Le géant allemand Volkswagen serre la vis. Face à des coûts de production élevés et une stratégie de simplification, le groupe pourrait drastiquement réduire sa gamme de modèles d’ici la fin de la décennie. Si rien n’est gravé dans le marbre, certains véhicules, moins rentables ou redondants, sont sur la sellette.
Dans le cadre de sa stratégie de rationalisation, le groupe Volkswagen annonce une réduction de ses coûts et une simplification de son offre. L’objectif est clair : mieux adapter les produits et technologies aux marchés régionaux, optimiser la production et réduire les investissements superflus. Cela pourrait se traduire par la fermeture d’usines et des suppressions d’emplois en Allemagne. Plus concrètement pour le portefeuille clients, la gamme de modèles sera divisée par deux, se concentrant sur les segments les plus porteurs.
Volkswagen réduit la voilure : moins de modèles, moins d’options
Le constructeur prévoit de ramener sa capacité de production annuelle à neuf millions de véhicules, une nette diminution par rapport aux 12 millions visés avant la pandémie. Cette stratégie de réduction des coûts passe aussi par une simplification drastique de la complexité des produits. Le nombre d’options d’équipement disponibles pourrait être réduit jusqu’à 75%. L’idée est de concentrer les ressources sur les produits et technologies générant le plus de valeur et de rentabilité. Les services commerciaux sont chargés d’identifier les options et les gammes de modèles les moins demandées.
Audi : l’électrification redessine la gamme
Chez Audi, la transition vers l’électrique s’accompagne de choix stratégiques. Après les disparitions des TT, R8 et Q8 e-tron, la citadine A1 et le SUV urbain Q2 ont également quitté le catalogue. Une nouvelle A2 e-tron, basée sur la plateforme de la VW ID.3 Neo, est toutefois attendue. Si les SUV comme le Q7 et le futur Q9 devraient assurer l’avenir, les versions Sportback des Q3 et Q5 pourraient être sacrifiées pour des raisons économiques. L’avenir de l’A8 est également incertain, le Q9 pouvant potentiellement reprendre le flambeau. La marque aux anneaux réfléchit aussi à une collaboration avec Porsche pour une future TT électrique, afin de mutualiser les coûts.
Bentley : le luxe résiste, mais la prudence est de mise
Bentley, marque de luxe du groupe, semble pour l’instant épargnée par ces mesures drastiques. Rentable pour la septième année consécutive, le constructeur britannique prépare le lancement d’un SUV électrique, le Torcal. Malgré une légère baisse des livraisons, le chiffre d’affaires reste solide, porté par les modèles à forte marge et les personnalisations Mulliner. Le Bentayga, notamment dans sa version Speed, demeure le modèle le plus vendu. La stratégie de Bentley semble donc axée sur la valorisation de ses modèles existants et le développement de nouveaux produits haut de gamme.
Cupra : l’ADN sportif sous pression ?
Cupra, la marque sportive de Seat, affiche des résultats en forte croissance, ayant dépassé le million de véhicules vendus. Cependant, le vieillissant Cupra Ateca pourrait voir sa production s’arrêter prochainement. L’avenir du Cupra Leon est également sujet à caution, tandis que le populaire Formentor a bénéficié d’un restylage. La marque mise beaucoup sur le tout électrique avec le modèle Raval, censé dynamiser ses ventes futures. La survie des modèles thermiques emblématiques semble donc moins certaine face à la montée en puissance de l’électrique.
Lamborghini et Porsche : les sportives à l’abri ?
Chez Lamborghini, la situation est bien différente. Avec seulement trois modèles phares (Temerario, Revuelto, Urus), la marque affiche des résultats exceptionnels et ne prévoit pas de gamme 100% électrique à court terme. Porsche, quant à elle, continue de capitaliser sur le succès iconique de la 911, qui ne sera jamais proposée en version électrique. Les 718 Boxster et Cayman ont été retirés du marché, et le Macan thermique suit le même chemin. Si les successeurs électriques de la série 718 et le nouveau Macan seront probablement disponibles en hybride, l’avenir de la Panamera et d’un futur SUV extra-large reste flou. Le Cayenne Coupé électrique est encore trop récent, tandis que son aîné thermique pourrait devenir superflu.
Seat : un avenir incertain au-delà de 2028
Seat traverse une période difficile, avec une baisse des ventes de 17% en 2025. La gamme, composée de modèles vieillissants comme les Arona, Ibiza et Leon, peine à maintenir son dynamisme. Bien que Thomas Schäfer, directeur de la marque Volkswagen, assure que Seat ne disparaîtra pas, son avenir au-delà de 2028 reste flou. La marque doit encore définir sa stratégie future pour rester pertinente dans le paysage automobile.
Skoda : le succès au rendez-vous, mais des questions sur la Scala
Skoda connaît un succès commercial retentissant en 2025, avec plus d’un million de véhicules livrés dans le monde. L’Octavia, le Kodiaq, le Kamiq et la Fabia demeurent les piliers de la gamme. Le succès des modèles électriques comme l’Elroq confirme la pertinence de la stratégie d’électrification. La Scala est cependant une candidate sérieuse à l’arrêt de sa production, et les Fabia et Kamiq pourraient être intégrées à terme à l’Epiq. La remplaçante électrique de l’Octavia, aperçue via le concept Vision O, n’arrivera pas avant 2029.
Volkswagen : la Polo thermique, première victime ?
La marque Volkswagen, malgré sa forte présence en Allemagne, propose une gamme pléthorique de 17 modèles. Des décisions difficiles s’imposent, comme l’arrêt confirmé des productions du Touareg et du Touran. Le T-Roc Cabriolet disparaîtra en 2027. Si les SUV devraient conserver leur place, le Taigo pourrait être menacé. L’ID.5 électrique pourrait également avoir une durée de vie limitée. Les modèles historiques comme la Polo, la Golf et la Passat voient leur production délocalisée. La Polo thermique actuelle n’aura probablement pas de successeur direct, étant remplacée à terme par une future ID. Polo électrique. Il en va de même pour les futures ID. Golf et ID. Passat, attendues après 2030. L’introduction de versions hybrides sur la Golf et le T-Roc en 2026 pourrait marquer la fin progressive des motorisations diesel.
- Réduction de la gamme : Le groupe Volkswagen vise à diviser par deux le nombre de modèles proposés.
- Simplification des options : Jusqu’à 75% d’options d’équipement en moins pour rationaliser la production.
- Focus sur les marchés porteurs : Concentration sur les segments les plus rentables et les technologies d’avenir.
- Transition électrique : L’électrification redessine les gammes, avec des disparitions de modèles thermiques.
- Incertitudes futures : L’avenir de certains modèles emblématiques reste suspendu aux décisions stratégiques du groupe.




