Pecco Bagnaia, triple champion du monde MotoGP, traverse une session de qualification compliquée sur un circuit hongrois qu’il n’affectionne guère. Le manque d’adhérence à l’arrière de sa Ducati le contraint à une lutte acharnée, le reléguant en Q1 et le forçant à une analyse pointue des données pour déjouer les pièges de ce tracé exigeant.
Un vendredi hongrois sous haute tension
Le passage du Mugello, théâtre de sa dernière victoire, à ce circuit balatonien, s’annonçait déjà comme un défi pour Pecco Bagnaia. Mais les difficultés rencontrées ce vendredi ont dépassé ses prévisions les plus pessimistes. Si la première séance d’essais libres s’est soldée par un sixième temps encourageant, l’après-midi a viré au cauchemar. Le double champion du monde MotoGP s’est retrouvé en proie à un manque d’adhérence criant à l’arrière de sa Desmosedici, le privant de toute chance de figurer dans le top 10, et le condamnant à passer par la Q1.
Le mystère de l’adhérence envolée
« J’ai eu beaucoup de mal cet après-midi », a concédé un Bagnaia visiblement préoccupé. « Je ne m’y attendais pas car l’an dernier, le grip était élevé, donc je me suis dit ‘Cette année, mon problème est le grip arrière donc je n’aurai pas trop de soucis’. » Un constat d’autant plus frustrant que le pilote italien se sent plus à l’aise avec le train avant de sa moto, un atout qui lui permet de mieux négocier les trajectoires. « Je me sens beaucoup mieux avec l’avant de la moto, ça m’aide à refermer les trajectoires », explique-t-il. « Mais à chaque fois que j’essaie de prendre plus de vitesse en courbe, je perds l’arrière, sans être sur les gaz. C’est dur parce que je ne peux pas contrôler la situation. Il faut travailler dessus. »

Le manque d’adhérence se manifeste particulièrement dans les virages à gauche.
Virages à gauche : le talon d’Achille du champion
Le problème semble se concentrer sur un type de courbe bien précis. « Mon problème est surtout dans les virages à gauche », détaille Bagnaia. « Je perds l’arrière dans tous les virages à gauche, donc c’est difficile de comprendre pourquoi. Sur le côté droit, j’arrive à bien ralentir la moto, je peux bien entrer dans les virages. Dans tous les virages à gauche, il faut plus forcer sur la moto et à chaque fois, je perds l’arrière à l’entrée, sans être sur les gaz. » Une situation qui l’empêche de solliciter correctement son pneumatique : « Sur le côté gauche, il reste complètement neuf. C’est parce qu’il n’accroche pas avec le sol. » Ce phénomène étrange se traduit par une perte de contrôle à l’entrée de courbe, là où le pilote s’attendrait normalement à un gain d’adhérence. « Quand je relâche l’avant, je commence à perdre l’arrière. C’est bizarre parce que normalement, c’est l’inverse. Mais c’est comme ça. »
Le nouveau bitume, un défi supplémentaire
La situation est rendue encore plus complexe par le nouveau revêtement de certaines portions du circuit, notamment aux virages 1 et 5. « Je ne sais pas ce qu’il se passe avec le nouvel asphalte, mais il y a zéro grip, absolument aucun grip », constate Bagnaia. Si enchaîner les tours n’est pas encore rédhibitoire, le pilote redoute l’impact de ce manque d’adhérence lors du départ et des premiers tours de course, lorsque le pneu sera moins frais. « Espérons qu’il ne se passera rien », murmure-t-il, partagé entre l’espoir et l’inquiétude.

Pecco Bagnaia scrute les données pour comprendre les différences de comportement entre les Ducati.
Analyse des données : la clé pour déverrouiller la situation
Face à ce casse-tête, Bagnaia et son équipe vont devoir plonger dans les données télémétriques des autres pilotes Ducati. La situation est loin d’être homogène au sein de la marque italienne : si Marc Márquez semble rencontrer des difficultés similaires, Fabio Di Giannantonio, lui, affiche un grip bien supérieur. « On voit dans les données que Marc est plus ou moins dans la même situation, et Diggia est dans une situation totalement inverse, il a beaucoup de grip », observe Bagnaia. « Il faut juste comprendre pourquoi et peut-être le copier. » Une stratégie classique dans le paddock, où l’observation des rivaux peut souvent ouvrir la voie à des solutions inattendues.
Des progrès malgré tout, l’espoir demeure
Malgré ces déboires et un tracé qu’il juge « très particulier », Pecco Bagnaia reconnaît des progrès notables par rapport à la saison précédente. « C’est beaucoup mieux cette année, parce que la moto freine mieux et tourne plus. C’est mieux pour moi. Je prends du plaisir parce que cette piste est très… particulière. Mais j’ai un peu progressé depuis l’an dernier », admet-il. Les avancées constatées sur sa Ducati ces dernières courses semblent se confirmer, même si le manque d’adhérence spécifique à ce circuit reste une énigme. « Ça fonctionne et je pense qu’on va faire un pas de plus dans cette direction. On va essayer. Mais je ne comprends pas pourquoi j’ai perdu de l’adhérence ici. Le niveau d’adhérence est élevé mais on va y remédier pour demain. »

Malgré les difficultés, Bagnaia reste confiant pour la suite du week-end.
Bien qu’il doive désormais se battre pour une place en Q2 via la Q1, Pecco Bagnaia aborde la suite du week-end avec une sérénité relative. « Je vais essayer. Je suis assez confiant pour que ce soit résolu demain et qu’on y arrive », assure-t-il, persuadé que son équipe parviendra à identifier la cause de ces problèmes et à trouver les réglages nécessaires pour retrouver son plein potentiel.
À retenir sur ce week-end hongrois :
- Le manque d’adhérence à l’arrière de la Ducati de Bagnaia est le principal souci.
- Le problème se manifeste particulièrement dans les virages à gauche, sans explication claire.
- Le nouveau revêtement du circuit hongrois accentue les difficultés d’adhérence.
- L’analyse des données des autres pilotes Ducati sera cruciale pour trouver une solution.
- Malgré les difficultés, Bagnaia reconnaît des progrès globaux sur sa moto par rapport à l’an passé.
- Le pilote italien reste confiant pour remonter la pente et viser une bonne qualification.
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