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Ferrari Luce : le son du V12 électrique comme une guitare

La Ferrari Luce, première électrique de Maranello, fait déjà parler d’elle, pas seulement pour ses performances ébouriffantes, mais pour la manière dont elle va produire son « son ». Oubliez les artifices numériques, la marque au cheval cabré a opté pour une approche aussi originale que fidèle à son ADN : capter les vibrations du groupe motopropulseur pour les amplifier, à la manière d’une guitare électrique.

Le son, un élément clé chez Ferrari

Pour une marque dont l’identité sonore est aussi prégnante que celle de Ferrari, la transition vers l’électrique posait un défi majeur. Comment conserver cette signature acoustique, ce frisson que procure le rugissement d’un V8 ou d’un V12, sans moteur thermique ? La réponse des ingénieurs de Maranello est sans équivoque : pas de bruit synthétique pré-enregistré, ni de bande-son artificielle concoctée par des musiciens renommés. Ferrari a choisi de rester fidèle à elle-même, en valorisant le son intrinsèque de ses mécaniques, qu’elles soient thermiques ou électriques.

Dans le cas de la Luce, le parti pris est de capter les vibrations émises par le groupe motopropulseur. Contrairement à une voiture thermique où le son provient principalement de l’échappement et de l’admission, ici, ce sont les mouvements et les rotations des moteurs électriques, même s’ils sont généralement discrets, qui génèrent des ondes sonores. L’idée est donc de transformer ces vibrations en un signal audible, amplifié, pour le conducteur.

Ferrari Luce

Les lignes audacieuses de la Ferrari Luce marquent un tournant historique.

Une approche inspirée de la guitare électrique

L’analogie avec la guitare électrique est particulièrement pertinente. Sur une guitare électro-acoustique, un capteur (le micro) est placé sur le corps de l’instrument pour capter les vibrations des cordes et du bois. Ce signal est ensuite amplifié pour produire le son caractéristique. Ferrari applique un principe similaire : un accéléromètre est installé sur le groupe motopropulseur du train arrière.

Ce capteur est capable de détecter les vibrations produites par les moteurs électriques. Ces signaux sont ensuite transformés en ondes sonores, qui sont ensuite amplifiées pour être diffusées dans l’habitacle. Les deux moteurs électriques du train avant peuvent même être désactivés en mode propulsion, afin de se concentrer sur le son pur du train arrière. L’objectif est de faire entendre le « vrai » son de la machine, tel qu’il est produit par sa mécanique, et non une imitation artificielle.

Ferrari Luce

L’habitacle de la Luce mêle luxe et technologie.

« Nous sommes partis d’un principe : le son devait être réel, et la seule façon d’avoir un son réel, c’est de faire ce que nous faisons aujourd’hui sur le thermique. » explique un ingénieur Ferrari. « Aujourd’hui, sur le thermique, nous ne faisons rien d’autre que placer un capteur dans le “poumon” du moteur thermique. Ici aussi, nous mettons un capteur, différent, mais toujours un capteur, sur l’essieu, pour lire les vibrations produites par notre moteur électrique. Nous avons donc fait en électrique exactement ce que nous faisons en thermique ».

Le son réel, une signature Ferrari

Pour Ferrari, l’authenticité sonore est primordiale. L’idée de créer une « bande-son » artificielle, comme l’a fait BMW avec Hans Zimmer pour certains de ses modèles électriques, a été écartée d’emblée. Les ingénieurs estiment qu’un son artificiel, déconnecté de l’action réelle du véhicule, est inacceptable pour un pilote d’essai, et potentiellement déroutant pour le conducteur. Le son doit être une émanation directe de la mécanique en mouvement.

« Évidemment, cela sonne différemment car les fréquences sont différentes, mais l’objectif est de faire entendre le vrai son d’une Ferrari », poursuit l’ingénieur. « En le fabriquant de manière factice, quand on conduit la voiture on entend un son qui n’est pas lié à ce que l’on est en train de faire, et pour nos pilotes d’essai c’est absolument inacceptable ».

Ferrari Luce

Le cockpit futuriste de la Ferrari Luce.

« C’est réel », conclut-il, « différent du thermique, mais c’est la signature Ferrari. Et puis ça peut plaire, ou ne pas plaire, nous le découvrirons. Après tout, la musique est subjective, pas objective. Nous sommes convaincus que c’est un beau son, mais surtout, ce dont nous sommes certains, c’est qu’il est réel. Ensuite, s’il est beau, vous nous le direz aussi quand vous l’entendrez ».

Des performances à couper le souffle

Au-delà de son approche sonore unique, la Ferrari Luce est une véritable vitrine technologique. Elle embarque une batterie de 122 kWh, promettant une autonomie respectable pour une supercar électrique. Sa puissance atteint les 1 050 ch, répartis sur quatre moteurs électriques, un par roue. Cette configuration permet une gestion de la traction intégrale d’une précision redoutable, offrant des performances dignes de Maranello.

Les chiffres annoncés parlent d’eux-mêmes : un 0 à 100 km/h expédié en seulement 2,2 secondes, et une vitesse de pointe qui devrait dépasser les 300 km/h. La recharge rapide sera également un atout majeur, avec la possibilité de récupérer 80% d’autonomie en environ 18 minutes sur une borne compatible. La Luce ne se contente pas d’être une Ferrari électrique, elle est une Ferrari avant tout, repoussant les limites de la performance.

Ferrari Luce

Le design arrière de la Luce conserve l’agressivité typique de la marque.

Ce qu’il faut retenir de la Ferrari Luce

  • Un son authentique : Ferrari privilégie les vibrations réelles du groupe motopropulseur, amplifiées comme sur une guitare électrique, plutôt que des sons synthétiques.
  • Performance électrisante : Avec 1 050 ch et une batterie de 122 kWh, la Luce promet des accélérations fulgurantes et une autonomie significative.
  • Technologie de pointe : La gestion de la traction intégrale par quatre moteurs électriques offre une précision de conduite inédite.
  • Un tournant historique : La Luce marque l’entrée de Ferrari dans l’ère de l’électrique, sans renier son ADN sportif et sonore.
  • Le débat du son : L’approche Ferrari est audacieuse et subjective. Le succès dépendra de la perception des conducteurs face à ce nouveau « son » de la marque.