Lucas di Grassi a annoncé qu’il prendra sa retraite de la compétition à la fin de la saison de Formule E 2025-2026. Le Brésilien, figure fondatrice du championnat électrique, ne quitte pas seulement un cockpit : il referme aussi l’un des chapitres les plus cohérents de la discipline depuis ses débuts.

Un départ annoncé avant l’E-Prix de Berlin
En choisissant l’E-Prix de Berlin pour officialiser sa décision, Lucas di Grassi a posé un cadre simple : il disputera ses dernières courses avec Lola avant de ranger le casque. Pour suivre le reste du dossier, on peut aussi se référer à notre rubrique autres championnats.

Le timing n’a rien d’anodin. À ce stade de sa carrière, le Brésilien ne cherche plus à construire une promesse d’avenir, mais à finir proprement une histoire commencée il y a plus de vingt ans. Dans un sport qui adore les grands adieux, lui préfère la sobriété. C’est presque plus élégant.
Les projets futurs de di Grassi seront dévoilés plus tard. En attendant, le message est limpide : la Formule E 2025-2026 sera sa dernière danse en tant que pilote professionnel.
Le premier visage d’une Formule E encore en construction
Si di Grassi pèse autant dans ce championnat, ce n’est pas seulement pour ses résultats. Il a été le premier pilote à s’engager en Formule E lors des débuts de la série en 2014, au moment où le projet électrique cherchait encore sa crédibilité, ses repères et son public.
Il a aussi remporté la première course de l’histoire du championnat, à Pékin. Ce détail compte. Dans une discipline neuve, inaugurer le palmarès revient presque à signer le premier chapitre d’un livre qui n’existait pas encore.
Depuis, le Brésilien a disputé chaque saison de la Formule E. Cette constance dit beaucoup de son lien avec la discipline : il n’en a pas été un simple invité prestigieux, mais l’un des visages les plus installés, presque un repère pour ceux qui ont suivi l’évolution du championnat depuis ses débuts.
Un palmarès solide, mais une fin de cycle plus rude
Le bilan brut reste parlant : un titre décroché en 2016-2017 avec Abt et 13 victoires au total. Sur un plateau aussi resserré que la Formule E, ce type de palmarès place un pilote dans la bonne catégorie, celle des références qui comptent vraiment.
Mais la fin de parcours a été plus compliquée. Depuis 2023, di Grassi n’a pas fait mieux qu’une 15e place au championnat. Et sur les six premières courses de la saison 2025-2026, il n’a pas inscrit le moindre point avec Lola.
Dans les faits, c’est souvent là que la retraite devient plus lisible que symbolique. Quand les résultats cessent de suivre l’aura, la page se tourne presque d’elle-même. Reste que son importance ne se mesure pas à la seule tendance récente du classement.
Au-delà de la Formule E, une carrière très complète
Di Grassi n’a pas construit sa réputation uniquement sur l’électrique. En 2016, il a terminé vice-champion du monde d’endurance avec Audi, au terme de sa dernière de trois saisons complètes en WEC. Il y a aussi signé trois podiums aux 24 Heures du Mans, toujours avec le constructeur allemand.
Son passage en Formule 1, en 2010 chez Virgin Racing, complète un parcours très large, même si l’aventure n’a duré qu’une saison complète avant son remplacement par Jérôme d’Ambrosio pour 2011. Là encore, le CV dit l’essentiel : di Grassi a connu plusieurs mondes, plusieurs formats, plusieurs manières de courir.
Ce mélange de disciplines explique aussi sa longévité. Certains pilotes construisent une carrière autour d’une seule case. Lui a navigué entre prototypes, monoplace électrique et F1 sans perdre totalement son identité de compétiteur.
La Formule E perd un ancien de la première heure
Le patron du championnat, Jeff Dodds, n’a pas caché ce que représente ce départ. Pour lui, Lucas di Grassi est indissociable de la Formule E depuis le début et a cru à la mission de la mobilité électrique dès le premier jour.
Cette reconnaissance est importante, car elle souligne ce que la discipline doit à ses premiers fidèles. Sans eux, la Formule E aurait eu plus de mal à passer du statut d’idée futuriste à celui de championnat installé. Di Grassi fait partie de ces pilotes qui ont porté le concept avant qu’il ne devienne familier.
Reste que son départ ne sonne pas comme une rupture brutale. Dodds a même laissé entendre qu’on reverrait probablement le Brésilien rester lié au championnat à l’avenir. Autrement dit, la séparation du volant n’efface pas forcément le lien avec la maison mère.
Une retraite qui ressemble à un dernier relais
Le plus intéressant, dans cette annonce, est peut-être sa tonalité. Di Grassi ne parle pas de désenchantement, ni de lassitude. Il dit l’émotion, la sérénité et l’envie de donner tout jusqu’au dernier mètre. À l’image d’un pilote qui sait encore courir, mais qui choisit le bon moment pour s’arrêter.
Il évoque aussi sa famille, ses sacrifices, et le rôle qu’a joué le sport auto dans sa vie de père, de pilote et d’homme. Ce n’est pas une formule toute faite. C’est ce que disent souvent les carrières longues quand elles arrivent à leur terme : la compétition ne résume pas tout, mais elle finit par structurer tout le reste.
Sur le plan sportif, la suite est simple : terminer proprement la saison avec Lola jusqu’à l’arrivée finale à Londres, les 15 et 16 août. Sur le plan symbolique, la Formule E perd l’un de ses noms les plus identifiables. Et ce n’est jamais anodin pour un championnat qui a encore besoin d’histoires fortes autant que de voitures rapides.
Ce qu’il faut retenir du départ de Lucas di Grassi
- Lucas di Grassi prendra sa retraite à la fin de la saison de Formule E 2025-2026.
- Il aura marqué la discipline dès ses débuts, en 2014, avec un statut de premier engagé.
- Son palmarès en Formule E comprend un titre, décroché en 2016-2017, et 13 victoires.
- La fin de carrière a été plus difficile, avec des résultats en retrait depuis 2023.
- Il quittera aussi un parcours très riche hors Formule E, entre WEC, Le Mans et Formule 1.
- La Formule E perd l’un de ses ambassadeurs historiques, mais pas forcément un futur proche de son écosystème.

