à rivaliser au plus haut niveau. Les douleurs ressenties en début de saison semblent appartenir au passé, et sa détermination à progresser est intacte. « Je suis très heureux d’être de retour à mon meilleur niveau. Je pense que maintenant, je suis un meilleur pilote qu’en 2024. C’est sûr. Dans ce sport, soit on progresse, soit on régresse. On ne stagne pas », affirme-t-il avec conviction. Il reconnaît également la montée en puissance de ses adversaires : « Mes adversaires sont toujours meilleurs, donc il faut progresser pour être à leur niveau. Marco a fait la différence cette année, maintenant j’essaie d’atteindre ce niveau. »

Ce qu’il faut retenir du week-end de Martín au Mans :

  • Victoire convaincante : Martín a prouvé sa forme actuelle en remportant le GP de France, reprenant la tête du championnat.
  • Adaptation continue : Malgré le succès, le pilote espagnol travaille encore à trouver une harmonie parfaite avec son Aprilia RS-GP.
  • Freinage à améliorer : La stabilité au freinage reste un point faible par rapport à son coéquipier, nécessitant des développements futurs.
  • Potentiel inexploité : Martín estime avoir encore une marge de progression significative sur sa machine.
  • Ambition intacte : L’Espagnol est déterminé à continuer de progresser pour rester au sommet face à une concurrence féroce.
  • Objectif mi-saison : Il espère atteindre une symbiose totale avec sa moto après la pause estivale.

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