À l’heure où l’Alpine A110 vit ses derniers mois, un détail soulève des interrogations. Fabriquée à Dieppe, cette berlinette emblématique cache un secret de fabrication : son moteur 4-cylindres 1.8 turbo, bien que performant, est assemblé en Corée du Sud. Un paradoxe pour un modèle qui arbore fièrement les couleurs tricolores et qui a suscité tant d’enthousiasme depuis son retour en 2017.

Un moteur d’importation pour une icône française
Fabriquée à Dieppe, l’Alpine A110 ne peut renier ses origines tricolores. Pourtant, son cœur, le fameux 4-cylindres 1.8 turbo, vient tout droit de Busan, en Corée du Sud. C’est là que Renault collabore avec Samsung pour assembler des moteurs destinés majoritairement au marché asiatique. Ce choix soulève la question : comment une marque emblématique comme Alpine peut-elle se permettre de délocaliser un élément aussi vital ?

Lorsque le moteur arrive à Dieppe, il est expédié dans des caisses de bois avant d’être associé à la boîte automatique à double embrayage de 7 rapports EDC7, conçue par Getrag. Cette situation paraît presque absurde quand on considère que le drapeau français est fièrement affiché dans l’habitacle de l’A110.
Des alternatives françaises négligées
Il est intéressant de noter qu’un autre moteur a été envisagé pour animer la berlinette. En effet, le 4-cylindres 2.0 turbo des Clio et Mégane RS « 3 », dont la puissance a atteint jusqu’à 275 ch, aurait pu donner à l’A110 une touche encore plus sportive. Les performances n’auraient pas été très différentes de celles offertes par le moteur actuel, mais la provenance tricolore aurait sans doute mieux correspondu à l’esprit d’Alpine.

Le bloc en fonte, connu sous le nom de code F4RT, a fait ses preuves en matière de robustesse. D’ailleurs, il était le favori des ingénieurs lors des discussions initiales sur le moteur de l’A110. Produit à Cléon, en France, ce moteur aurait été plus fiable et moins coûteux à industrialiser et à entretenir grâce à son système d’injection indirecte.
Les raisons du choix du 1.8 turbo
Malgré l’engouement autour du moteur 2.0, les hésitations concernant son industrialisation ont finalement conduit au choix du 1.8 turbo. Au début du projet de renaissance de l’A110 contemporaine en 2012, Renault avait d’abord collaboré avec Caterham pour concevoir une voiture axée sur un châssis léger à la manière de la Lotus Elise.
Carlos Tavares, alors bras droit de Carlos Ghosn, a rapidement réorienté le projet vers une voiture plus radicale. Après avoir consulté divers prospects, les équipes ont finalement opté pour un modèle plus adapté à un usage quotidien. Ces revirements ont permis au moteur 1.8 turbo d’être prêt à temps pour le lancement de l’A110 en 2017.
L’avenir incertain de l’A110
L’actualité d’Alpine est actuellement dominée par une transition vers des modèles 100 % électriques. Luca De Meo avait déjà tracé cette voie lors de son mandat chez Renault, avec une fin programmée pour l’A110 thermique d’ici 2026. Les passionnés restent sceptiques quant à la future A110 électrique et son dérivé cabriolet.
En attendant, il est essentiel de revisiter les petites histoires qui ont jalonné le retour triomphal d’une des meilleures sportives françaises. La question demeure : qu’adviendra-t-il d’Alpine après la disparition de son joyau thermique ? Les fans attendent avec impatience une remplaçante qui saura allier performance et patrimoine.
En résumé
- L’Alpine A110 utilise un moteur fabriqué en Corée du Sud.
- Le bloc 4-cylindres 2.0 turbo a été envisagé mais écarté.
- La transition vers des modèles électriques est imminente.
- Les passionnés s’interrogent sur l’avenir d’Alpine après la fin de l’A110 thermique.
- Le choix du moteur 1.8 turbo s’explique par des considérations industrielles.



