Un silence qui en dit long. L’incident entre Max Verstappen et le journaliste Giles Richards a révélé des zones d’ombre sur la réactivité de la FIA. Alors que les tensions montent sur le paddock, l’absence de réaction officielle interpelle.
Incident au Grand Prix du Japon
L’ancien pilote de Formule 1 et ambassadeur Red Bull, David Coulthard, s’est interrogé sur l’absence de réaction de la part de la FIA après l’incident qui a vu Max Verstappen expulser un journaliste du point presse organisé par l’écurie le jeudi du Grand Prix du Japon. Lors de cette session de questions-réponses, le Néerlandais a interrompu l’intervenant, précisant qu’il ne répondrait à aucune question tant que Giles Richards, du Guardian, ne quittait pas la salle.
Au terme d’un bref échange – où Verstappen a justifié son attitude par une question posée lors de la conférence de presse d’Abu Dhabi l’an passé –, Richards a quitté la salle, permettant ainsi à la séance de se poursuivre. Cet incident, largement rapporté par les médias, a suscité des réactions vives parmi les observateurs et les fans. Il est rapidement devenu évident que le comportement de Verstappen n’avait pas reçu l’assentiment de Red Bull, qui a tenté d’apaiser les tensions.
David Coulthard s’exprime
Dans le podcast Up To Speed, Coulthard a déclaré : « Voilà comment je vois les choses : ce n’est probablement pas quelque chose dont Max sera fier après coup. Même s’il a tout à fait le droit de ne pas répondre à une question, il est inhabituel de demander à quelqu’un de quitter ce genre d’environnement. » Le ton désabusé du vétéran rappelle à quel point la pression médiatique peut influencer le comportement des pilotes.
Coulthard a également exprimé sa surprise face à l’inaction de la FIA : « Je n’ai rien vu qui indique qu’il y ait eu une quelconque réprimande. En gros, s’il avait prononcé le mot ‘merde’, il aurait été sanctionné d’une amende. » Cette situation illustre un paradoxe dans les règlements : lorsque les pilotes violent le langage approprié en milieu contrôlé, ils sont sanctionnés, mais pas quand ils se trouvent dans un environnement moins formel.
Les environnements contrôlés selon la FIA
Il est crucial de noter que cette session de questions-réponses n’était pas une conférence de presse officielle de la FIA – où l’instance veille au grain sur le langage des pilotes – mais un point presse organisé dans l’hospitalité de Red Bull. En effet, la FIA distingue, depuis l’an passé dans son Code Sportif International (CSI), entre environnements dits « contrôlés » et « non contrôlés » pour appliquer sa politique anti-grossièretés.
Selon le règlement (Annexe B du CSI), les « environnements contrôlés » incluent les conférences de presse, les interviews et les podiums. À l’inverse, les « environnements non contrôlés » englobent les communications radio entre la voiture et l’équipe et d’autres interactions moins formelles.
Cela soulève des questions sur l’application des sanctions dans des contextes variés. Les infractions potentielles commises dans des environnements non contrôlés peuvent être considérées comme des conversations privées, sauf si elles comportent des propos racistes ou discriminatoires.
Difficultés à encaisser les critiques

Max Verstappen et David Coulthard lors du GP d’Australie 2026.
Puis Coulthard a ajouté : « Je ne peux que faire le parallèle avec l’époque où je courais moi-même ; je n’ai bien sûr jamais remporté les titres mondiaux que Max a remportés, mais j’ai sans aucun doute fait l’objet de critiques de la part de divers journalistes. Et il est très difficile de ne pas le prendre personnellement. »
L’ancien pilote met en lumière une réalité souvent ignorée : la pression médiatique. Il confie avoir ressenti des critiques sous-jacentes qui touchaient à son intégrité en tant que pilote. « J’ai donc bien sûr reçu des critiques, et il y avait toujours quelque chose de sous-jacent ; disons que s’ils remettaient en question mes capacités en qualifications, c’était une question légitime. »
Il poursuit : « Certains journalistes étaient beaucoup plus méprisants. C’est leur droit, mais il est difficile de ne pas prendre cela personnellement. » Une réflexion qui résonne chez tous ceux qui ont subi un jugement public.
Des louanges aux critiques : un cycle inévitable
Coulthard évoque également la situation actuelle de Kimi Antonelli, admiré par tous pour ses performances éclatantes. « Sa mère collectionnera les coupures de journaux, si tant est que l’on fasse encore cela aujourd’hui. Mais aussi sûr qu’il soit loué aujourd’hui, il sera critiqué à un moment ou à un autre, surtout s’il commet des erreurs. »
Ce cycle d’éloges et de critiques fait partie intégrante du monde compétitif du sport automobile. « Je me souviens qu’un journaliste avait écrit que ‘David a une capacité incroyable à parler de l’incident comme s’il n’était pas au volant à ce moment-là’. Cela m’a vraiment stupéfié. »
Coulthard conclut avec un regard lucide sur sa propre expérience : « Mais c’est difficile d’encaisser ces critiques publiques. » Une vérité universelle dans un milieu où chaque geste est scruté.
En résumé
- Incident marquant entre Verstappen et un journaliste au GP du Japon.
- Coulthard critique l’inaction de la FIA face à cette situation.
- Les environnements contrôlés et non contrôlés selon le Code Sportif International.
- Difficultés psychologiques liées aux critiques médiatiques pour les pilotes.
- Le cycle inévitable d’éloges et critiques dans le monde du sport automobile.
