Le début de saison 2026 n’épargne pas Red Bull. Si le nouveau moteur Red Bull-Ford surprend par sa compétitivité, le châssis peine à convaincre, malgré les évolutions introduites au Japon. Le directeur technique Pierre Waché reconnaît que l’équipe travaille toujours avec des outils obsolètes, mais une nouvelle soufflerie promet de changer la donne.

Une corrélation sous pression
La saison 2026 a débuté de manière plus compliquée que prévu pour l’écurie autrichienne. Si le moteur Red Bull-Ford a montré un potentiel inattendu, le châssis, lui, n’a pas répondu aux attentes lors des premières courses. L’introduction d’une évolution majeure au Japon n’a pas suffi à dissiper les doutes. Max Verstappen lui-même avouait ne pas ressentir de différence notable, alimentant les interrogations sur la corrélation entre les données de simulation et la réalité de la piste. Pourtant, le package déployé à Miami s’est comporté comme prévu, semant le trouble.
Pierre Waché, directeur technique de Red Bull, reste mesuré quant à l’état actuel de la corrélation de l’équipe. La raison principale ? Red Bull s’appuie toujours sur la soufflerie la plus ancienne du plateau, une relique datant de la Guerre Froide, selon Christian Horner. Ce vieil outil, situé près de Bedford, génère des écarts de corrélation parfois significatifs entre le développement théorique et le comportement réel de la monoplace. « Ça va dans la bonne direction, mais nous travaillons toujours avec les mêmes outils et les mêmes limites », confie Waché à Motorsport.com. « Nous sommes contraints par… Enfin, nous essayons de tirer le maximum de ce que nous avons et nous verrons pour la suite. Mais un nouvel outil va bientôt arriver et j’espère qu’il nous permettra de franchir un nouveau cap. »

Isack Hadjar (Red Bull)
La nouvelle soufflerie, une révolution en vue
Ce « nouvel outil » tant attendu n’est autre que la nouvelle soufflerie que Red Bull construit actuellement sur son campus de Milton Keynes. Le chantier, qui avait pris de l’avance sur le calendrier initial l’an dernier, devrait cependant ne pas être opérationnel avant la fin de l’année. « Nous espérons pouvoir la mettre en service au début de l’année prochaine », précise Pierre Waché. L’arrivée de cette infrastructure moderne est cruciale pour combler le fossé technologique avec les concurrents.
La soufflerie actuelle, qualifiée de « relique de la Guerre froide » par Christian Horner, est un handicap majeur. Sa technologie datant de près de 70 ans rend la corrélation des données de développement avec la performance en piste de plus en plus aléatoire. L’investissement dans des souffleries de nouvelle génération est devenu un enjeu majeur en Formule 1. McLaren, après avoir longtemps utilisé celle de Toyota, a inauguré sa propre installation en 2023, coïncidant avec une nette amélioration de ses performances. Aston Martin dispose également d’une soufflerie dernier cri, considérée par Adrian Newey comme la référence actuelle, bien que l’équipe de Silverstone n’ait pas encore pleinement capitalisé sur cet avantage technologique.
Des évolutions ciblées avant le renouveau
Jusqu’à l’entrée en service de la nouvelle soufflerie début 2027, Red Bull devra composer avec son outil vieillissant pour le développement de la RB22 et les premières esquisses de la monoplace 2027. Cela n’a pas empêché l’équipe technique de Pierre Waché de proposer un package prometteur à Miami, incluant une nouvelle version de l’aileron « Macarena » et des pontons radicalement revus. « Ces pontons étaient en développement depuis les essais de Bahreïn », explique Waché. « Le package initialement prévu pour le Grand Prix de Bahreïn correspond plus ou moins à celui que nous avons finalement introduit au Japon. »
Le directeur technique révèle ainsi que Red Bull a dû ajuster son calendrier de développement suite à l’annulation des courses prévues au Moyen-Orient en avril, avançant l’introduction de sa première évolution majeure. Le gros package est arrivé à Miami, et Montréal verra l’arrivée d’une mise à jour plus ciblée. Waché confirme qu’une « petite étape » supplémentaire sera apportée ce week-end. Avant la tournée européenne, Red Bull vise un progrès plus conséquent, avec un objectif clair : atteindre enfin le poids minimal réglementaire dès le Grand Prix d’Autriche.
Ce qu’il faut retenir :
- La vieille soufflerie de Red Bull est un frein majeur à la corrélation des données.
- Une nouvelle soufflerie, plus moderne, est en construction et devrait être opérationnelle début 2027.
- Des évolutions ciblées sont introduites progressivement pour compenser ce désavantage technologique.
- L’objectif est d’atteindre le poids minimal réglementaire dès le Grand Prix d’Autriche.
- Le nouveau moteur Red Bull-Ford se montre plus compétitif que prévu, offrant un contraste avec le châssis.




