Le Rallye du Portugal a basculé dans l’après-midi avec une spéciale mouvementée, où les aléas de sécurité ont laissé place à une lutte acharnée pour le leadership. Si Sébastien Ogier a su saisir sa chance pour s’emparer de la tête, Adrien Fourmaux a vu ses espoirs s’envoler suite à une double crevaison malheureuse.
Góis : la loi du plus rapide, le malheur des autres
Après une première spéciale de l’après-midi déjà animée, le Rallye du Portugal a poursuivi son chemin sur la spéciale de Góis (15,66 km). C’est là que la donne a changé, et pas forcément dans le sens espéré par tous. Oliver Solberg, au volant de sa Toyota, a vécu un moment de frayeur intense. Trop rapide dans un gauche en dévers, il a frôlé le tonneau avant de couper à travers un champ pour se maintenir en piste. Plus de peur que de mal, sa Yaris s’en sortant avec des dégâts minimes.

Adrien Fourmaux et Alexandre Coria (Hyundai) ont connu un sort bien différent.
Quelques instants plus tard, le leader, Adrien Fourmaux (Hyundai), a rencontré le même écueil, à plus faible allure, au même endroit. Mais là où Solberg s’en est sorti par miracle, Fourmaux a été victime d’une double crevaison à droite, avant et arrière. Ce coup du sort lui a coûté près de 30 secondes et, plus embêtant encore, le mettait dans une position délicate. Avec ses deux roues de secours déjà utilisées, la moindre nouvelle crevaison devenait une menace existentielle pour sa course.
Dans ce contexte, Sébastien Ogier (Toyota) n’a pas manqué l’occasion de s’installer aux commandes. Le nonuple champion du monde a signé le meilleur temps de cette spéciale, reléguant Sami Pajari à 0,8 seconde et Thierry Neuville à 1,4 seconde. Pendant ce temps, Jon Armstrong (M-Sport), toujours handicapé par des problèmes de direction assistée, voyait son retard s’accumuler, atteignant 55 secondes.
Duel au sommet et nouveau coup dur pour Fourmaux
La spéciale suivante, Lousã (7,07 km), n’a pas arrangé les affaires de tous. Sami Pajari, malgré un rythme de plus en plus soutenu, a commis une erreur dans une épingle, lui coûtant de précieuses secondes. Une faute d’autant plus dommageable que Sébastien Ogier a une nouvelle fois fait parler la poudre, signant un nouveau scratch. Il devance Thierry Neuville de 0,8 seconde, tandis qu’Adrien Fourmaux, malgré ses déboires, parvient à limiter la casse à 2,8 secondes.

Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe (Hyundai) ont intensifié la pression.
Le second passage dans Mortágua (14,59 km), une spéciale réputée pour son sable et ses pistes défoncées, a tourné à l’avantage de Thierry Neuville. Le Belge a grappillé 1,3 seconde sur Ogier, qui termine troisième de cette ES10. Ce gain, bien que minime, augmente la pression sur le leader avant une journée de samedi qui s’annonce explosive. Oliver Solberg s’est quant à lui intercalé entre les deux hommes, à 0,9 seconde de Neuville.
Pour Adrien Fourmaux, la fin de journée a été particulièrement éprouvante. Avec des pneus usés jusqu’à la corde suite à sa double crevaison, il a lutté pour maintenir un rythme compétitif. La journée de samedi s’annonce comme un véritable défi pour le Français, qui devra batailler pour remonter au classement.
Ce qu’il faut retenir du Rallye du Portugal
- Nouveau leader : Sébastien Ogier prend la tête du rallye grâce à une spéciale remportée et une gestion habile des difficultés.
- Infortunes de Fourmaux : La double crevaison du leader Adrien Fourmaux lui coûte cher en temps et en ressources (pneus de secours).
- Pression de Neuville : Thierry Neuville maintient la pression sur Ogier, promettant une lutte intense pour la victoire.
- Chance de Solberg : Oliver Solberg échappe à un accident potentiellement grave, mais sa gestion de course est mise à l’épreuve.
- Journée décisive : La journée de samedi, avec neuf spéciales au programme, s’annonce comme le moment clé pour trancher l’issue de ce Rallye du Portugal.



