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Voitures chinoises : la chute des prix d’occasion inquiète les loueurs

Les constructeurs chinois, bien que présents sur le marché européen, font face à un défi majeur : la dépréciation rapide de leurs véhicules. Les données allemandes révèlent une chute drastique de la valeur résiduelle, un phénomène qui commence à alarmer les sociétés de financement et de location.

La bataille des prix ne suffit pas à rassurer

Les marques chinoises ont envahi l’Europe avec des propositions souvent agressives sur le plan tarifaire. MG, par exemple, parvient à proposer des véhicules électriques avec des batteries généreuses pour un prix flirtant avec celui d’une citadine d’entrée de gamme. Pourtant, une vieille maxime économique rappelle que le « moins cher à l’achat » peut se révéler bien plus coûteux sur le long terme. Cette réalité prend tout son sens avec la décote spectaculaire des modèles chinois sur le marché de l’occasion, un point noir qui contraste avec leur percée commerciale.

Jaecoo, un des nombreux nouveaux arrivants chinois en Europe ces derniers temps © Constructeur

Jaecoo, un des nombreux nouveaux arrivants chinois en Europe ces derniers temps © Constructeur

Le leasing, de plus en plus prisé par les particuliers, permet de déléguer ce risque de dépréciation aux sociétés de financement. Cette tendance est particulièrement marquée pour les véhicules électriques, déjà sujets à une décote plus prononcée. Mais les modèles d’origine chinoise accentuent encore ce phénomène, comme le confirment des analyses récentes du marché allemand.

Un marché européen saturé par une multitude de marques

En l’espace de trois ans, l’Europe a vu débarquer une véritable armada de constructeurs chinois. Un afflux qui rend difficile pour le grand public de s’y retrouver, alors même que des noms familiers comme MG ont changé de pavillon pour devenir la propriété du groupe SAIC. BYD, Zeekr, Chery, GWM, Jaecoo, Geely, Xpeng… la liste s’allonge, compliquée par la multiplication des sous-marques. Construire une identité de marque forte et reconnue s’avère un défi colossal dans un tel contexte. Pourtant, l’attachement à une marque reste un critère déterminant pour le consommateur européen.

Geely, partenaire notamment de Volvo ou encore Renault sur certains projets, vise désormais directement l'Europe © Geely

Geely, partenaire notamment de Volvo ou encore Renault sur certains projets, vise désormais directement l’Europe © Geely

Certes, la présence des constructeurs chinois sur le Vieux Continent progresse. Le mois dernier, leurs immatriculations représentaient 8 % des nouvelles mises en circulation. Mais ce chiffre est le résultat d’une offre pléthorique, reflet d’une guerre commerciale acharnée en Chine, où les acteurs nationaux s’affrontent sans merci.

La valeur résiduelle : le talon d’Achille des voitures chinoises

Les chiffres publiés par le DAT (Deutsche Automobil Treuhand) sur le marché allemand sont sans appel. La valeur résiduelle moyenne des voitures chinoises rechargeables (hybrides et électriques) a chuté à 47 % de leur prix neuf en avril, contre 61 % un an plus tôt, pour une ancienneté comparable. C’est moitié moins bien que la moyenne des véhicules électriques en Europe. Ce constat révèle les difficultés des constructeurs chinois à maintenir la cote de leurs véhicules sur le marché de l’occasion. Or, une bonne tenue de la valeur résiduelle est cruciale : elle soutient les prix du neuf et la rentabilité des constructeurs, une rentabilité qui commence à vaciller chez certains géants comme BYD.

Les sociétés de financement sous pression

Cette décote sévère a des répercussions directes sur les acteurs du financement automobile. Lorsque les constructeurs ne gèrent pas eux-mêmes le financement via leurs propres banques, ils font appel à des sociétés spécialisées comme Lizy, Icaros ou Arval. Ces dernières commencent à anticiper des pertes importantes si elles ne répercutent pas cette dépréciation sur les loyers des véhicules. La confiance dans la marque est le nerf de la guerre : sans une demande stable pour les véhicules d’occasion, il devient impossible d’établir des prix fiables, comme le souligne Arval Allemagne.

Ce qu’il faut retenir :

  • La valeur résiduelle des voitures chinoises sur le marché de l’occasion est significativement plus faible que celle de leurs concurrentes européennes.
  • Cette décote rapide est un frein potentiel à l’adoption massive des modèles chinois, malgré des prix d’achat attractifs.
  • Les sociétés de financement et de location sont les premières à ressentir les effets de cette dépréciation, pouvant entraîner une hausse des loyers.
  • La multiplication des marques chinoises sur le marché européen complique la construction d’une image de marque forte et durable.
  • Le marché allemand, souvent précurseur, donne un signal clair sur la tendance de la dépréciation des véhicules chinois.
  • L’avenir de ces marques en Europe pourrait dépendre de leur capacité à rassurer les acheteurs sur la pérennité de la valeur de leurs véhicules.