Les fans de voitures japonaises ont connu leur âge d’or avec les jeux de tuning des années 2000. Mais ces dernières années, la culture auto du pays du soleil levant semblait en perte de vitesse… jusqu’à l’arrivée du jeu Japanese Drift Master. Après son succès sur PC, ce titre indépendant débarque sur la PlayStation 5. Une adaptation réussie ou un simple pétard mouillé ?

Une histoire toute trouvée
Le pitch est simple : on incarne un « gaijin », un étranger débarquant au Japon pour vivre ses rêves automobiles et défier les légendes locales. Cela rappelle inévitablement Fast and Furious Tokyo Drift. Le scénario, inspiré de la culture populaire, est ponctué de cutscenes présentées comme un manga, en clin d’œil à l’incontournable Initial D.


Le semblant d’histoire de JDM est dispensé via un manga. © Jalil Chaouite
Les missions de livraison sont aussi teintées de références : le héros finance ses courses en étant chauffeur pour un restaurant de sushis, à l’opposé du tofu du célèbre manga. En réalité, cette trame narrative sert surtout de prétexte pour parcourir les routes japonaises au volant d’une variété de bolides.
Une carte variée à explorer
La map, quant à elle, offre une belle diversité. Des routes secondaires aux zones urbaines en passant par des voies rapides, chaque recoin se découvre avec plaisir. Les routes sont souvent étroites, ce qui peut être réaliste selon les lieux au Japon. Néanmoins, le trafic est assez léger, facilitant la navigation entre les véhicules. On trouve même des circuits dédiés, comme « Tsugoya », proche du célèbre circuit de Tsukuba.

Cependant, le jeu a manqué de licences officielles, ce qui a poussé les développeurs à recréer ces lieux emblématiques tout en s’en éloignant légèrement. On peut aussi apercevoir une version revisitée de l’aire d’autoroute de Daikoku, un lieu mythique pour les amateurs de drift.
Des vraies marques… mais pas que !
Gaming Factory a réussi à obtenir la confiance de quelques marques japonaises comme Nissan, Mazda et Honda, mais d’autres géants comme Toyota et Suzuki sont absents. En visitant le concessionnaire dans le jeu, on se rend rapidement compte d’un patchwork entre modèles fidèlement reproduits et voitures aux noms fantaisistes qui rappellent certaines icônes du paysage automobile.

Les vrais modèles comme cette Honda NSX côtoient des répliques de voitures connues, faute d’avoir obtenu toutes les licences, dans le jeu JDM. © Jalil Chaouite
Ce mélange peut dérouter au premier abord, mais les répliques sont suffisamment bien réalisées pour qu’on finisse par ne plus y prêter attention. La sélection se compose d’une trentaine de modèles iconiques (Skyline GT-R, RX-7, Silvia…) ainsi que des voitures d’inspiration muscle car disponibles dans un DLC séparé. Cerise sur le gâteau : Hyundai a introduit son concept Insteroid dans le jeu pour des événements spéciaux.
Un gameplay pas toujours au point
Le gameplay de JDM est particulier. Bien que le drift soit mis en avant, on trouve également des épreuves classiques (courses sur route ou contre la montre) et même quelques défis de dragster. L’adaptation à la physique du jeu demande du temps : parfois réaliste avec des techniques de drift authentiques, d’autres fois fantaisiste avec des pertes d’adhérence difficiles à comprendre. Les collisions offrent aussi des réactions souvent imprévisibles.

Hyundai permet aux joueurs de conduire son Insteroid lors de quelques événements spéciaux dans JDM ! © Jalil Chaouite
Au fur et à mesure, on s’habitue aux subtilités de la manette PS5 dont les gâchettes offrent une sensation agréable : patinage des roues à l’accélération sur la gâchette droite et résistance au freinage sur la gauche. On peut même jouer au volant avec un support officiel pour Logitech et Thrustmaster, mais il ne faut pas s’attendre à une expérience transcendante étant donné l’orientation arcade du titre.
Le tuning comme activité principale
L’un des réels attraits du jeu réside dans la personnalisation poussée des voitures, rappelant les grandes heures de Need for Speed. Les joueurs peuvent choisir parmi une multitude de pièces aérodynamiques et modifier pare-chocs, capots ou jantes selon leurs désirs. Chaque modèle bénéficie d’éléments spécifiques qui témoignent du souci du détail des développeurs.

La personnalisation est très poussée dans JDM, c’est l’un des points forts du jeu. © Gaming Factory
Malheureusement, aucun équipementier réel n’est représenté dans le jeu ; ne vous attendez donc pas à voir des logos HKS ou Top Secret sur vos voitures virtuelles. Cependant, certaines références sont claires et ajoutent une touche de réalisme aux modifs.
Une difficulté aléatoire
Les missions principales et secondaires permettent d’accumuler des crédits facilement pour personnaliser ses véhicules. Cela rappelle la nostalgie des jeux de tuning des années 2000. Cependant, après une dizaine d’heures, l’intérêt diminue considérablement ; seul un public vraiment acharné tentera d’obtenir le meilleur score possible.
L’environnement est trop inerte et le trafic trop léger pour maintenir une expérience captivante. En mode intermédiaire, la difficulté fluctue énormément entre des tâches faciles et d’autres presque impossibles à réaliser. Ce système récompense davantage le drift en continu plutôt que les trajectoires élégantes.
En résumé
- JDM réveille l’esprit tuning japonais avec ses références culturelles.
- Le gameplay oscille entre réalisme et fantaisie parfois frustrante.
- Une personnalisation poussée mais sans marques reconnues.
- Difficulté variable qui peut irriter les joueurs expérimentés.
- Un prix attractif malgré quelques défauts techniques.



