Esteban Ocon a devancé son coéquipier Oliver Bearman lors des qualifications du sprint au Canada, mais le Français reste prudent quant à l’interprétation de ce résultat. Alors que Bearman pilotait une Haas équipée d’évolutions majeures, Ocon refuse de conclure hâtivement sur leur efficacité, pointant la nature atypique du circuit de Montréal.
Ocon devance Bearman, mais la prudence est de mise
Au sortir des qualifications pour le sprint du Grand Prix du Canada, Esteban Ocon a signé une 14e place, reléguant son jeune coéquipier Oliver Bearman à plus de trois dixièmes. Une performance rassurante pour le pilote français, qui avait connu un début de week-end compliqué, marqué par une sortie de piste et une échappée belle avec les stands. Pourtant, ce duel interne prend une dimension particulière cette fois : Bearman disposait des dernières évolutions techniques apportées par l’écurie Haas. L’écart creusé par Ocon pourrait donc laisser penser que ces nouveautés ne portent pas leurs fruits. Mais pour le pilote normand, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions hâtives.
Un circuit atypique qui brouille les pistes
« Je pense que c’est trop tôt pour donner cet avis et tirer une conclusion pareille », a confié Esteban Ocon, interrogé par Canal+. « Il est important qu’on essaie de comprendre exactement si on était dans la bonne fenêtre d’utilisation. C’est une piste qui a été quand même très étrange, avec beaucoup de vibreurs, beaucoup de virages lents, beaucoup de poussière. Donc ce n’est pas une piste ‘normale’. » Le tracé canadien, connu pour ses vibreurs agressifs et ses zones poussiéreuses, a effectivement rendu la tâche plus ardue pour l’ensemble des pilotes, y compris pour ceux qui découvraient les dernières évolutions aérodynamiques. L’adhérence précaire et les secousses constantes peuvent perturber le bon fonctionnement de pièces conçues pour des conditions plus optimales.
Les vibreurs, un ennemi commun
Ocon a d’ailleurs souligné la difficulté rencontrée par les deux pilotes Haas avec les vibreurs du circuit Gilles-Villeneuve. « Je pense qu’on a tous les deux eu beaucoup de difficultés avec les vibreurs, mais les vibreurs extérieurs, pour pouvoir longer le mur en fait, car il y a ce petit vibreur où ça tapait pas mal », a-t-il expliqué. « On a amélioré ça pour la qualif mais ça nous gêne toujours et il faut qu’on essaie de comprendre exactement ce qui se passe, et voir ce qu’il faut faire pour la qualif demain. » Cette problématique récurrente sur certains circuits peut effectivement masquer l’efficacité réelle des nouvelles pièces. Si les vibreurs sont trop sollicités, ils peuvent engendrer des comportements imprévisibles, rendant difficile l’évaluation de la performance pure des évolutions.
Ocon relativise l’écart de points face à Bearman
Au-delà de la performance du week-end, Esteban Ocon est également revenu sur l’écart de points qui le sépare déjà de son coéquipier, Oliver Bearman, en début de saison. Le Britannique, qui remplace Kevin Magnussen sur certaines courses, a montré un rythme impressionnant. Ocon, cependant, ne s’en inquiète pas outre mesure, attribuant cette différence à des circonstances de course malheureuses. « Les raisons pour lesquelles je perds beaucoup de points par rapport à Ollie en début de saison sont identifiées », assure-t-il. « Les voitures de sécurité, c’est la première raison ! Je ne vais pas dire que j’aurais été devant lui au championnat, mais j’aurais au moins marqué plus de 10 points assez facilement, en Chine et en Australie. »
La malchance comme facteur clé
Le pilote français estime que la malchance, notamment liée aux interventions de la voiture de sécurité, lui a coûté cher lors des premières manches de la saison. « Pour différentes raisons, je n’ai pas marqué autant de points que je l’aurais dû », reconnaît-il. « Mais le travail que nous faisons est correct. Et tant que c’est le cas, les résultats viendront. Et c’est le plus important. » Cette philosophie, axée sur la persévérance et la confiance dans le travail effectué, est typique des pilotes expérimentés qui savent que la F1 est une discipline où la constance et la capacité à surmonter les obstacles sont primordiales. L’important, pour Ocon, est de maintenir une dynamique positive et de croire que les points suivront naturellement.
Les évolutions Haas : une inconnue qui persiste
Le cas des évolutions Haas est emblématique des défis que rencontrent les équipes en Formule 1. L’introduction de nouvelles pièces est un processus complexe, qui nécessite une compréhension fine de leur comportement dans différentes conditions. Sur un circuit comme Montréal, avec ses spécificités, il est difficile de juger de leur véritable apport. Il faudra attendre les prochaines courses, sur des tracés plus conventionnels, pour avoir un verdict plus clair sur l’efficacité de ces nouveautés. En attendant, Esteban Ocon préfère se concentrer sur sa propre performance et sur la compréhension des subtilités de la piste canadienne, plutôt que de se perdre en conjectures sur le travail de son voisin de garage.
Ce qu’il faut retenir du week-end canadien :
- Esteban Ocon a devancé Oliver Bearman en qualifications sprint, malgré les évolutions Haas sur la monoplace de son coéquipier.
- Le pilote français reste prudent, jugeant le circuit de Montréal trop atypique pour tirer des conclusions sur l’efficacité des nouvelles pièces.
- Les vibreurs agressifs du tracé canadien ont posé problème à l’ensemble des pilotes Haas.
- Ocon attribue son retard de points au championnat à des circonstances de course malheureuses, notamment des interventions de la voiture de sécurité.
- La véritable mesure des évolutions Haas sera à attendre sur des circuits plus classiques.




