Il y a des occasions manquées qui marquent l’histoire automobile. Celle de la Chrysler Storm Z-250, une GT aux airs italiens et au cœur Hemi, en fait partie. Pensée pour défier les sportives européennes dès le début des années 50, elle fut finalement écartée par le constructeur, laissant le champ libre à ses futures rivales.
L’actualité automobile regorge de projets avortés, de concepts prometteurs restés sans lendemain. Mais rares sont ceux qui furent si proches de la série, si bien armés pour réussir, et pourtant si catégoriquement rejetés. La Chrysler Storm Z-250, c’est l’histoire d’une sportive américaine née au bon moment, avec les bonnes idées, mais au mauvais endroit, ou plutôt, au mauvais décideur.
Une GT américaine avec une âme italienne
L’idée germait dans l’esprit de Fred Zeder Jr., fils d’un des fondateurs de Chrysler. Son ambition ? Créer une voiture de sport capable de tenir tête aux Ferrari et Jaguar, notamment sur les circuits américains. Pour cela, il ne partait pas de zéro. La mécanique s’appuyait sur le robuste moteur Hemi V8, une version légèrement retravaillée du bloc Dodge, développant environ 260 chevaux. Les estimations de l’époque annonçaient un 0 à 100 km/h expédié en environ 7,5 secondes, une performance de choix pour l’époque. La plupart des autres éléments mécaniques, comme les freins, la direction ou la transmission, provenaient directement du catalogue Dodge et Plymouth, assurant une certaine logique industrielle.
Le refus de la direction, un choix aux conséquences lourdes
De retour sur le sol américain, la Storm Z-250 est présentée aux dirigeants de Chrysler. L’objectif est clair : obtenir le feu vert pour une production en série. Mais le verdict tombe, sans appel : non. Officiellement, le projet est jugé trop onéreux, le retour sur investissement incertain. La direction préfère ne pas prendre le risque.
Une opportunité manquée face aux futures stars américaines
Ce refus prend une dimension particulière quand on observe le marché américain dans les années qui suivent. Alors que Chrysler tournait le dos à sa propre sportive, Chevrolet lançait sa Corvette en 1953, et Ford présentait sa Thunderbird en 1955. Ces deux modèles allaient devenir des icônes, des symboles de la réussite de l’automobile américaine dans le segment des voitures de sport et de loisir. La Storm Z-250, avec son moteur Hemi et son style transalpin, aurait pu être la réponse de Chrysler, une alternative crédible et désirée avant même que le succès de ses rivales ne soit assuré.
Le destin d’un prototype unique
Après le refus de Chrysler, la Storm Z-250 a connu une existence discrète. Elle a traversé les décennies, changeant de mains, conservée par des passionnés qui ont reconnu son potentiel et son histoire unique. Elle est aujourd’hui une pièce de collection rare, témoignant d’une époque où les rêves de sportivité pouvaient se concrétiser, même si, pour Chrysler, ce rêve est resté sur le papier.
Ce qu’il faut retenir de la Chrysler Storm Z-250
- Un projet avant-gardiste : La Storm Z-250 était une tentative précoce de créer une voiture de sport américaine capable de concurrencer les européennes.
- Un design italo-américain : La collaboration avec Bertone a donné naissance à un coupé élégant, alliant la puissance américaine au style italien.
- Un moteur Hemi prometteur : Le bloc V8 Hemi, symbole de la puissance Chrysler, assurait des performances de premier plan pour l’époque.
- Un refus stratégique : Les raisons du rejet par Chrysler restent sujettes à débat, mais le coût et les tensions internes sont souvent cités.
- Une opportunité manquée : Le constructeur a laissé le champ libre à la Corvette et à la Thunderbird, qui deviendront des icônes.
- Un exemplaire unique : La voiture n’a jamais dépassé le stade du prototype, devenant aujourd’hui une pièce de collection très recherchée.




