Le monde de la MotoGP est en perpétuelle évolution, mais l’équipe Tech3 a choisi de naviguer dans ces eaux tumultueuses avec une certaine sérénité. Le rachat par un consortium dirigé par Günther Steiner a marqué un tournant, mais sous la houlette de Richard Coleman, la continuité semble être le maître mot. Les visages familiers sont toujours là, et c’est sans panique qu’ils entament cette nouvelle saison.

Le passage de témoin : une transition délicate

L’équipe Tech3 entre dans sa première année sans Hervé Poncharal, son rachat ayant été achevé durant l’hiver pour qu’elle passe aux mains d’un consortium dirigé par Günther Steiner, avec pour nouveau team principal Richard Coleman. Nicolas Goyon, qui reste à son poste de team manager, admet que la pause s’est révélée « assez étrange » pour les troupes de Bormes-les-Mimosas, avec un passage de témoin qui s’est effectué au moment du changement d’année.

« Cet hiver a été un peu étrange, car le changement officiel de direction a eu lieu le 31 décembre. Cela signifie donc que pendant tout le mois de décembre, Hervé était encore à la tête de l’entreprise. Il dirigeait l’entreprise, mais il ne pouvait évidemment prendre aucune décision. »

Le mois de décembre a été comme une traversée en mer agitée, où le capitaine était à bord sans pouvoir manœuvrer. « De son côté, il était clair qu’il n’était plus le patron et qu’il fallait s’adresser à la nouvelle direction. Or, eux, ils n’avaient pas encore vraiment commencé. Ils ne commençaient que le 1er janvier, donc ils ne pouvaient pas vraiment prendre de décisions non plus », relate le Français, dans l’équipe depuis 2003.

D’abord membre du staff technique, Nicolas Goyon a accédé au poste de team manager lorsque Hervé Poncharal a commencé à prendre un peu de recul, il y a trois ans. Et c’est tout naturellement qu’il a servi de relais pour les affaires courantes.

« Cet hiver, nous nous sommes donc débrouillés par nous-mêmes, mais nous savons comment faire. Heureusement, cette année, nous n’avons pas eu à changer de couleurs. D’une certaine manière, le travail a été assez facile, car nous avons conservé les mêmes sponsors, la même marque, les mêmes pilotes, donc tout était en quelque sorte établi et la transition s’est faite en douceur, même si en décembre, nous étions, disons, livrés à nous-mêmes. »

Construire des relations dans la distance

Depuis le 1er janvier, le nouveau chapitre s’est ouvert. « Nous avons commencé à construire notre relation. Cette nouvelle direction a commencé et nous avons échangé, nous avons essayé de comprendre comment ils travaillent », explique Goyon. Sur le plan technique et sportif, l’équipe continue de travailler comme auparavant. « Nous savons ce que nous avons à faire, et tout est prêt. »

Les motos sont préparées, tout le matériel se trouve actuellement à Sepang, et une partie du personnel est déjà sur place. « Nous savons ce que nous avons à faire, alors nous le faisons déjà, tout simplement. »

Un appel quotidien avec Günther Steiner

Nicolas Goyon témoigne donc d’une transition assez fluide, aidée par le fait que le nouveau PDG, Günther Steiner, s’implique quotidiennement afin que les affaires devant être gérées puissent avancer sans accroc. Il faut néanmoins s’habituer à de nouvelles méthodes et au fait que la direction n’est plus sur place, au cœur de l’activité qui reste implantée à Bormes-les-Mimosas.

« Je vis près de l’atelier, j’y viens tous les jours et, par le passé, dès qu’il y avait un problème, je me rendais au bureau d’Hervé, je frappais à sa porte, nous en discutions et nous le résolvions immédiatement. Aujourd’hui, la situation est légèrement différente », explique Nicolas Goyon.

Nicolas Goyon, team manager de l'équipe Tech3.

Nicolas Goyon, team manager de l’équipe Tech3.

« Mais j’ai 23 ans d’expérience avec Tech3, donc je sais comment fonctionne cette entreprise, je sais comment gérer cette activité. Et comme je l’ai dit, en décembre, pendant ce mois de transition, nous étions, disons, livrés à nous-mêmes et nous y sommes arrivés, nous avons géré la situation. »

Le changement de direction n’a pas altéré la cohésion interne. « Toutes les questions que nous avons, nous les soumettons à Günther. J’ai une réunion quotidienne avec lui, nous discutons de tous les points et nous prenons des décisions. Donc, au final, tout se passe de façon assez fluide. »

Stabilité du personnel et perspectives d’avenir

En interne, le changement semble bien vécu, sans que les effectifs aient été bouleversés ni par décision de la nouvelle direction ni par volonté des employés de quitter le navire. « Pas du tout », confirme Nicolas Goyon. « C’est une des années où l’on a eu le moins de turnover au niveau de tout le staff. »

« Tout le monde est resté », précise-t-il, à l’exception de Mathilde Poncharal, fille d’Hervé, qui occupait le rôle d’attachée de presse de l’équipe. « C’est déjà une nouveauté, mais sur le plan technique, c’est comme avant », assure le team manager. Il pressent que la marque de la nouvelle direction sera sans doute perceptible « davantage au niveau du marketing et de la communication » lors des premiers Grands Prix.

« Je pense que le message que Günther et son équipe ont fait passer très rapidement, qui était qu’ils voulaient repartir avec tous les gens, avec toute l’équipe actuelle, a en quelque sorte un petit peu stabilisé, rassuré tout le personnel. » Ainsi, malgré les changements au sommet, l’âme de Tech3 semble rester intacte.

Cet équilibre précaire entre continuité et changement pourrait bien être la clé du succès pour Tech3 cette saison. Les défis sont nombreux en MotoGP, mais l’équipe semble prête à les relever avec détermination.

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