Formule 1

Monaco 2016 : la stratégie ratée qui a coûté la victoire à Ricciardo et à Red Bull

Il y a huit ans, le Grand Prix de Monaco 2016 a été le théâtre d’un des plus grands gâchis stratégiques de l’ère moderne de la Formule 1. Alors que Daniel Ricciardo avait signé une pole position magistrale et menait la course, Red Bull et Mercedes ont tous deux commis des erreurs monumentales, mais c’est l’Australien qui en a payé le plus lourd tribut, voyant la victoire lui échapper dans les stands.

Ce Grand Prix de Monaco 2016, c’est d’abord l’histoire d’une occasion en or pour Daniel Ricciardo et Red Bull, une opportunité gâchée par une communication défaillante et une préparation insuffisante. Si Lewis Hamilton a finalement remporté la course, c’est bien l’Australien, auteur d’une performance de premier plan, qui est resté dans toutes les mémoires pour la façon dont sa victoire lui a filé entre les doigts.

Le début de saison 2016 avait vu Nico Rosberg survoler la concurrence, remportant les quatre premières courses au volant de sa Mercedes. Mais à Barcelone, les deux monoplaces allemandes s’éliminent mutuellement dès le premier tour, ouvrant la voie à un nouveau paysage sportif. Lewis Hamilton, triple champion du monde en titre, accuse alors un retard conséquent sur son coéquipier et doit impérativement inverser la tendance. Surtout à Monaco, où Rosberg restait sur trois victoires de rang, dont une particulièrement chanceuse l’année précédente suite à une erreur stratégique de Mercedes.

Mais cette année-là, la menace Red Bull est bien réelle. L’écurie autrichienne, galvanisée par la victoire de Max Verstappen lors de sa première course pour l’équipe-mère en Espagne, montre un rythme impressionnant. Si le jeune prodige néerlandais multiplie les erreurs durant le week-end monégasque, Daniel Ricciardo, lui, saisit sa chance. Il décroche une pole position spectaculaire, reléguant Nico Rosberg et Lewis Hamilton à plus d’une demi-seconde.

Monaco sous la pluie : le ballet des Safety Cars

La course, qui s’élance le dimanche, débute sous une pluie battante. La piste détrempée oblige la direction de course à sortir le Safety Car pour les sept premiers tours. Les interruptions se succèdent, rendant le début de Grand Prix chaotique. Daniel Ricciardo, parti de la pole, mène la danse, mais Nico Rosberg, pourtant à l’aise sur ce circuit, est visiblement en difficulté. En seulement six tours après la reprise, l’écart avec le leader Red Bull dépasse les dix secondes.

Face à la déconfiture de son pilote, Mercedes prend une décision sportivement logique : autoriser Lewis Hamilton à dépasser son coéquipier pour qu’il puisse tenter de rattraper Ricciardo. La pluie s’estompe, la piste commence à sécher, et c’est là que les stratégies divergent radicalement.

Le pari risqué de Mercedes

Red Bull et Ricciardo font le choix de chausser des pneus intermédiaires, plus adaptés aux conditions qui s’améliorent. Chez Mercedes, on opte pour un pari plus audacieux : conserver les pneus pluie usés d’Hamilton. L’objectif est clair : gagner du temps en évitant un arrêt supplémentaire et prendre la tête de la course en piste, quitte à rouler avec des gommes moins performantes. Ce pari paye dans un premier temps : Hamilton parvient à maintenir Ricciardo derrière lui, malgré le meilleur rythme de la Red Bull en pneus intermédiaires.

Daniel Ricciardo (Red Bull)

Daniel Ricciardo (Red Bull) a vu la victoire lui échapper dans les stands.

Pour espérer jouer la victoire, Hamilton doit impérativement passer par les stands pour monter des pneus slicks. Au 31e tour, il rentre. Son tour de sortie est lent, les pneus froids, et il commet même une petite erreur dans les esses de la Piscine. Pendant ce temps, Ricciardo, qui a également été appelé aux stands pour monter des slicks, effectue son arrêt.

L’incroyable défaillance de Red Bull

C’est à ce moment précis que le cauchemar commence pour Daniel Ricciardo et Red Bull. Alors que le pilote s’immobilise dans son emplacement, l’équipe n’est pas prête. L’incroyable se produit : les mécaniciens mettent un temps fou à apporter les bons pneus et à les monter. Ce qui aurait dû être un arrêt rapide se transforme en une immobilisation interminable de 13 secondes. Ce temps perdu est fatal.

Quand Ricciardo émerge enfin de la voie des stands, Lewis Hamilton, qui avait pris la tête, est juste à côté. La configuration de la sortie des stands et du premier virage monégasque donne l’avantage au Britannique, qui reprend les commandes de la course. Le rêve de victoire s’évanouit pour l’Australien.

Une fin de course frustrante

Les quarante tours restants sont une torture pour Ricciardo. Sa Red Bull, pourtant plus rapide, ne parvient pas à déborder la Mercedes d’Hamilton. Les deux monoplaces iront même au contact à la sortie de la chicane du Port au 37e tour, après un tout-droit du pilote britannique. Mais c’est bien Hamilton qui franchit la ligne d’arrivée en premier, suivi de Ricciardo et de Sergio Pérez. Nico Rosberg, fantomatique, termine septième et perd une part importante de son avance au championnat.

Sur le podium, la mine défaite de Daniel Ricciardo en dit long. D’habitude si jovial, il laisse transparaître une immense frustration, ayant déjà prévenu sa radio : « Rien de ce que vous pourrez dire n’arrangera les choses ». Il devra attendre 2018 pour goûter à la victoire à Monaco, au terme d’une course où il pilotera une grande partie du temps avec un moteur défaillant.

La mine défaite de Daniel Ricciardo après la course.

La déception était immense sur le visage de Daniel Ricciardo.

Ce qu’il faut retenir de Monaco 2016

  • Une occasion manquée : Daniel Ricciardo et Red Bull ont laissé filer une victoire quasiment acquise, victime d’une erreur stratégique monumentale.
  • La gestion d’équipe : L’épisode met en lumière les failles de communication et de préparation au sein d’une écurie, même de haut niveau.
  • La résilience d’Hamilton : Malgré un week-end compliqué et un retard au championnat, Lewis Hamilton a su capitaliser sur les erreurs de ses adversaires.
  • La performance de Ricciardo : Au-delà de la déception, la pole position et la course menée par l’Australien ont démontré son talent exceptionnel.
  • L’impact sur le championnat : La perte de points à Monaco a accentué la bataille au sommet du classement pilotes.