Fabio Di Giannantonio a poussé un coup de gueule après le spectaculaire accrochage du départ au Grand Prix de Hongrie. L’Italien, témoin et victime de l’incident provoqué par Jorge Martín, déplore le manque de respect du danger et appelle à une prise de conscience collective avant que le pire ne survienne.
Un départ chaotique qui aurait pu mal tourner
Le Grand Prix de Hongrie de MotoGP a été marqué par un incident dès le premier virage. Jorge Martín, en voulant prendre l’intérieur, a perdu le contrôle de sa moto et entraîné dans sa chute plusieurs autres pilotes, dont Fabio Di Giannantonio. Heureusement, plus de peur que de mal pour la plupart des compétiteurs impliqués, mais l’Italien n’a pas caché sa frustration et son inquiétude face à cette situation récurrente. Il a pu repartir et terminer la course en 12ème position, mais le goût amer de cet accrochage est resté.
La colère d’un pilote qui veut rentrer chez lui
Di Giannantonio, bien que physiquement indemne à l’exception d’un mal de dos passager, a exprimé sa profonde déception. « Si on regarde ma course après le deuxième tour, ça a été une bonne course », a-t-il confié, soulignant le potentiel gâché par cet incident. « J’avais envie de vomir après la chute, j’avais pris un coup à la poitrine. » La performance potentielle, qui aurait pu le placer à quelques secondes du podium, est devenue une course à l’arraché pour grappiller des points. Le pilote VR46 a pointé du doigt un manque de respect flagrant pour la sécurité, allant jusqu’à déclarer : « Je trouve que c’est dingue que je doive prier avant la course, non pas de faire une bonne course mais d’être sain et sauf après le premier virage. »

Un appel à des sanctions plus sévères
Ce n’est pas la première fois cette saison que Di Giannantonio s’exprime sur la dangerosité de certaines manœuvres. Plus tôt dans l’année, il avait déjà plaidé pour des sanctions plus lourdes suite à un accrochage avec Álex Márquez. Malgré les mesures envisagées par la FIM, comme l’éloignement des pilotes sur la grille et l’interdiction du « holeshot device », le pilote italien estime que cela ne suffira pas si l’état d’esprit des compétiteurs ne change pas. « On prend tout le temps trop de risques. On ne risque pas juste de tomber ou de perdre l’avant, on risque de mettre la vie des pilotes en danger », martèle-t-il, appelant à des « mauvaises pénalités » si les bonnes ne suffisent pas à faire comprendre le message.
La prise de risque : une récompense trop alléchante ?
Selon Di Giannantonio, le problème réside dans la récompense actuelle des prises de risque excessives. « Si on arrivait avec plus d’espace entre nous, on risquerait gros pour une seule place, peut-être que ça n’en vaudrait pas la peine et qu’on ne le ferait donc pas », analyse-t-il. Il suggère que l’ajout d’espace sur la grille de départ, ou une modification de la configuration du circuit pour rendre le premier virage moins critique, pourrait inciter les pilotes à être plus prudents. L’idée est de faire en sorte que le risque pris ne soit plus disproportionné par rapport au gain potentiel, afin d’éviter que des situations comme celle de Hongrie ne se reproduisent.
Responsabilité individuelle et collective
Le pilote italien rejette l’idée que certains circuits soient intrinsèquement trop dangereux. Pour lui, le talent des meilleurs pilotes du monde devrait suffire à gérer la situation. « J’essaye toujours de faire très attention aux autres pilotes, et aussi à moi-même parce que je ne veux pas tomber, ni faire tomber les autres », assure-t-il. Il estime que la responsabilité incombe autant aux organisateurs, qui doivent réfléchir à la configuration des tracés et aux règles de départ, qu’aux pilotes eux-mêmes, qui doivent retrouver un sens des priorités : finir la course en un seul morceau avant de viser la victoire. Pour l’heure, les changements annoncés semblent insuffisants pour calmer ses inquiétudes.
Le circuit de Hongrie : un tracé apprécié mais critiqué
Concernant le circuit de Balaton Park, Di Giannantonio reconnaît ses qualités : « Je trouve que le tracé est vraiment bien, et c’est bien aussi d’avoir des types de circuits complètement différents au calendrier. » Il apprécie la diversité des tracés proposés en MotoGP, allant des circuits rapides aux configurations plus étroites. Cependant, il pointe une difficulté majeure : « il est vrai aussi qu’il est vraiment très difficile de dépasser, alors je pense que pour le show c’est un peu le bordel. » Cette observation soulève la question de l’équilibre entre la sécurité, le spectacle et la capacité des pilotes à s’exprimer sur la piste.
Ce qu’il faut retenir
- Fabio Di Giannantonio dénonce le manque de prudence et les prises de risque excessives en MotoGP.
- Il appelle à des sanctions plus sévères pour les pilotes mettant en danger la sécurité collective.
- L’Italien estime que les mesures actuelles (éloignement sur grille, interdiction du holeshot device) sont insuffisantes.
- Il plaide pour un réajustement des récompenses liées aux prises de risque en début de course.
- Di Giannantonio rappelle que la priorité pour un pilote doit être de rentrer chez soi sain et sauf.
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