Les deux pilotes Aprilia s’affrontent pour la tête du championnat MotoGP, une situation inédite pour le constructeur italien. Si la rivalité promet d’être intense, le patron Massimo Rivola a posé une condition simple pour préserver l’harmonie : le respect mutuel. Une stratégie qui pourrait bien faire la force de la marque face à la concurrence.
Aprilia assume son nouveau statut de référence
Le Grand Prix de France a marqué un tournant pour Aprilia. Non seulement Jorge Martín a signé sa première victoire avec la RS-GP, mais le constructeur a surtout réalisé son tout premier triplé historique en MotoGP. Marco Bezzecchi, déjà solide leader, a une nouvelle fois démontré sa constance en terminant deuxième, renforçant ainsi sa position au sommet du classement des pilotes. Derrière ce duo, la concurrence, notamment Ducati, semble un peu moins fringante, d’autant que Marc Márquez est toujours en convalescence. Aprilia, autrefois à la traîne, s’est métamorphosée en quelques années pour devenir la nouvelle référence, une position qui ne semble pas inquiéter Massimo Rivola, le directeur général d’Aprilia Racing.
En MotoGP, la performance est souvent le fruit d’une stratégie audacieuse. Rivola, bien qu’en position de force, préfère mettre l’accent sur la cohésion interne plutôt que sur la pression. « C’est un défi agréable à affronter, » a-t-il déclaré au Mans, face à la presse internationale. « Je ne suis pas inquiet, en tout cas pas pour le moment ! »

L’ambiance reste bonne entre Marco Bezzecchi et Jorge Martín.
Une règle simple : le respect avant tout
Le message de Massimo Rivola est clair : tant que le respect mutuel sera de mise entre Marco Bezzecchi et Jorge Martín, ainsi qu’envers les équipes et le personnel, Aprilia ne s’inquiétera pas d’un éventuel duel interne. « Ils connaissent la règle simple que nous avons : c’est le respect mutuel, le fait de respecter les gens qui travaillent dans le garage, de respecter les gens qui travaillent à Noale et de se respecter entre eux, » a précisé le dirigeant. « Tant qu’ils suivent cette règle simple, il n’y aura aucun problème. Évidemment, il n’y en a qu’un qui peut gagner. Si c’est une Aprilia, ça me va ! »
La philosophie de Rivola est de laisser ses pilotes se battre, mais dans un cadre défini. Il anticipe qu’il n’aura pas besoin de hausser le ton. « Je m’énerve quand il n’y a pas de respect entre les gens et ça n’est pas le cas jusqu’ici. » Cette approche vise à maintenir une émulation positive, où chaque pilote pousse l’autre à donner le meilleur de lui-même, renforçant ainsi la performance globale de la marque. L’objectif est clair : une Aprilia qui gagne, peu importe le nom du pilote.
Martín et Bezzecchi : une émulation positive, pas une rivalité
Les deux principaux intéressés semblent parfaitement comprendre les enjeux. Loin de toute animosité, Jorge Martín considère Marco Bezzecchi comme la référence actuelle chez Aprilia. « Marco est le plus fort du plateau en ce moment selon moi, » a-t-il confié en conférence de presse après sa victoire. Il voit en Bezzecchi une source de motivation, une émulation positive qui les pousse à se surpasser mutuellement. « Il est ma motivation. Quand il est bon, il me permet de tirer le meilleur de moi-même. Il est ma référence et on a la même moto. »
Cette dynamique est vue comme la clé du succès actuel d’Aprilia. « On a des commentaires très similaires dans ce que l’on teste. S’il teste quelque chose de bien, c’est également bien pour moi, » ajoute Martín. « C’est pour cette raison qu’on se rend toujours meilleurs mutuellement et qu’on est performants. C’est la clé. J’espère que ce sera comme ça toute la saison parce que ça voudra dire qu’on sera un cran devant les autres. » Marco Bezzecchi partage cette vision, soulignant que la performance de son coéquipier l’incite à élever son propre niveau. L’idée est de maintenir une pression saine qui bénéficie à toute l’équipe.

Marco Bezzecchi et Jorge Martín ont célébré leur doublé ensemble.
Un premier duel au sommet, sans accroc
Le GP de France a offert un aperçu de cette saine rivalité. Plus rapide en fin de course, Jorge Martín a dû user de patience pour dépasser Marco Bezzecchi. La raison ? Ils pilotent la même machine, avec des forces et faiblesses similaires, rendant chaque manœuvre délicate. « Je sais qu’en ce moment, Marco est probablement le plus fort quand il mène, donc je n’ai pas du tout pensé à la victoire, mais dès que je suis revenu sur lui, pour le doubler… Peut-être qu’avec un autre pilote, il ne m’aurait fallu qu’un tour. Avec lui, il m’a fallu environ trois tours pour comprendre où doubler, » a expliqué Martín.
De son côté, Bezzecchi a géré la situation avec intelligence, sans prendre de risques inconsidérés. « Je n’ai pas voulu prendre trop de risques, je n’ai pas voulu forcer pour, au final, me faire peut-être dépasser un tour plus tard, » a-t-il admis. Massimo Rivola, qui observait la scène, a reconnu avoir ressenti une certaine tension, craignant une riposte trop agressive de Bezzecchi. Finalement, il a été rassuré par la maturité dont ont fait preuve ses pilotes. « Il a été suffisamment malin pour comprendre que Jorge était tout simplement plus rapide que lui en fin de course, et il s’est contenté de la deuxième place. C’est la meilleure façon d’aborder la course dans un championnat dans la durée. »

Marco Bezzecchi n’a pas pu rester devant Jorge Martín au GP de France.
La gestion de la pression, un défi pour l’avenir
À mesure que la saison avance, la pression inhérente à la course au titre va inévitablement s’intensifier. Pour Marco Bezzecchi, qui n’a jamais lutté pour un championnat du monde, cela représente un nouveau défi. Massimo Rivola ne s’en inquiète pas outre mesure, misant sur l’intelligence et la maturité du pilote italien. « Il est prêt, » assure le PDG d’Aprilia Racing. « Il a un coéquipier qui est champion du monde, et ça n’est pas par hasard, et qui a l’avantage d’avoir déjà gagné et perdu un titre en se battant jusqu’au bout. Alors il est certain que dans la gestion d’un championnat, Jorge est avantagé de ce point de vue-là. »
Cependant, Rivola souligne la grande intelligence de Bezzecchi : « Aussi instinctif peut-il sembler, Marco est un garçon très intelligent. Il n’y a pratiquement rien besoin de lui dire. Il suffit de deux mots et il sait déjà… » La clé sera sa capacité à maintenir son attitude exemplaire, même dans les moments difficiles. « Ce qui m’intéresse toujours beaucoup, c’est l’attitude du pilote avec son équipe, tant quand les choses se passent bien que quand elles ne se passent pas bien. S’il y a une période où Marco est plus en difficulté, il sera fondamental qu’il reste le Marco que nous avons connu depuis un an et demi : exemplaire, mûr, solide. » Rivola se montre optimiste quant à la capacité des deux pilotes à gérer la pression, une condition sine qua non pour qu’Aprilia continue de briller.
Ce qu’il faut retenir du duel Aprilia :
- Une stratégie axée sur le respect : Massimo Rivola impose une règle simple pour préserver l’harmonie : le respect mutuel entre les pilotes et les équipes.
- Émulation positive : Bezzecchi et Martín se voient comme des sources de motivation mutuelle, poussant l’autre à se dépasser pour le bien de l’équipe.
- Gestion intelligente de la course : Le duel au Mans a montré leur capacité à se battre sans agressivité excessive, privilégiant la performance globale.
- Maturité des pilotes : Malgré l’enjeu du championnat, les deux pilotes font preuve d’une maturité qui rassure la direction d’Aprilia.
- Force collective : Cette approche vise à faire d’Aprilia une équipe unie et performante, capable de rivaliser au plus haut niveau sur la durée.
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