MotoGP

MotoGP : Zarco, entre espoirs de podium et galères de réglages à Barcelone

Johann Zarco s’est qualifié pour la Q2 du Grand Prix de Catalogne, mais le chemin fut loin d’être une promenade de santé. Malgré un chrono arraché dans les dernières secondes, le Français exprime des frustrations sur le comportement de sa Honda, pointant du doigt des difficultés récurrentes dans les longs virages qui l’empêchent de pleinement exploiter son potentiel.

Une qualification arrachée dans les ultimes instants

La journée de vendredi à Barcelone a débuté sous des auspices mitigés pour Johann Zarco. Si le tracé catalan lui réussit habituellement, le pilote français a dû batailler ferme pour décrocher son ticket pour la Q2. Son cinquième temps, obtenu dans le dernier tour, témoigne d’une lutte acharnée contre le chronomètre et contre sa propre machine. Ce résultat, bien qu’encourageant sur le papier, cache des interrogations persistantes sur les réglages de sa Honda.

« Je suis plutôt content du chrono et de l’avoir fait dans le dernier tour. C’était vraiment bien », a-t-il confié. « C’est une piste que j’apprécie vraiment et je pense que mon pilotage colle bien à cette piste. Je m’attendais à un peu mieux de la part de la moto sur cette piste. » La difficulté vient du manque de grip général, mais surtout d’un comportement de la moto qui ne permet pas de compenser cette adhérence limitée.

Johann Zarco sent que la Honda sollicite trop le pneu arrière.

La Honda de Johann Zarco semble trop solliciter son pneu arrière sur les portions rapides.

Les longs virages, le talon d’Achille de la Honda

Le principal grief de Zarco concerne le comportement de sa moto dans les longs virages, caractéristiques du circuit de Barcelona-Catalunya. « Je pense que oui. C’est le principal problème, qui oblige les pilotes Honda à en faire plus pour que la moto reste dans le virage. En faisant ça, je pense qu’on sollicite trop le pneu arrière », explique-t-il. Cette sollicitation excessive du pneu arrière limite la motricité et empêche le pilote de se concentrer sur son rythme de course.

Cette gestion délicate du grip, couplée à un manque de « turning » – la capacité de la moto à pivoter facilement en courbe –, rend la tâche ardue. « Je me dis ‘Bon, j’essaie de ne pas cramer mon pneu’, avec un espoir de continuer à améliorer sur le troisième tour, mais peu d’espoir parce qu’avec déjà trois tours déjà sur le pneu, ça va être compliqué », relate le pilote, décrivant la difficulté de maintenir un rythme soutenu sur la durée d’un relais.

Une moto « récalcitrante » qui ouvre des pistes

L’analyse de Zarco révèle une situation complexe : une moto qui, sur le papier, devrait être la mieux réglée, se révèle finalement la moins performante. « Dans le box, c’était intéressant parce que j’ai choisi une moto pour aller faire le time attack à la fin, parce que la moto sur laquelle on était censés rouler le mieux, il y a un truc qui ne marchait pas dessus. Ça va être intéressant de l’analyser : pourquoi autant de différences alors que sur le papier, elles sont quasiment identiques ? »

Cette disparité de comportement entre deux motos apparemment similaires ouvre des pistes de réflexion et de développement pour l’équipe. « Des idées, il y en a toujours. Après, savoir si elles fonctionnent ou pas… », tempère le pilote, conscient que les solutions ne sont pas immédiates. L’espoir réside dans la compréhension de ces différences pour trouver le réglage idéal.

Johann Zarco a réussi à entrer en Q2 à Barcelone.

Malgré les problèmes, Johann Zarco se positionne dans le top 10 pour la course.

L’objectif podium reste vivace

Malgré ces difficultés, l’ambition de Johann Zarco demeure intacte. Le pilote est convaincu que si les problèmes de réglages sont résolus, un résultat de premier plan est à sa portée. « Je pense que la piste, physiquement, on va dire qu’elle est moins difficile que celle du Mans. Au Mans, le pilotage que j’ai réussi à faire le vendredi, c’était beaucoup plus une question de feeling. Je n’avais presque pas de problèmes, alors que là, des problèmes, on en a déjà tellement ! »

« Je pense que le fait qu’on avait deux sensations, une moto qui fonctionne et une moto qui ne fonctionne pas, ça va nous donner de bonnes infos. Je répète, c’est une piste que j’aime, si j’arrive à choper ce que je veux, c’est pour faire podium. » Cette déclaration d’intention souligne la détermination du Français à transformer ses frustrations en performances.

Des virages clés à maîtriser

Pour atteindre cet objectif, certains secteurs du circuit catalan devront être impérativement domptés. Zarco identifie le dernier virage et le virage numéro 9 comme des points cruciaux. « Le dernier et le 9. Je pense que c’est sur deux virages », précise-t-il.

Il ne s’agit pas tant de la mise sur l’angle prolongée, mais plutôt des changements de direction plus vifs où la précision est essentielle. « Dans les endroits où il faut tourner en étant un peu plus précis, comme le 9 et le 14, je pense que là, on perd du temps. » La capacité à améliorer le comportement de la Honda dans ces portions déterminantes sera la clé pour Zarco et son équipe.

Johann Zarco est dans le coup malgré une journée imparfaite au GP de Catalogne.

Le tracé de Barcelone-Catalogne, avec ses longues courbes, met en exergue les difficultés de la Honda.

Ce qu’il faut retenir du vendredi de Zarco à Barcelone :

  • Qualification en Q2 : Zarco a décroché sa place pour la séance de qualification principale, malgré une journée imparfaite.
  • Problèmes de comportement : Des difficultés persistent dans les longs virages, limitant la gestion du grip et la motricité.
  • Différences de réglages : Des écarts de performance notables entre deux motos similaires ouvrent des pistes d’analyse.
  • Objectif podium : Le pilote français reste déterminé à viser les premières places s’il parvient à résoudre ses soucis techniques.
  • Secteurs clés : La maîtrise des virages 9 et 14 sera essentielle pour améliorer son chrono et son rythme de course.
  • Compétitivité serrée : La lutte pour les premières places s’annonce intense, le huitième étant à un dixième seulement.

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