Formule 1

F1 : Mercedes W17, un mystère de vitesse qui hante Russell

George Russell est formel : le déficit de vitesse de sa Mercedes W17 dans les lignes droites n’est plus une question de style de pilotage. Après avoir cherché l’origine du mal dans sa propre conduite, le Britannique pointe désormais un « problème sérieux » qui échappe encore à son équipe. Une situation frustrante à l’approche des prochaines échéances.

Spa : le fossé se creuse dans les lignes droites

À Spa-Francorchamps, le contraste a été saisissant. Tandis que son jeune équipier Kimi Antonelli décrochait la pole position, George Russell échouait à plus d’une demi-seconde. Si, dans un premier temps, le Britannique avait évoqué une possible influence de son style de pilotage, le discours a radicalement changé après les qualifications.

« Hier, je perdais huit dixièmes dans les lignes droites. Aujourd’hui, j’en perds quatre », a-t-il confié, reconnaissant un léger mieux mais soulignant la persistance du mal. « C’est un pas dans la bonne direction, mais on avait déjà vécu ça à Silverstone. On pensait avoir trouvé le problème, on croyait que cela venait simplement des freins. Ce n’était pas les freins. »

Le pilote Mercedes, qui avait initialement misé sur sa propre technique pour expliquer l’écart, se montre désormais catégorique : « Ensuite, on s’est dit que cela venait de mon style de pilotage, de ma manière d’utiliser l’accélérateur. Je me suis moi-même convaincu que le problème venait de moi. Aujourd’hui, nous sommes quasiment certains que ce n’est pas le style de pilotage et qu’il y a un problème sérieux. L’équipe travaille d’arrache-pied pour le résoudre. »

George Russell a échoué en quatrième position à plus de 5 dixièmes de la pole de son coéquipier.

Un mystère qui remonte à l’Autriche

Ce déficit de performance dans les lignes droites n’est pas une nouveauté apparue à Spa. George Russell révèle que les premiers signes remontent à plusieurs courses, notamment le Grand Prix d’Autriche. « Les premiers signes remontent en réalité au Grand Prix d’Autriche. Nous voyions déjà quelque chose, mais nous pensions toujours avoir une explication », explique-t-il.

La situation s’est accentuée à Silverstone lors des qualifications sprint, où le team a perdu trois dixièmes et demi. « À chaque fois, nous nous disons : ‘C’est sûrement ça’. Nous modifions quelque chose… et finalement, ce n’est pas ça », déplore Russell. L’ingénieur de course, Marcus Dudley, avait bien identifié une perte de temps au virage 14, Campus, mais l’écart ne cessait ensuite de grandir, passant d’un dixième à près de cinq dixièmes entre Stavelot et la chicane finale.

Antonelli, un étalon inattendu

Le fossé creusé par Kimi Antonelli, nouveau venu chez Mercedes, ajoute une couche de complexité à cette affaire. Le jeune pilote italien semble avoir rapidement trouvé le rythme, réalisant une performance de pole position qui met en lumière les difficultés de son coéquipier. L’analyse des données montre que la W17 d’Antonelli affiche systématiquement quelques km/h de plus dans les portions rapides.

Si l’on pensait que Russell, connu pour freiner plus tard et plus fort, pouvait involontairement compromettre sa gestion énergétique, cette hypothèse est désormais écartée par le pilote. « Même lors de mon dernier tour, pour une raison inconnue, j’ai encore perdu un dixième et demi… par rapport à moi-même… uniquement dans la ligne droite. Vous regardez votre volant et vous voyez la vitesse diminuer alors que vous êtes pied au plancher. On se sent totalement impuissant. »

George Russell (Mercedes)

Toto Wolff cherche des coupables

Face à ce mystère, Toto Wolff, directeur de Mercedes, avance une autre hypothèse : celle d’une différence d’unité de puissance. « George souffre clairement d’un manque de vitesse de pointe que nous sommes incapables d’expliquer, de l’ordre de quelques dixièmes », a déclaré le team principal. « Nous avons absolument tout vérifié. Est-ce lié au fait que Kimi utilise un moteur tout neuf ? Est-ce que cela fait la différence ? »

Une piste qui sera scrutée lors des prochaines courses, sur des circuits moins exigeants en énergie. « Cela ne devrait pas avoir un impact aussi important », espère Wolff. Cependant, dans le paddock, on sait qu’en Formule 1, attribuer un problème à la voiture plutôt qu’au pilote est parfois une échappatoire. Mais cette fois, Mercedes semble avoir suffisamment de données pour croire à un souci mécanique.

Un problème sérieux qui paralyse le développement

L’incertitude autour de ce déficit de vitesse de pointe paralyse le développement de la W17. L’équipe se concentre sur la résolution de ce problème, délaissant temporairement les réglages fins et les optimisations de pneus. « Nous ne nous concentrons même plus sur les réglages ou les pneus, car nous essayons simplement de comprendre ce qui se passe », avoue Russell.

Ce « problème sérieux », comme le qualifie Russell, remet en question la capacité de Mercedes à rivaliser au plus haut niveau. La frustration est palpable, et l’équipe doit impérativement trouver une solution pour retrouver sa compétitivité et éviter de laisser s’échapper des points précieux dans la course au championnat.

Ce qu’il faut retenir :

  • Un déficit de vitesse persistant dans les lignes droites handicape George Russell.
  • L’équipe Mercedes a écarté l’hypothèse d’un problème lié au style de pilotage du Britannique.
  • Les premiers signes de ce problème remontent au Grand Prix d’Autriche.
  • L’utilisation d’une unité de puissance neuve par Kimi Antonelli est une piste évoquée par Toto Wolff.
  • La situation paralyse le développement de la W17 et la compétitivité de l’équipe.
  • Mercedes doit trouver rapidement une solution pour rester dans la course au championnat.

[en EL1 et EL2]
[en qualifications]

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