Le Grand Prix de Catalogne de MotoGP démarre sur les chapeaux de roues pour KTM. Les deux pilotes de l’équipe officielle, Pedro Acosta et Brad Binder, ont signé des performances remarquées lors des essais du vendredi, plaçant la marque autrichienne en bonne position. Pourtant, le jeune prodige espagnol, malgré son meilleur temps, préfère rester prudent, signe que le chemin vers la victoire est encore semé d’embûches.
KTM confirme son potentiel sur le sec
Dès les premiers essais du vendredi à Barcelone, KTM a clairement affiché ses ambitions. Pedro Acosta, le prodige rookie, a survolé la séance en décrochant le meilleur temps, démontant une nouvelle fois son incroyable adaptation à la catégorie reine. Mais il n’était pas seul : son coéquipier, Brad Binder, a également impressionné en se classant dans le trio de tête. Une performance collective qui confirme le regain de forme de la RC16, particulièrement à l’aise sur un circuit où l’adhérence est un facteur clé.
Ce retour en force sur le tracé catalan n’est pas anodin. Il y a seulement huit mois, KTM y avait déjà signé un doublé lors des essais du vendredi, une performance qui avait marqué les esprits. La RC16 semble avoir trouvé ses marques sur ce type de configuration, offrant à ses pilotes une plateforme solide pour le reste du week-end. Même Enea Bastianini, sur une Ducati, a flirté avec le top 10 avant de manquer la qualification directe pour la Q2, soulignant la difficulté de la tâche pour les machines plus dépendantes d’une adhérence maximale.
Acosta, un succès doux-amer
Malgré sa pole position provisoire et un rythme de course prometteur, Pedro Acosta ne masque pas une certaine réserve. « Il reste beaucoup de choses à clarifier dans le stand, donc c’est un peu doux-amer », a confié l’Espagnol à la presse. Si la vitesse est au rendez-vous, le jeune pilote avoue ne pas se sentir pleinement en confiance. « Notre position est plutôt bonne, mais disons que je ne me sens pas si rapide que ça », a-t-il précisé, soulignant la nécessité d’un travail approfondi pour définir la bonne direction technique.
Ce sentiment mitigé s’explique en partie par l’absence de son responsable électronique habituel, retenu par la naissance de son enfant. Ce contretemps, bien que compréhensible, rend le travail de réglage plus graduel et moins fluide que d’habitude. « Ça fait que le travail est plus graduel, disons, alors que normalement c’est plus fluide », explique Acosta. Néanmoins, il se réjouit de la solidarité au sein du team, avec de nombreux membres du stand venus apporter leur soutien. « Je suis content de voir que tout KTM est derrière moi », a-t-il ajouté.
Binder retrouve des couleurs
Pour Brad Binder, cette journée est une bouffée d’air frais. Le Sud-Africain a décroché sa deuxième qualification directe en Q2 de la saison, une performance qui le replace dans la course après une période difficile. Sous pression pour confirmer son potentiel, Binder semble avoir trouvé une voie prometteuse grâce aux récentes évolutions apportées à sa RC16. « Je pense que la base qu’on a trouvée au Mans s’applique vraiment bien ici aussi », a-t-il indiqué.
Le pilote Red Bull KTM Factory Racing met en avant des améliorations notables, notamment au niveau du train avant, qui reste « un peu plus au sol, plus ancré ». À l’arrière, il parvient à emmener « un peu plus de vitesse de passage ». Ces ajustements lui rappellent ses sensations du Mans, où une progression similaire avait été constatée. « La moto a l’air mieux, tout a l’air mieux. Je suis très content d’être dans le top 3 », a-t-il affirmé, plein d’optimisme pour la suite du week-end.
Les Ducati à la peine dans le trafic
Si KTM a brillé, d’autres constructeurs ont connu des fortunes diverses. Les Ducati, souvent redoutables sur piste sèche, ont peiné à confirmer leur potentiel dans le trafic des essais. Enea Bastianini, après avoir montré un bon rythme en début de séance, a vu ses espoirs de Q2 s’envoler dans les dernières minutes. Le « Bestia » échoue à seulement huit centièmes de la dixième place, illustrant la bataille acharnée pour l’accès direct à la phase finale des qualifications.
Cette situation souligne la difficulté de trouver le bon compromis sur ce circuit de Barcelone-Catalogne, où l’adhérence évolue constamment et où la gestion du trafic est primordiale. Les machines italiennes, réputées pour leur puissance et leur agilité, semblent avoir un peu plus de mal à exprimer pleinement leur potentiel lorsque les conditions ne sont pas optimales ou lorsque la concurrence est aussi affûtée.
KTM, une carte à jouer pour le Grand Prix
Au final, cette première journée d’essais à Barcelone place KTM en position d’acteur majeur pour le week-end. Avec deux pilotes dans le top 3 et des retours positifs sur les évolutions techniques, la marque autrichienne semble avoir trouvé une voie intéressante. Pedro Acosta, malgré ses réserves, reste un prétendant sérieux, tandis que Brad Binder prouve qu’il est loin d’avoir dit son dernier mot.
Le potentiel de la RC16 sur ce circuit est indéniable, et il sera intéressant de voir comment les pilotes parviendront à exploiter cette dynamique lors des prochaines séances. Si les réglages électroniques d’Acosta se précisent et que Binder maintient sa forme, KTM pourrait bien jouer un rôle déterminant dans les courses du dimanche, confirmant ainsi sa place parmi les forces vives du MotoGP.
À retenir de cette première journée à Barcelone :
- KTM affiche une forme éclatante avec Acosta et Binder aux avant-postes.
- Pedro Acosta, malgré son meilleur temps, reste prudent sur ses sensations.
- Brad Binder confirme son retour en forme grâce aux évolutions de la RC16.
- Les Ducati, à l’image de Bastianini, peinent à se qualifier directement pour la Q2.
- Le circuit de Barcelone-Catalogne met en lumière l’importance de l’adhérence et de la gestion du trafic.
- KTM se positionne comme un sérieux prétendant pour le week-end catalan.



