Au Mans, Genesis a levé le voile sur ses ambitions futures, mêlant la compétition de haut niveau à une nouvelle identité de marque axée sur la performance. Loin des objectifs purement commerciaux, la marque coréenne veut créer un mythe, en s’appuyant sur le sport automobile et des concepts audacieux comme Magma.
La journée de vendredi, traditionnellement dédiée au repos avant le grand show des 24 Heures du Mans, fut une occasion parfaite pour la marque Genesis de réfléchir à sa trajectoire. Dans son hospitality, au-delà de la belle performance de sa GMR-001 en piste, les conversations tournaient autour d’une stratégie claire et ambitieuse : se faire un nom, développer son identité de performance avec le label Magma, et bâtir un écosystème automobile qui dépasse les frontières traditionnelles.
L’actualité automobile est ainsi marquée par cette volonté de redonner à la voiture ses lettres de noblesse, celle d’un objet de désir et de sensations fortes. La compétition devient alors un levier essentiel pour y parvenir, et c’est dans cette optique que le programme Magma prend tout son sens.
Onze ans pour un million de véhicules : une croissance rapide mais un défi d’image
Depuis sa création en tant que marque autonome en 2015, Genesis a parcouru un chemin impressionnant. Il lui aura fallu sept ans et huit mois pour franchir le cap du million de véhicules vendus, une performance supérieure à celle de Lexus, Tesla ou Infiniti. Les chiffres de 2026 sont éloquents : 50 000 Genesis écoulées dans le monde, un chiffre d’affaires de 31 milliards de dollars, et une croissance notable de 8,5 % en Amérique du Nord et en Europe. Les ventes de G70, GV70 et GV80 battent des records, et Genesis Motor America affiche vingt mois consécutifs de progression.
Genesis au Mans, la conférence de presse et la révélation des modèles
Pourtant, sur le Vieux Continent, l’ombre de la maison-mère Hyundai plane encore. Genesis peine à forger une identité collective forte, un imaginaire propre qui la distinguerait de ses concurrentes plus établies. Le Mans, avec son aura mythique, pourrait bien devenir le catalyseur de cette transformation.
Hyundai Motor Group : un géant aux multiples facettes
Le Hyundai Motor Group, troisième constructeur mondial avec 7,27 millions de véhicules vendus en 2025, ne se contente pas de produire des voitures. Sean Lee, Global Head de Genesis, et José Muñoz, CEO mondial, insistent sur la création d’un écosystème industriel et technologique de pointe. Cela passe par des investissements massifs dans la robotique avec Boston Dynamics, la conduite autonome via Motional et 42dot, et des partenariats stratégiques avec des géants comme Waymo, Nvidia et Amazon.
Genesis au Mans, la conférence de presse et la révélation des modèles
Face à une concurrence chinoise qui intègre de plus en plus de maillons de sa chaîne de valeur, le groupe coréen mise sur les alliances. Cette stratégie, résolument tournée vers l’Europe et l’Amérique, vise à démontrer la puissance et la solidité financière du groupe. La valorisation boursière en hausse de 275 % en un an et la note « A stable » attribuée par les trois principales agences de notation témoignent de cette robustesse.
Le luxe comme refuge, la performance comme étendard
Le marché automobile traverse une période délicate : les ventes européennes peinent à retrouver leur niveau d’avant la pandémie, la part des constructeurs chinois s’envole, et la guerre des prix sur les véhicules électriques s’intensifie. Dans ce contexte, le segment du luxe, plus résistant aux crises, devient une cible privilégiée. Genesis l’a bien compris, associant le positionnement haut de gamme à l’univers de la compétition.
Magma : l’énergie compressée de Genesis
Le nom « Magma » n’a pas été choisi au hasard. Il symbolise l’énergie contenue, prête à exploser pour transformer. C’est la métaphore de l’identité coréenne de la marque : une passion refoulée qui cherche à se libérer. L’objectif est clair : dépoussiérer l’image de Genesis, souvent perçue comme une alternative bien construite mais manquant d’émotion, et lui insuffler une âme sportive.
Le premier exemple concret est le GV60 Magma. Avec 601 ch (641 ch en mode Boost), un 0 à 100 km/h en 3,4 secondes, un mode drift et un Virtual Gear Shift, il annonce la couleur. Estimé autour de 80 000 €, il ambitionne de devenir pour Genesis ce que la division M est pour BMW : une famille de modèles performants qui s’étendra à toute la gamme. Et si le thermique peut encore y trouver sa place, l’électrique sera au cœur de cette stratégie.
La Magma GT Concept se dévoile sous son plus beau jour
Présentée pour la première fois en novembre 2025, la Magma GT Concept refait surface au Mans, dans une élégante livrée verte. Ce coupé aux lignes épurées, alliant grâce et sportivité, révèle désormais un intérieur soigné. Cuir, surpiqûres apparentes, une instrumentation rappelant les chronomètres de course et l’absence d’un écran central envahissant surprennent agréablement.
Luc Donckerwolke, designer en chef, confirme qu’il s’agit encore d’un concept, mais les informations distillées sont claires : une longueur d’environ 4,70 mètres, un style toujours aussi fluide, et une poupe destinée à abriter un moteur. Et là réside la surprise : une architecture pensée pour le V6 biturbo 3,5 litres, mais aussi pour un potentiel V8 3,2 litres, celui qui équipe déjà l’Hypercar GMR-001. Un clin d’œil à l’Amalfi, mais avec une touche résolument « british », malgré ses origines coréennes.
Si elle devait passer en production, ce serait la première véritable supercar de Genesis, attendue pour fin 2027. Elle est destinée à guider la stratégie performance de la marque pour la prochaine décennie.
La GT3 : un engagement sportif sur le long terme
L’annonce la plus significative venue du Mans est sans doute le concept Magma GT3. Cyril Abiteboul, team principal, a confirmé qu’il s’agit d’une création maison, reprenant des éléments de la GT Concept mais conçue spécifiquement pour la réglementation GT3. Ses proportions de voiture à moteur central et son aérodynamisme soigné témoignent d’une approche sérieuse.
Le développement confié à Oreca, déjà partenaire de l’Hypercar GMR-001 (qualifiée 6e et 9e au Mans), confirme la volonté de Genesis de s’installer durablement dans le paysage du sport automobile international. L’objectif est clair : passer de l’Hypercar au GT3, puis potentiellement à d’autres disciplines, pour bâtir une image de marque synonyme de performance et de succès.
Nouveaux modèles et pari européen pour conquérir le continent
Les 22 nouveaux modèles annoncés d’ici 2030 pour l’Amérique du Nord ne sont pas une simple déclaration d’intention. Le calendrier est déjà serré : GV80 Hybrid en septembre 2026, G80 Hybrid en octobre, GV70 EREV en fin d’année, et le GV90, un SUV amiral 100 % électrique, attendu pour le second semestre 2026, issu de la nouvelle usine d’Ulsan. L’arrivée de l’hybride est stratégique, notamment pour le marché européen, où Lexus a bâti une grande partie de sa réputation grâce à cette technologie.
En Europe, Genesis vise à quintupler ses ventes d’ici 2030. Les investissements sont conséquents : 150 millions d’euros pour le centre technique, 250 millions pour l’usine tchèque, et l’ouverture de concessions dédiées à Almere, ainsi que des Genesis Studio à Édimbourg, Munich et Zurich.













Pendant que ces annonces résonnent, l’équipe Genesis vit intensément la plus palpitante des courses : celle des 24 Heures du Mans, pour boucler sa première participation dans cette épreuve mythique.
- Stratégie de marque : Genesis mise sur le sport automobile et le label Magma pour se différencier et créer une image émotionnelle.
- Ambitieux programme : Le groupe Hyundai Motor investit massivement dans la technologie et les alliances pour renforcer sa position mondiale.
- Positionnement luxe : Face à un marché automobile en crise, Genesis cible le segment premium et le luxe, où la performance est un atout majeur.
- Concepts audacieux : La Magma GT Concept et la GT3 annoncent une nouvelle ère de sportivité pour la marque coréenne.
- Expansion européenne : Des investissements significatifs et une gamme élargie visent à quintupler les ventes sur le continent d’ici 2030.




