La sécurité avant le spectacle. Suite au grave accident de Johann Zarco à Barcelone, la Dorna a rapidement mis en place de nouvelles mesures pour les départs de courses MotoGP. Après l’interdiction du « holeshot device » à l’avant, c’est l’espacement des motos sur la grille qui a été revu. Les pilotes, bien que parfois frustrés par le manque d’action, saluent majoritairement ce changement pour le gain de sérénité au premier virage.
La sécurité, priorité absolue après Barcelone
Le paddock MotoGP a vibré d’une inquiétude palpable après le violent accrochage de Johann Zarco lors du Grand Prix de Catalogne. L’incident, survenu au départ, a vu le pilote français se retrouver avec la jambe coincée sous la moto de Pecco Bagnaia, entraînant de graves blessures. Face à cette situation alarmante, la FIM et la Dorna n’ont pas tardé à réagir, décidant d’apporter des modifications rapides au règlement. Après avoir banni le dispositif « holeshot » à l’avant des machines, une nouvelle mesure a été introduite : l’élargissement de la grille de départ. Passant d’une distance de neuf à douze mètres entre les lignes, cette modification a été expérimentée pour la première fois sur le circuit du Sachsenring, en Allemagne.
Un premier bilan positif pour la sécurité
Le circuit allemand a servi de terrain d’essai grandeur nature pour ces deux changements combinés lors du sprint et de la course principale. Le verdict des pilotes est globalement positif, particulièrement concernant le gain en sécurité. Pedro Acosta, l’un des plus fervents défenseurs de cette mesure, s’est montré satisfait : « C’est clairement la première chose que l’on fait en matière de sécurité et qui est réellement plus sûre », a-t-il déclaré. Il souligne que le passage du premier virage s’en trouve fluidifié, avec moins de motos côte à côte, permettant ainsi d’éviter les emballements dangereux. « On arrive en tout cas au premier virage en ayant un seul gars à côté, ou peut-être deux mais en tout cas pas cinq tout autour. Je pense que c’est un bon changement. »
Moins de dépassements, mais plus de sérénité
Si la sécurité semble incontestablement améliorée, certains pilotes ont toutefois noté une conséquence directe : une diminution des opportunités de dépassement en début de course. Enea Bastianini a résumé ce paradoxe : « Cet écart est probablement mieux pour la sécurité, mais moins bon pour les dépassements. On était un peu loin les uns des autres, c’était difficile de dépasser d’autres pilotes. Mais au vu de ce qui s’est produit par le passé, c’est mieux d’avoir plus de sécurité. » Cette nouvelle configuration a tendance à figer la hiérarchie établie lors des qualifications, transformant parfois les courses en longues processions, surtout sur des tracés où les dépassements sont déjà compliqués.
Les pilotes habitués aux départs agressifs tempèrent
Pour ceux qui misent sur des départs canon pour grappiller des places, la nouvelle donne est moins favorable. Brad Binder, par exemple, a exprimé sa frustration : « C’était terrible pour moi, parce que je n’ai pas pu dépasser autant de monde. Même en prenant un bon départ, on rattrape une ligne, mais pas deux. » Cependant, même lui reconnaît le bien-fondé de la mesure pour la sécurité, tout en s’interrogeant sur son impact sur le spectacle : « Pour la sécurité, c’est une bonne idée, c’est certain. Pour le show, on verra bien. » Luca Marini partage ce sentiment, plaisantant sur le fait qu’il n’ait pu remonter que trois places lors du sprint, mais concluant que cela ne faisait « pas tellement de différence » au final. Le message est clair : la sécurité prime.
Pour les habitués, un changement subtil
D’autres pilotes, comme Jack Miller ou Fabio Quartararo, ont trouvé que le changement était moins marqué. Le Français a déclaré : « Pour moi, c’est la même chose. On sent que c’est un peu plus large. Ici en particulier, tous les ans on est toujours super loin les uns des autres, mais je dirais que la distance ne fait pas une grosse différence. » Quartararo a même ajouté qu’il anticipait une réduction de l’espace au freinage : « Si on a plus d’espace avant le freinage, on essaiera de le réduire au freinage. Donc je ne pense pas vraiment que ça aide. » Néanmoins, il ne voit pas d’inconvénient à cette nouvelle configuration : « Ça me va. » Jorge Martín, parti de la troisième ligne, n’a « rien remarqué », suggérant que l’impact est plus sensible pour ceux qui partent de plus loin sur la grille. Il retient surtout la tranquillité des départs : « Je pense qu’on a plus de place pour réfléchir et réagir si quelque chose se passe, donc c’est bien. »
L’essentiel : un MotoGP plus sûr
- La sécurité au premier virage est jugée significativement améliorée par la majorité des pilotes.
- L’élargissement de la grille (12m au lieu de 9m) et l’interdiction du holeshot device contribuent à un départ plus ordonné.
- Certains pilotes regrettent une réduction des opportunités de dépassement en début de course.
- L’impact sur le spectacle reste une interrogation, mais la priorité reste la prévention des accidents graves.
- Les pilotes les plus rapides et ceux en lutte pour le championnat semblent moins impactés que ceux partant de derrière.
- La mesure est globalement acceptée comme un progrès nécessaire pour le MotoGP.




