Volkswagen, sous la houlette de son PDG nord-américain, n’écarte pas l’idée de commercialiser un pick-up, un segment en plein essor aux États-Unis. Face à des poids lourds comme le Ford F-150 et le Chevrolet Silverado, la marque allemande semble prête à entrer dans la danse. Le contexte économique et les ambitions de la concurrence placent Volkswagen devant un dilemme stratégique : s’infiltrer sur un marché lucratif tout en préservant son identité.
Un marché juteux pour les pick-up
Le segment des pick-up est particulièrement lucratif aux États-Unis. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Ford F-150 et le Chevrolet Silverado se disputent les premières places du classement des véhicules les plus vendus. Cela n’a pas échappé aux autres constructeurs, qui souhaitent également profiter de ce gâteau. Au salon de New York 2026, Hyundai a réaffirmé son intention de développer un pick-up intermédiaire à châssis séparé (body-on-frame) destiné au marché américain d’ici 2030. Dans ce même événement, Kjell Gruner, le patron de Volkswagen Group of America, a clairement laissé entendre que l’idée d’un pick-up « n’est pas exclue ».

Concept Volkswagen Tarok
Les réflexions de Kjell Gruner
Lors d’un point presse avec un groupe restreint de journalistes, Gruner a exposé sa vision sur les pick-up, soulignant l’importance d’un marché aussi vaste :
« Bien sûr, si un marché est de cette taille, on ne peut pas simplement dire : je vais l’ignorer, et nous ne l’ignorons pas. Donc évidemment, nous regardons ça. Nous regardons les pick-up du segment C, du segment B, etc. »
Cette déclaration montre que Volkswagen ne se contente pas de rêver d’un futur pick-up ; ils analysent déjà l’évolution des segments B et C, traditionnellement plus légers et souvent construits avec une structure autoporteuse (unibody). Les références aux modèles comme le Ford Maverick et le Ram Rampage illustrent la volonté de VW de s’inscrire dans cette compétition, même si ce dernier n’est pas encore disponible sur le marché américain.
Une concurrence accrue
Le paysage concurrentiel se diversifie rapidement. Outre les modèles établis tels que le Honda Ridgeline et le Toyota Tacoma, Volkswagen observe également l’émergence d’autres acteurs. Le Hyundai Santa Cruz, par exemple, cesse sa production cette année, tandis qu’un nouveau Ram Dakota devrait faire son entrée l’année prochaine. Subaru pourrait même relancer son modèle Baja.
Le concept Tarok présenté par VW en 2019 était déjà une ébauche de cette orientation. D’ailleurs, la marque a prévu de produire le Tukan pour le marché sud-américain à partir de l’an prochain. La gamme des pick-up semble ainsi se préparer à un éventuel agrandissement.
Choix techniques cruciaux
La question qui se pose désormais est celle du type de châssis que pourrait adopter Volkswagen. Lorsqu’on lui a demandé si un futur pick-up serait autoporteur ou à châssis séparé, Gruner a répondu que « les deux peuvent fonctionner », insistant sur le fait que cela dépendra surtout de l’usage visé :
« Cela dépend un peu de ce que nous voulons en faire, car un châssis séparé aide, bien sûr, si l’on veut un positionnement plus tout-terrain et robuste. »
Pour un usage principalement routier, une structure autoporteuse serait certainement plus adaptée. Actuellement, il semble que Volkswagen n’ait pas de plateforme à châssis séparé prête à être utilisée.

Concept Volkswagen Atlas Tanoak
Motorisation et production
En matière de motorisation, Volkswagen pourrait opter pour une déclinaison du bloc EA888 2,0 litres à quatre cylindres avec ou sans assistance hybride. L’assemblage pourrait avoir lieu dans l’usine de Chattanooga (Tennessee), permettant ainsi d’éviter les lourds droits de douane liés à l’importation.
Cette approche pragmatique semble être en adéquation avec les ambitions américaines du constructeur allemand. Reste à savoir si cette stratégie sera suffisante pour convaincre les amateurs de pick-up toujours en quête d’innovations.
Scout : une alternative distincte ?
Gruner n’a pas précisé si le futur pick-up serait lié à la nouvelle offre de Scout. Il a simplement souligné que Scout et Volkswagen sont « des entreprises distinctes » avec « des décisions produits distinctes ». Cela ouvre la porte à des synergies potentielles sans toutefois engager l’identité propre à chaque marque.
En résumé
- Volkswagen envisage sérieusement la production d’un pick-up.
- Kjell Gruner confirme que « un pickup n’est pas exclu ».
- Le segment des pick-up est en pleine expansion aux États-Unis.
- Une motorisation basée sur le bloc EA888 pourrait être envisagée.
- Les concurrents se diversifient avec de nouveaux modèles comme le Ram Dakota.
