Sébastien Ogier a frôlé la victoire au Rallye du Portugal, mais une crevaison dans l’avant-dernière spéciale a mis fin à ses espoirs. Le nonuple champion du monde, pourtant maître de conditions dantesques, a vu ses efforts s’évaporer, laissant Thierry Neuville s’imposer.
Ogier, maître des éléments avant le coup du sort
Le Rallye du Portugal 2024 restera dans les mémoires comme une épreuve d’endurance où la gestion des conditions extrêmes a primé. Et dans ce domaine, Sébastien Ogier a démontré, une fois de plus, qu’il était un maître incontesté. Dès l’étape de samedi, le pilote français a survolé les spéciales, pourtant rendues piégeuses par la boue et les ornières, creusant un écart significatif de 21,9 secondes sur ses poursuivants. Son pilotage, précis et audacieux, donnait l’impression d’une victoire promise, une huitième sur cette terre portugaise qui lui réussit tant.
Le dimanche matin, l’avance d’Ogier se maintenait solidement à 17,3 secondes après la première boucle. Tout semblait indiquer que le scénario d’une nouvelle victoire du Français se déroulait comme prévu. Le nonuple champion du monde, épaulé par son copilote Vincent Landais, semblait avoir la mainmise sur l’épreuve, prouvant sa vélocité et sa capacité à dompter les terrains les plus difficiles du Championnat du monde des rallyes (WRC).
Une crevaison fatale et un coup double pour Toyota
Mais le rallye, et le sport automobile en général, réservent souvent des retournements de situation cruels. C’est dans l’avant-dernière spéciale que le destin a frappé. Une crevaison à l’arrière droit, jugée « difficile à accepter » par le pilote, a stoppé net son élan. L’obligation de s’arrêter pour changer la roue a coûté près de deux minutes précieuses, anéantissant ses espoirs de victoire. Ce coup du sort n’a pas épargné Toyota, puisque Sami Pajari, alors troisième du rallye, a subi le même sort au même endroit, soulignant la malchance collective sur cette portion de route.
Au final, Sébastien Ogier a réussi l’exploit de rallier l’arrivée en sixième position, une performance de consolation pour celui qui visait le sommet. Derrière lui, Sami Pajari a également limité les dégâts. La victoire, quant à elle, est revenue à Thierry Neuville, qui a su capitaliser sur les malheurs de ses adversaires pour signer son 23e succès en carrière et ouvrir le compteur de Hyundai pour la saison.
Le sport auto est parfois impitoyable, et cette épreuve portugaise en est une nouvelle illustration.

Ogier, la tête haute malgré la déception
Malgré la frustration évidente, Sébastien Ogier a fait preuve d’une grande lucidité et d’une maturité sportive exemplaire. Il a reconnu que cette crevaison était avant tout une question de malchance, survenue sur une trajectoire unique et semée d’embûches. « Je suis presque sûr que nous avons tous roulé sur la même trajectoire, car il n’y en a qu’une seule avec les ornières, le sable et les petites pierres », a-t-il confié à Motorsport.com.
Il a ajouté : « Nous avions repéré ces petites pierres et ça a semblé bien se passer pour la plupart d’entre nous, mais Sami et moi-même avons crevé à cet endroit. C’était très tôt dans cette longue spéciale, donc nous n’avions pas d’autre choix que de nous arrêter pour changer la roue et nous avons dû abandonner tout espoir d’obtenir un bon résultat. » La déception est palpable, mais le champion en titre préfère retenir le positif.
La preuve d’une vitesse intacte
Sébastien Ogier, malgré ses 42 ans, a prouvé ce week-end qu’il possédait toujours la vitesse et le talent nécessaires pour rivaliser au plus haut niveau du WRC. Sa performance dans des conditions extrêmes a été remarquable, démontrant qu’il n’avait rien perdu de son acuité au volant. « Il y a de nombreuses raisons de garder la tête haute aujourd’hui, c’est certain », a-t-il affirmé.
[Mais] « On ne peut pas cacher que ça fait toujours mal quand on est frappé par une telle malchance après tout le travail que nous avons fourni cette semaine, où nous avons fait tout ce qu’il fallait pour surmonter ces conditions difficiles. Nous sommes passés tout près de la victoire et c’est difficile à accepter pour l’instant. Mais ça fait assez longtemps que je suis dans ce sport pour savoir que c’est comme ça. Je dois mettre cela derrière moi et aller au Japon avec la certitude que j’ai toujours la vitesse nécessaire pour me battre aux avant-postes, n’importe où et n’importe quand. C’est une bonne raison de garder la tête haute. »
Ce qu’il faut retenir du Rallye du Portugal pour Ogier
- Une performance de maître dans des conditions difficiles, prouvant une vitesse intacte.
- Une malchance cruelle avec une crevaison dans l’avant-dernière spéciale, coûtant la victoire.
- Une déception légitime mais une attitude sportive exemplaire.
- La confirmation qu’Ogier reste un prétendant sérieux à la victoire quand la mécanique et la chance sont de son côté.
- Un résultat final en sixième position, loin de ses ambitions initiales.
- Une leçon de pilotage dans l’adversité pour les jeunes générations.




