Renault ajoute une nouvelle corde à l’arc de la Clio avec une version GPL plus puissante, désormais annoncée à 120 ch. Le vrai sujet n’est pas seulement la cavalerie supplémentaire : c’est la place que cette motorisation peut prendre entre l’essence d’entrée de gamme et l’hybride, sur fond de coût d’usage et d’autonomie.

Dans la rubrique actualité automobile du moment, cette arrivée mérite mieux qu’un simple relevé de fiche technique. Car Renault ne relance pas le GPL par nostalgie : la marque tente de remettre sur la table une solution thermique rationnelle, au moment où beaucoup d’automobilistes regardent d’abord leur budget avant de parler électrification.

Une Clio GPL plus puissante pour combler le trou entre essence et hybride

Le constat est simple : la Clio élargit sa gamme avec un nouveau moteur Eco-G de 120 ch, aux côtés des versions essence et hybrides déjà connues. Par rapport au précédent Eco-G 100, le gain atteint 20 ch, avec un couple maximal annoncé à 200 Nm. En clair, Renault cherche à corriger l’un des reproches classiques adressés aux versions GPL : l’idée d’une mécanique économique, oui, mais parfois un peu trop sage à l’usage.

Cette nouvelle offre prend surtout place là où le marché reste très sensible : entre une version essence plus abordable à l’achat et une hybride plus coûteuse. C’est là que la Clio GPL tente sa percée. Ni vitrine technologique, ni version low cost déguisée : plutôt une proposition de compromis, presque à contre-courant, dans une catégorie où chaque euro compte.

Le vrai argument, c’est l’autonomie totale bien plus que la performance

Techniquement, cette Clio repose sur un trois-cylindres turbo 1,2 litre capable de fonctionner à l’essence comme au GPL. La voiture dispose de deux réservoirs séparés : 39 litres pour l’essence et 50 litres pour le GPL. Renault annonce ainsi une autonomie totale pouvant atteindre 1 450 km. Sur le papier, c’est beaucoup, surtout pour une citadine polyvalente qui passe sa vie entre trajets urbains, périphérique et longs rubans d’autoroute.

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Dans les faits, cet argument peut peser lourd pour les gros rouleurs ou pour ceux qui veulent espacer les arrêts à la pompe. C’est aussi une manière de redonner de la pertinence à un carburant souvent relégué au second plan. La puissance en hausse améliore l’agrément, bien sûr, mais l’atout le plus concret reste cette capacité à aligner les kilomètres sans transformer chaque semaine en chasse au carburant le moins cher.

Consommation et émissions : le GPL garde un intérêt, avec des limites bien connues

Renault avance une consommation à partir de 6,5 l/100 km en mode GPL, avec des émissions de CO₂ annoncées dès 105 g/km. À l’essence, la marque communique 5,4 l/100 km et 123 g/km. Le constructeur indique aussi une baisse moyenne des émissions d’environ 10 % par rapport à un moteur essence équivalent. Dit autrement, le GPL continue de défendre un positionnement intermédiaire : moins coûteux à l’usage, potentiellement plus sobre en dépenses, sans prétendre jouer dans la cour d’une hybride en circulation urbaine pure.

Reste que ces données doivent toujours être lues avec un peu de recul. Une consommation normalisée ne raconte jamais toute la vie réelle d’une auto, surtout avec une bicarburation dont l’intérêt dépend fortement du prix local du GPL et de la densité du réseau de distribution. Le GPL n’est pas une baguette magique. C’est un calcul. Et ce calcul peut être excellent… ou beaucoup moins séduisant selon l’endroit où l’on roule.

Boîte EDC et intégration d’origine : Renault soigne l’usage quotidien

Cette nouvelle Clio Eco-G 120 est proposée avec une boîte automatique EDC à double embrayage. C’est loin d’être un détail. Sur une citadine moderne, l’agrément passe aussi par là : fluidité en ville, conduite moins fatigante dans les bouchons, et fonctionnement plus en phase avec les attentes actuelles. Renault ajoute la possibilité d’intervenir via les palettes au volant, histoire de ne pas transformer la boîte auto en simple équipement de confort passif.

Autre point intéressant : le système GPL n’est pas présenté comme une adaptation bricolée après coup. Il a été intégré dès la conception du modèle, avec un réservoir installé à la place de la roue de secours, sans impact annoncé sur l’habitabilité ni sur le volume de coffre. À l’usage, c’est essentiel. Une technologie alternative perd vite tout son intérêt si elle commence par rogner la polyvalence. Une citadine qui oblige à choisir entre sobriété et coffre rate sa cible.

Positionnement tarifaire : une offre médiane, logique sur le papier

La gamme Clio reste structurée autour des finitions Evolution, Techno et Esprit Alpine, avec plusieurs motorisations. La nouvelle Eco-G 120 EDC est affichée à partir d’environ 20 900 euros clés en main en finition Evolution, puis 23 300 euros en Techno et 24 600 euros en Esprit Alpine. Les versions essence TCe 115 débutent autour de 18 900 euros, tandis que les full hybrid E-Tech 160 s’étendent de 24 900 à 28 300 euros.

Côté tarifs, le message est limpide : cette Clio GPL se place exactement au milieu. C’est sans doute sa meilleure carte. Elle évite le ticket d’entrée plus élevé de l’hybride tout en promettant davantage de souffle et d’autonomie qu’une version essence classique. Sur le plan commercial, Renault ne joue pas l’originalité à tout prix ; la marque occupe la case rationnelle du catalogue, celle que beaucoup de clients regardent en premier, même s’ils ne l’avouent pas toujours.

Ce que cette Clio GPL dit du marché actuel

Cette nouveauté raconte quelque chose de plus large que le seul cas de la Clio. Elle rappelle qu’entre le thermique classique et l’hybride, il existe encore de la place pour des solutions moins exposées médiatiquement, mais potentiellement très cohérentes à l’usage. Renault s’appuie d’ailleurs sur plus de 15 ans d’expérience du groupe Renault et Dacia sur cette technologie, signe que le GPL n’est pas un pari improvisé de dernière minute.

La limite, elle, reste connue : tout dépendra du profil du conducteur. Celui qui roule peu ou qui n’a pas facilement accès à une station GPL pourrait ne pas y trouver son compte. En revanche, pour un usage intensif, périurbain ou mixte, l’équation devient nettement plus intéressante. Le vrai sujet, c’est donc moins la mode du moment que la pertinence réelle sur le terrain. Et sur ce point, la Clio Eco-G 120 arrive avec des arguments sérieux, sans faire de bruit inutile.

Ce qu’il faut retenir avant de choisir cette version

  • La Clio accueille un nouveau moteur Eco-G de 120 ch, en hausse de 20 ch face à l’ancien Eco-G 100.
  • Son principal atout reste l’autonomie totale annoncée jusqu’à 1 450 km grâce aux deux réservoirs.
  • La boîte automatique EDC renforce l’agrément, surtout pour un usage urbain et quotidien.
  • Le positionnement tarifaire la place entre les versions essence et les variantes hybrides.
  • L’intérêt économique du GPL dépendra surtout du kilométrage annuel et de l’accès au réseau de distribution.

À l’usage, cette Clio GPL peut parler aux automobilistes qui veulent une citadine polyvalente, une boîte automatique et des coûts de roulage contenus sans grimper directement vers l’hybride. Sa force, c’est la cohérence. Sa limite, c’est un intérêt qui varie beaucoup selon les habitudes de roulage et l’accès au GPL. Pour qui roule souvent, l’alternative mérite d’être regardée de près ; pour un petit kilométrage, une essence classique ou une hybride peuvent rester plus pertinentes.

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