Le rythme affiché par McLaren lors des essais libres à Spa-Francorchamps a surpris, plaçant Lando Norris à une prometteuse deuxième place. Pourtant, le pilote britannique et son équipe préfèrent rester prudents, conscients des subtilités de ce circuit exigeant et des inconnues qui persistent quant à la véritable hiérarchie.
Spa, un casse-tête pour les réglages et l’énergie
Le circuit de Spa-Francorchamps, avec ses longues lignes droites et ses virages rapides, a toujours représenté un défi unique pour les équipes de Formule 1. Trouver le juste équilibre entre faible traînée aérodynamique pour les portions rapides et appui suffisant pour les secteurs sinueux est un exercice délicat. Cette année, la complexité s’est accrue avec les nouvelles générations de moteurs, notamment en ce qui concerne la gestion de l’énergie électrique. Les longues portions de pleine charge offrent peu d’opportunités de récupérer de l’énergie via le freinage ou la décélération, rendant le déploiement optimal d’autant plus crucial.
Lando Norris a lui-même souligné les difficultés rencontrées. « Les EL1 n’ont pas été extraordinaires, pour être honnête. Les EL2 étaient un peu plus encourageants », a-t-il confié. « Je ne suis toujours pas vraiment satisfait de la voiture, elle reste très, très difficile à piloter, mais nous semblions un peu plus proches des meilleurs. » Cette prudence s’explique aussi par la nature des vendredis d’essais libres, où les équipes dévoilent souvent une partie de leur potentiel sans révéler toutes leurs cartes.
La gestion de l’énergie, un facteur clé
La comparaison des données de simulation de qualification entre Lando Norris et Kimi Antonelli, pilote de l’écurie motorisée par Mercedes, révèle des stratégies de gestion de l’énergie électrique très différentes. Bien que McLaren utilise également des moteurs Mercedes, l’écurie officielle semble disposer d’une maîtrise supérieure du déploiement et de la récupération d’énergie. Sur la ligne droite de Kemmel, par exemple, Norris a atteint une vitesse de pointe supérieure à celle d’Antonelli, suggérant une utilisation plus agressive de la batterie.
Cependant, cette stratégie n’est pas sans inconvénients. Le manque de déploiement d’énergie dans certaines portions, comme l’a décrit Norris (« Nous passons d’environ 320 km/h à 270 km/h parce qu’il ne nous reste tout simplement plus de batterie »), montre que McLaren peine à maintenir son niveau d’énergie sur l’ensemble du tour. Le « super clipping », cette perte de vitesse due à l’épuisement de la batterie, pénalise lourdement la monoplace dans les lignes droites.
Des stratégies énergétiques divergentes
Les analyses de télémétrie montrent que Norris perdait du terrain sur Antonelli dans la descente vers Eau Rouge et le Raidillon, un signe que sa McLaren utilisait moins d’énergie électrique à cet endroit. Cependant, le Britannique reprenait ensuite son souffle, affichant une vitesse de pointe supérieure dans la ligne droite de Kemmel. Cette stratégie, bien que lui permettant de rester dans le sillage de la Mercedes, ne garantit pas un avantage sur la durée du tour.
Inversement, Antonelli adoptait une approche plus conservatrice, entrant plus tôt en phase de « super clipping » avant le freinage des Combes. Cela lui permettait de conserver de l’énergie pour les portions ultérieures du circuit. La McLaren, malgré un nouvel aileron arrière à faible traînée introduit pour ce week-end, semble encore chercher le compromis idéal pour exploiter au mieux son unité de puissance hybride.
McLaren ne s’emballe pas
« Je pense que Lando a tiré le maximum de la voiture dans cette séance, donc je ne crois pas que cette deuxième place reflète réellement notre position », a déclaré Neil Houldey, directeur technique de McLaren. Il reconnaît que l’équipe a encore une marge de progression dans l’optimisation du déploiement d’énergie, un domaine où toutes les équipes continuent d’innover. « Chacun cherche encore à déterminer quelle est la stratégie idéale pour le reste du week-end. »
Malgré cette prudence, McLaren est satisfait de sa performance lors des essais libres et espère maintenir cette dynamique en qualifications. La nuit sera consacrée à l’analyse des données et à la simulation de différentes stratégies pour trouver la solution optimale. La quête de cette « solution parfaite » est le propre de la Formule 1, où chaque détail compte pour grappiller de précieuses fractions de seconde.
Les clés du week-end à Spa
- Performance variable : La position réelle de McLaren dans la hiérarchie reste incertaine, le circuit de Spa exigeant des compromis complexes.
- Gestion de l’énergie : Le déploiement et la récupération de l’énergie électrique sont cruciaux et font l’objet d’intenses recherches de stratégies optimales.
- Pénalité pour Norris : Lando Norris devra composer avec une pénalité sur la grille de départ suite à l’installation de nouveaux éléments sur son unité de puissance.
- Concurrence féroce : La lutte pour les premières places s’annonce serrée, avec des équipes comme Mercedes affichant également un rythme solide.
- Adaptabilité : Les équipes devront faire preuve d’une grande capacité d’adaptation pour ajuster leurs réglages et leurs stratégies en fonction des conditions et des données recueillies.
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