Le Smart Forfour, une citadine à cinq portes qui a tenté de séduire le monde avec son design extravagant, est aujourd’hui un souvenir lointain. Lancée en 2004, cette petite voiture audacieuse n’a pas su trouver sa place dans le cœur des automobilistes, malgré une approche innovante de l’espace et du style.
Un concept né de l’audace
Fin avril 2004, le premier Smart Forfour fait son apparition sur le marché, marquant une étape importante pour la marque. Avec ses 3,75 mètres de long, cette citadine à cinq portes offre une alternative aux modèles plus classiques, élargissant ainsi la gamme Smart. En effet, la marque, connue pour son Fortwo emblématique, décide de se lancer dans un segment plus vaste en proposant une voiture capable d’accueillir jusqu’à cinq passagers.
La première génération du Forfour (W 454) est développée en collaboration avec Mitsubishi, s’appuyant sur la plateforme de la sixième génération de la Colt. Cette alliance n’est pas qu’un simple coup de pouce ; environ 40 % des composants sont communs entre les deux modèles. Le Smart Forfour est produit jusqu’en juillet 2006 à Born, aux Pays-Bas, chez Netherlands Car B.V. (NedCar), une filiale de Mitsubishi. L’histoire de ce modèle est donc celle d’une rencontre entre l’audace européenne et la rigueur japonaise.
Un design qui ne passe pas inaperçu
Le design du Smart Forfour est, sans conteste, l’un de ses atouts majeurs. Sa silhouette bicolore et son cadre de sécurité Tridion, contrasté, rappellent les lignes du Fortwo. Les doubles phares, apparus après un facelift, et le hayon arrière avec ses feux ronds, ajoutent une touche de fantaisie à l’ensemble. On reconnaît la patte de Smart de loin, avec un contour distinctif des portes et un pli prononcé au niveau du milieu.

Smart Forfour (W 454, 2004-2006)
À l’intérieur, le Forfour ne déçoit pas non plus. Le cockpit offre une palette de couleurs vibrantes et une ergonomie réfléchie. Ce choix esthétique vise à séduire une clientèle jeune et dynamique, à la recherche d’originalité. Mais la force du Forfour ne réside pas seulement dans son look ; grâce à son concept de carrosserie plus grand, il offre un espace de rangement considérable. Avec un volume standard de 270 litres, il peut atteindre jusqu’à 975 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus. Une vraie prouesse pour une citadine !
Une ingénierie pensée pour la ville
Le moteur du Forfour est monté à l’avant et entraîne les roues avant. Le châssis est conçu pour offrir un comportement routier agréable en milieu urbain. À l’avant, on retrouve une suspension à roues indépendantes avec jambes de force MacPherson, tandis qu’à l’arrière, un essieu à bras tirés garantit une tenue de route stable. Le réservoir a une capacité de 47 litres, dont cinq litres de réserve.
La consommation varie selon le type de moteur : comptez environ 4,5 litres pour le diesel et entre 5,4 et 6,8 litres pour les moteurs essence. Cette économie de carburant était un atout dans un contexte où les prix des carburants commençaient déjà à grimper. Deux transmissions sont proposées : une boîte manuelle à 5 vitesses ou une boîte séquentielle automatisée à 6 vitesses, offrant ainsi un certain choix aux conducteurs.

Smart Forfour (W 454, 2004-2006)
Une motorisation variée pour tous les goûts
Les moteurs à essence sont tous fabriqués à Kölleda, en Thuringe. Au lancement, le Forfour propose deux moteurs quatre cylindres : un de 1,3 litre avec 70 kW (95 ch) et un autre de 1,5 litre avec 80 kW (109 ch). En juin 2004, un moteur trois cylindres de 1,1 litre avec 55 kW (75 ch) vient compléter l’offre.
Pour l’année modèle 2005, la gamme se diversifie avec l’introduction d’une variante économique de 47 kW (64 ch) et d’un modèle haut de gamme Brabus affichant une puissance impressionnante de 130 kW (177 ch) grâce à une suralimentation turbo. Deux moteurs diesel de 1,5 litre viennent également enrichir l’offre, développant respectivement 50 kW (68 ch) et 70 kW (95 ch).

Smart Forfour (W 454, 2004-2006)
Un destin tragique
Malgré des ambitions initiales élevées, les ventes du Smart Forfour n’atteignent jamais les chiffres espérés. La marque prévoyait en 2004 un volume de 50 000 unités, mais au final, seulement 59 100 Forfour sont immatriculés cette année-là. En 2005, ce chiffre tombe à 43 700 unités. Au total, entre 2003 et 2007, seulement 44 302 unités sont vendues en Allemagne.
Face à cette chute des ventes, DaimlerChrysler décide d’arrêter la production le 24 mars 2006. Les derniers modèles sortent des chaînes le 1er et le 2 juillet 2006. La marque se concentre alors exclusivement sur son modèle phare, le Fortwo. On peut supposer que le Forfour était trop proche de la Classe A renouvelée en 2004 et qu’il risquait de cannibaliser ses ventes.

Smart Forfour BRABUS (W 454, 2004-2006)
Des projets avortés
Les ambitions de Smart allaient bien au-delà du Forfour. Le Smart Formore devait être un SUV compact à quatre roues motrices, reposant sur la plateforme de la Classe C de Mercedes. Prévu pour séduire le marché américain, ce modèle aurait pu être une véritable révolution pour la marque. Cependant, en raison de raisons économiques, le développement du Formore a été arrêté en avril 2005.
Une version conceptuelle était même prévue pour le salon IAA 2005, mais elle ne verra jamais le jour. Ce n’est qu’en 2019 que le concept réapparaît lors d’une séance photo officielle dédiée aux études Smart. Un joli retour sur le devant de la scène pour un projet oublié.

Smart Formore (2005)
Si l’histoire du Smart Forfour est celle d’une ambition démesurée qui s’est heurtée à la réalité du marché, elle reste néanmoins un témoignage du désir de la marque d’explorer de nouveaux horizons. Qui sait si, dans un futur proche, nous verrons une nouvelle interprétation de cette citadine audacieuse ? Peut-être qu’un jour, elle renaîtra sous une forme moderne, prête à conquérir le cœur des citadins.


