L’arrivée de Ferrari dans l’ère électrique ne fait pas que des heureux. La nouvelle Luce EV suscite une levée de boucliers, y compris au plus haut niveau. L’ancien président Luca Cordero di Montezemolo exprime ses doutes les plus profonds sur l’avenir de la marque au cheval cabré.
Le passage à l’électrique est un virage inévitable pour tous les constructeurs, même les plus iconiques. Mais chez Ferrari, la transition prend des allures de débat existentiel. La présentation de la nouvelle Luce EV, première Ferrari 100% électrique, a déclenché une onde de choc bien au-delà des cercles d’initiés. Et c’est Luca Cordero di Montezemolo, l’homme qui a façonné la Maranello moderne pendant plus de deux décennies, qui a mis le feu aux poudres.

Lors de la révélation du modèle à Rome, celui qui a mené Ferrari à ses heures de gloire, tant sur la route qu’en Formule 1, n’a pas mâché ses mots. « Si je disais ce que je pense vraiment, je ferais du tort à Ferrari », a-t-il confié, laissant planer un doute lourd de sens. Il a ensuite mis en garde contre le risque de « détruire un mythe » avec la direction actuelle prise par la marque.
Le cheval cabré, un mythe menacé ?
Les propos de Montezemolo résonnent avec une force particulière au regard de son passé à la tête de la firme de Maranello. C’est lui qui a supervisé l’âge d’or de Ferrari, renforçant son statut de symbole de performance et de luxe ultime. Sa mise en garde n’est pas une simple opinion, mais le cri d’alarme d’une figure qui a incarné l’ADN de la marque pendant une période charnière.
Et puis, il y a cette phrase, devenue virale, qui résume à elle seule la profonde inquiétude de l’ancien dirigeant. En contemplant la Ferrari Luce EV, silencieuse malgré ses 1035 ch, Montezemolo a lâché qu’il espérait que la marque italienne emblématique « enlèverait au moins le cheval cabré » de ce modèle.

Un séisme boursier pour la marque
Ces mots forts ne sont pas restés sans conséquences. La réaction ne s’est pas limitée aux passionnés ou aux anciens cadres. Le marché financier a également réagi de manière significative. Suite à la présentation de la Luce EV, les actions de Ferrari ont subi un coup notable, affichant une baisse marquée à Milan et aux États-Unis. Ce n’est pas seulement une question de design ou de technologie, mais bien d’identité et de perception de la valeur de la marque.
Ferrari sans le son, une hérésie ?
Au-delà des aspects techniques, c’est la question de l’âme de Ferrari qui est soulevée. Pour beaucoup, la marque est indissociable du rugissement de ses moteurs thermiques, de l’émotion brute qu’ils procurent. Une Ferrari sans cette signature sonore, sans ce drame mécanique, représente une rupture difficile à accepter. L’idée même d’une sportive de légende qui glisse silencieusement peut sembler, pour les puristes, une forme d’hérésie, une trahison de son héritage.
L’électrique, une voie inéluctable mais contestée
Si Ferrari se lance dans l’électrique, c’est bien parce que les réglementations environnementales et les attentes du marché l’imposent. Cependant, la manière dont cette transition est perçue par ses figures historiques et une partie de sa clientèle fidèle soulève des questions fondamentales sur l’avenir de l’identité de la marque. La Luce EV est-elle le symbole d’une évolution nécessaire ou le début de la dilution d’un mythe ? La réponse n’est pas encore écrite, mais les inquiétudes exprimées par Luca Cordero di Montezemolo ne manqueront pas de nourrir le débat.
- Le passage à l’électrique est une nécessité pour Ferrari, mais il soulève des questions d’identité.
- Luca Cordero di Montezemolo, ancien président, exprime ses doutes sur l’avenir de la marque.
- La Ferrari Luce EV, 100% électrique, suscite une forte opposition chez les puristes.
- L’absence du son du moteur thermique est perçue par certains comme une perte de l’âme de Ferrari.
- La réaction du marché boursier montre l’impact des décisions stratégiques sur la perception de la marque.



