Citroën travaille sur une petite citadine électrique annoncée sous la barre des 15 000 euros, avec la 2CV en toile de fond. L’idée est séduisante, mais elle dit surtout une chose : le véritable combat se joue désormais sur le prix d’accès à l’électrique.
Pour suivre ce dossier de près, consultez nos actualités auto. Xavier Chardon a confirmé que la marque explore bien ce créneau, sans pour autant promettre une voiture déjà figée ni un calendrier gravé dans le marbre.
Citroën vise le bas du marché électrique
Le sujet n’est pas une énième évocation rétro posée sur une planche à dessin. Citroën travaille sur une voiture de segment A, une catégorie devenue rare dans les concessions parce qu’elle ne rapporte plus assez face à la hausse générale des coûts. En clair, la marque veut revenir sur un terrain où l’on vendait de la simplicité, pas du superflu.
Le modèle évoqué serait électrique et prendrait la relève de la C1, née dans une alliance avec Toyota et Peugeot au milieu des années 2000. Le message est limpide : Citroën cherche une porte d’entrée plus abordable vers l’électrique, là où beaucoup de constructeurs ont laissé le champ libre aux modèles plus chers et mieux margés.
La barre des 15 000 euros change tout
C’est le chiffre qui donne tout son intérêt au projet. À moins de 15 000 euros, on ne parle plus d’une citadine électrique de niche pour clients convaincus, mais d’une voiture censée redevenir une évidence d’achat. Sauf que ce niveau de prix reste extrêmement difficile à tenir sans concessions sur l’autonomie, l’équipement ou la qualité perçue.
La Dacia Spring existe déjà à proximité de cette zone tarifaire, avec les compromis que l’on connaît. Citroën veut manifestement faire autre chose qu’un simple exercice de coût minimal. C’est là que le dossier devient intéressant : comment proposer une petite électrique crédible, accessible et un peu désirable, sans tomber dans le dépouillement brut ?
L’héritage de la 2CV, plus lourd que nostalgique
La comparaison avec la 2CV est tentante, et Citroën sait très bien qu’elle parle immédiatement au public français. Mais la référence reste surtout symbolique. La 2CV a été pensée pour motoriser une Europe encore rurale, avec une mission simple : transporter sans effort, sans luxe et sans chichi.
Aujourd’hui, le contexte n’a plus rien à voir. Le défi n’est pas de mettre quatre paysans et 50 kilos de pommes de terre sur la route. Le vrai sujet, c’est de rendre l’électrique abordable dans un marché où les prix ont largement décollé. La nostalgie peut aider à raconter l’histoire, pas à résoudre l’équation industrielle.
Le retour du style ne suffit pas à faire une bonne affaire
Citroën marche ici sur une ligne fine. Les retours au passé fonctionnent parfois, comme l’ont montré certaines petites voitures devenues des objets de désir. Mais ils ratent aussi souvent leur cible lorsqu’ils misent tout sur le souvenir et pas assez sur l’usage. Une icône ne pardonne pas grand-chose.
Le constructeur semble en avoir conscience. Xavier Chardon ne parle pas de copier la 2CV, mais d’en comprendre la proposition. La nuance compte. Elle suggère qu’il ne s’agit pas de reproduire une silhouette pour faire sourire, mais de retrouver une forme de bon sens automobile : simple, accessible, utile. Encore faut-il que cela survive au passage du concept à la série.
Pourquoi cette petite Citroën pourrait compter sur le marché
Si le projet aboutit, son intérêt dépassera largement le seul cas Citroën. Une petite électrique réellement abordable pourrait remettre du mouvement dans un segment devenu presque déserté. Elle pourrait aussi offrir une alternative à ceux qui ne veulent ni SUV, ni grosse batterie, ni budget qui s’envole.
Le marché a déjà montré qu’il existait une demande pour les voitures compactes, sobres et bien placées en prix. En Europe, les ventes de modèles accessibles restent solides, tandis qu’une large part des immatriculations se dirige vers les SUV, souvent par défaut plus que par conviction. Une citadine électrique populaire pourrait casser cette mécanique. Mais seulement si son prix final tient la promesse initiale.
Reste à transformer l’intention en voiture vendable
Pour l’instant, Citroën n’a pas encore livré de fiche technique, ni de date, ni de version définitive. Le projet existe, l’orientation est claire, mais la réalité industrielle est encore loin. Entre l’idée d’une voiture populaire et son arrivée chez le concessionnaire, il y a souvent un monde.
- Citroën confirme travailler sur une petite citadine électrique.
- Le prix visé est inférieur à 15 000 euros.
- Le projet prendrait la relève de la C1 sur le segment A.
- L’esprit de la 2CV sert de référence symbolique, pas de copie.
- Le défi principal reste l’équilibre entre prix, usage et contenu.
- Aucun calendrier ni fiche technique détaillée n’a encore été annoncé.




