La relance de Lancia, emblème de l’automobile italienne, se heurte à des réalités bien amères. Alors que l’Ypsilon, son premier modèle en plus d’une décennie, a été présenté en 2024, les ventes continuent de chuter, plongeant la marque dans une crise profonde qui laisse son avenir incertain.
Une relance qui tourne au vinaigre
Lorsque Lancia a dévoilé l’Ypsilon en février 2024, il y avait de quoi espérer un renouveau. Après treize longues années d’attente, le moment semblait enfin venu de redynamiser cette marque au passé glorieux. Pourtant, la réalité est tout autre : les chiffres de ventes sont tombés comme un soufflé mal cuit, et la relance de la marque italienne sur les marchés d’exportation ne change rien à l’affaire.
Selon les données fournies par l’Association des constructeurs européens d’automobiles, Lancia a enregistré une chute vertigineuse de 64 % des ventes, atteignant un total de seulement 11 754 véhicules écoulés. À noter que l’ACEA continue d’associer Lancia à Chrysler, une pratique quelque peu anachronique, étant donné que la marque américaine s’est officiellement retirée du marché européen il y a environ une décennie.
Une étude de Dataforce, relayée par Automotive News Europe, confirme cette tendance désastreuse, avec des immatriculations Lancia s’élevant à 11 719 voitures en 2025. Les chiffres sont presque identiques à ceux publiés par l’ACEA, ce qui démontre la continuité de cette glissade inquiétante.

Alors, à quel point est-ce grave ?
La chute de 64 % sur un an n’est que la partie émergée de l’iceberg. En examinant les données sur une décennie, on découvre que la meilleure année pour Lancia et Chrysler remonte à 2016, avec un total de 67 225 véhicules vendus en Europe. Une performance qui semble désormais appartenir à un autre temps.
La situation de Lancia est d’autant plus préoccupante qu’elle a vu ses ventes se cantonner à l’Italie depuis le milieu des années 2010. Avant cette relance de 2024, la marque réussissait à vendre plus de voitures qu’aujourd’hui, malgré sa présence sur des marchés extérieurs. Actuellement, elle tente de reconquérir le cœur des Européens avec l’ouverture de 70 showrooms dans des grandes villes comme Paris, Madrid ou Berlin. Mais pour le moment, cette stratégie n’a pas produit les effets escomptés.
Un deuxième modèle arrive cette année
L’année 2025 s’annonce déjà difficile pour Lancia, puisque la quatrième génération de l’Ypsilon est plus chère que sa devancière et doit faire face à une concurrence redoutable, notamment celle des Peugeot 208 et Opel Corsa. La renaissance de la marque doit se poursuivre avec le lancement d’un nouveau modèle intermédiaire, le Gamma, prévu pour cette année. La Delta, quant à elle, devrait revenir avant la fin de la décennie. Mais ces nouveaux modèles suffiront-ils à inverser la tendance ?
D’après Reuters, Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, évalue actuellement la viabilité à long terme des différentes marques du groupe. Certaines pourraient être menacées, sans que des noms ne soient spécifiquement cités. À ce propos, il convient également de noter que DS Automobiles a connu une année 2025 difficile, avec une demande en recul de 22,5 %, atteignant seulement 29 042 voitures dans l’ensemble de l’UE et des pays associés.
Ventes de Lancia en Europe de 2015 à 2025
Ventes de Lancia (et Chrysler) en Europe
;|Année
11 754
2025
32 651
2024
44 877
2023
41 096
2022
43 783
2021
43 109
2020
58 940
2019
48 854
2018
60 885
2017
67 225
2016
61 671
2015
indéfini
Un avenir incertain pour Lancia
Lancia n’est peut-être plus que l’ombre d’elle-même, mais son héritage mérite d’être préservé. Espérons que le futur Gamma sera à même d’enrayer cette spirale descendante, même si l’on craint que le nom Lancia n’ait perdu de sa superbe. La concurrence est plus féroce que jamais, notamment avec l’émergence des marques coréennes et chinoises qui font leur chemin en Europe.
Il faut aussi reconnaître que certains passionnés de la marque estiment que l’Ypsilon ne véhicule pas assez l’esprit « Lancia » pour se distinguer clairement des autres modèles du groupe Stellantis. La nouvelle Gamma, pour sa part, pourrait reprendre une base technique proche de celle d’autres modèles plus grands de la marque. Reste à voir si cela suffira à redresser la barre.


