L’arrivée de la première Ferrari 100% électrique, la Luce, présentée le 25 mai, a provoqué une secousse sur les marchés financiers. Le constructeur italien voit son action chuter de plus de 8% à Milan, signe d’une réception mitigée pour ce virage stratégique majeur.
Une plongée en bourse après la révélation de la Luce
Ferrari n’est pas à l’abri des réactions épidermiques des marchés. Moins de 24 heures après avoir dévoilé sa toute première Ferrari entièrement électrique, la Luce, le constructeur de Maranello a vu sa valorisation boursière s’effriter. À Milan, l’action a accusé le coup, chutant de plus de 8%. Sur le marché américain, le recul a également été sensible, dépassant les 5% en séance. Une baisse peu habituelle pour un groupe dont la santé financière est généralement synonyme de solidité.
La Luce : une Ferrari familiale et électrique pour conquérir de nouveaux marchés
Cette nouvelle Luce marque une rupture radicale avec l’ADN historique de Ferrari. Loin des coupés et roadsters basés sur le moteur thermique, cette nouvelle venue se présente sous les traits d’une berline familiale à quatre portes et cinq places. Un choix audacieux, destiné à élargir la clientèle traditionnelle de la marque. Ferrari lorgne particulièrement vers les marchés asiatiques, où l’électrification est déjà bien installée, et cherche à séduire une nouvelle génération d’acheteurs, potentiellement issus du monde de la technologie. Le prix annoncé, à partir de 550 000 euros, témoigne de son positionnement très haut de gamme, même dans cette nouvelle ère électrique.

Ferrari Luce, une silhouette inédite pour la marque.
Une collaboration de prestige et une fiche technique impressionnante
Pour façonner cette Luce, Ferrari n’a pas lésiné sur les moyens. Le projet a bénéficié de la collaboration de Jony Ive, l’ancien gourou du design chez Apple, et de son collectif LoveFrom. Sur le plan technique, la Luce revendique des performances de pointe : plus de 1 000 chevaux délivrés par quatre moteurs électriques, une autonomie annoncée supérieure à 500 kilomètres et une vitesse maximale dépassant les 310 km/h. Ferrari assure avoir travaillé sur une signature sonore spécifique pour tenter de conserver une partie de l’émotion propre à ses moteurs thermiques, un défi majeur pour une voiture électrique.
Un design clivant qui divise la communauté
C’est peut-être sur le terrain du design que la Ferrari Luce suscite le plus de remous. Les premières images et la présentation officielle ont déclenché une vague de réactions, souvent critiques, sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés. Beaucoup estiment que cette nouvelle silhouette s’éloigne trop des lignes iconiques qui ont fait la renommée de la marque. Des voix critiques, comme celle de l’ancien président Luca di Montezemolo, dénoncent une « trahison » de l’héritage Ferrari. Si certains saluent l’audace du constructeur, la majorité des observateurs semblent perplexes face à ce style jugé peu en phase avec l’ADN de la marque au cheval cabré.
Le vrai sujet : Ferrari peut-elle réinventer son mythe sans le trahir ?
Au-delà de la réaction boursière immédiate, la présentation de la Luce soulève une question fondamentale pour Ferrari : comment aborder l’électrification sans perdre son âme ? La marque a bâti son mythe sur des moteurs thermiques rugissants, des lignes agressives et une exclusivité farouche. La Luce, avec son architecture familiale et son moteur électrique, semble vouloir jouer sur un autre terrain. Le succès de ce virage dépendra de la capacité de Ferrari à convaincre non seulement les investisseurs, mais surtout sa clientèle historique et les nouveaux venus que cette nouvelle ère électrique est aussi désirable et émotionnelle que les bolides thermiques du passé.
- Le virage électrique : Ferrari franchit un cap historique avec son premier modèle 100% électrique.
- Réaction des marchés : La présentation de la Luce entraîne une chute significative de l’action Ferrari en bourse.
- Nouveau positionnement : La Luce adopte une silhouette de berline familiale, ciblant une clientèle élargie et de nouveaux marchés.
- Design controversé : Les lignes de la Luce divisent, certains y voyant une trahison de l’ADN Ferrari.
- Performances élevées : Plus de 1000 chevaux et une autonomie de plus de 500 km pour cette nouvelle venue.
- Le défi de l’émotion : Ferrari cherche à recréer l’expérience sensorielle de ses thermiques dans un véhicule électrique.




