À Monaco, la cinquième place d’Isack Hadjar sur la grille de départ de la F1 a un goût particulier. Si elle peut sembler modeste au regard des performances de son équipier, elle représente une véritable victoire personnelle pour le pilote français, qui a dû batailler pour retrouver confiance après un début de week-end compliqué.
Dans le sanctuaire de la Formule 1, où chaque milliseconde compte et où le moindre faux pas se paie cash, le tracé monégasque offre un terrain de jeu impitoyable. Pour Isack Hadjar, ce week-end de Grand Prix n’a pas dérogé à la règle, le jeune pilote Red Bull s’étant retrouvé dans une position inconfortable dès les premières séances d’essais.
La F1 à Monaco, une affaire de confiance
Le constat est sans appel : quand Max Verstappen frôle la pole position pour quelques centièmes face à un Kimi Antonelli prometteur, la cinquième place d’Isack Hadjar, relégué à plus de trois dixièmes sur ce circuit urbain ultra-court, peut sembler anecdotique. Pourtant, c’est bien dans cette différence que réside toute la subtilité de la performance du Français. Ce résultat, loin d’être acquis, est le fruit d’une lutte acharnée contre le doute et les aléas d’un début de week-end chaotique.
Dès les premiers essais libres du vendredi, la RB22 a montré des signes inquiétants. Un crash dans la chicane de la piscine, une erreur coûteuse en temps et en confiance, a marqué le début de ses déboires. La deuxième séance n’a guère arrangé les choses, le pilote admettant lui-même que les conditions n’étaient pas optimales, malgré les efforts herculéens de ses mécaniciens pour remettre la monoplace sur pied.
Le vrai sujet, c’est la reconstruction
Face à cette situation délicate, les qualifications sont devenues un véritable exercice de haute voltige. Les essais libres 3 et la première partie de la qualification (Q1) ont servi de thérapie de choc. Isack Hadjar a dû progressivement réapprivoiser sa monoplace, une RB22 qui, il est vrai, a gagné en performance. C’est dans ce contexte qu’il a réussi à se hisser en cinquième position, devançant des noms comme George Russell et les deux McLaren, et se tenant à une courte distance des Ferrari.

Isack Hadjar (Red Bull)
Interrogé sur le sentiment que lui procurait cette cinquième place, un classement identique à celui de l’année précédente chez Racing Bulls, Hadjar a livré une réponse sans filtre à Canal+. « Honnêtement, je suis quand même allé la chercher », a-t-il déclaré, soulignant la difficulté de la tâche. « Parce qu’avec le crash d’hier, je n’ai pas eu de confiance en EL2… En plus, la voiture était remise un peu de travers, donc c’était un peu compliqué, une séance à mettre à la poubelle. »
La quête de confiance, un chemin semé d’embûches
Le pilote français a détaillé les efforts déployés pour retrouver ses repères : « En EL3, j’ai fait le maximum de tours pour reprendre un peu de confiance. Donc, en soi, ce n’était pas vraiment la meilleure préparation. Même en Q1, j’avais du mal, et en Q2 – vraiment – j’ai trouvé du temps au tour et j’étais vraiment content. » La Q3, cependant, a réservé son lot de suspense : « Je m’attendais à faire un plus gros saut [en avant], mais je n’avais pas de feeling sur le premier run. Du coup, j’ai fait un pas en arrière pour ensuite en refaire un en avant donc c’était dur. »
La course, un pari ouvert
Au-delà des qualifications, le véritable défi se profile ce dimanche avec la course. Si les départs n’ont pas été le point fort des Red Bull en début de saison, Isack Hadjar mise sur une possible bagarre en groupe dès le premier virage. « De toute façon, on n’est pas les meilleurs starters de la grille, donc ça ne va pas être facile, mais c’est sûr que je vois bien un petit ‘deux ou trois de front’ avec les voitures de devant et pourquoi pas en profiter », a-t-il confié, laissant entrevoir une pointe d’optimisme pour la stratégie de course.
Ce qu’il faut retenir d’Isack Hadjar à Monaco :
- Une qualification arrachée dans la douleur, loin d’être une simple formalité.
- La nécessité de reconstruire la confiance après un début de week-end raté.
- Une performance solide en Q2 qui témoigne d’une adaptation réussie.
- Une stratégie de départ potentiellement audacieuse pour la course.
- Une démonstration que la force mentale est aussi cruciale que la performance pure en F1.
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