Lewis Hamilton n’a pas décroché la pole position tant espérée pour Ferrari à Monaco. Malgré un week-end prometteur, le septuple champion du monde s’est retrouvé désemparé par le comportement de sa SF-24, radicalement différent de celui observé la veille. Une volte-face technique qui profite à Kimi Antonelli, auteur d’une performance sensationnelle sur sa Mercedes.
Monaco, théâtre de la troisième pole position de Kimi Antonelli en carrière, a réservé son lot de surprises ce samedi. Alors que Ferrari semblait avoir les cartes en main pour signer la pole, Lewis Hamilton, pourtant en verve depuis le début du week-end, s’est retrouvé à des années-lumière du compte. Sa Ferrari, métamorphosée en cours de qualifications, a rendu sa tâche quasi impossible, le reléguant à une décevante troisième place, derrière le prodige italien et Max Verstappen.
Un vendredi d’illusion, un samedi de désillusion
Après une solide performance au Canada, Lewis Hamilton abordait le Grand Prix de Monaco avec un optimisme renouvelé. Les premières séances d’essais libres dans les rues de la Principauté semblaient confirmer cette tendance : la SF-24 se montrait vélocité, et la pole position, voire même une première ligne 100% Ferrari, paraissait à portée de volant. Charles Leclerc, bien que victime d’un accident dans sa dernière tentative en Q3, a longtemps lutté pour la pole. Mais pour Hamilton, le scénario fut bien différent.
Au cœur de la séance qualificative, le Britannique a constaté une dégradation soudaine et inexpliquée du comportement de sa monoplace. « Nous étions vraiment très forts tout au long du week-end et nous n’avons pratiquement rien changé sur la voiture pendant la nuit », a-t-il confié à Sky Sports, visiblement déconcerté. « Mais, pour une raison ou une autre, nous avons perdu un peu de performance aujourd’hui en EL3. Je pense aussi que d’autres ont franchi un cap, en particulier Mercedes. »
Les premières minutes de qualification ont confirmé ses craintes. « Notre séance de qualifications n’a pas été un long fleuve tranquille. Ce n’était pas comme hier, où nous enchaînions les bons tours les uns après les autres. J’étais vraiment loin du compte en Q1, avec beaucoup de difficultés d’équilibre », a-t-il ajouté, peinant à cacher sa frustration.

Lewis Hamilton a dû effectuer de nombreux changements aérodynamiques sur sa Ferrari en qualifications, une stratégie qui a fini par payer, mais trop tard.
Des ajustements drastiques pour retrouver un semblant de rythme
Face à cette perte de performance, l’équipe Ferrari et Lewis Hamilton ont dû opérer des changements radicaux sur la voiture. « En Q2, j’avais encore des problèmes d’équilibre. J’ai dû effectuer de très gros changements au cours de la séance pour essayer de reprendre le contrôle de la voiture », a expliqué le pilote. « Au final, je pense que nous avons retiré de la performance à la monoplace au fil de la qualification. Nous avons notamment retiré beaucoup d’appui aérodynamique. C’est vraiment une surprise. »
Ces modifications, bien que nécessaires, ont eu pour effet de rendre la SF-24 « totalement différente » de celle qu’il pilotait la veille. « De manière générale, pour aller plus vite, nous avions besoin de davantage d’appui à l’avant », a précisé Hamilton. « Puis, en qualifications, nous nous sommes retrouvés avec beaucoup trop d’avant, au point que j’ai dû retirer l’équivalent de dix crans d’aileron avant pour une raison que nous ne comprenons pas encore. »
Ces ajustements tardifs ont permis de retrouver un certain équilibre pour son ultime tentative en Q3, mais le mal était fait. « Une fois ces ajustements effectués, la voiture est devenue un peu plus saine lors de mon dernier tour en Q3. Mais j’aurais eu besoin de cet équilibre dès la Q1 pour pouvoir construire ma séance à partir de là, car tout repose sur la confiance. Cette confiance avait complètement disparu en Q1 et j’ai ensuite essayé de récupérer ce que je pouvais. »
Un mystère technique qui interroge
Le principal enseignement de cette séance est l’incapacité de Ferrari à comprendre ce changement radical de comportement entre vendredi et samedi. « Je ne pense pas que nous ayons pris la mauvaise direction avec les réglages. C’est justement ça le problème », a admis Hamilton. « Encore une fois, il s’agissait de modifications infimes [faites en qualifications] : un millimètre par-ci, un millimètre par-là. Vraiment des ajustements minimes. »
Malgré la confusion, le pilote britannique reste convaincu que l’équipe a pris les bonnes décisions techniques, rendant le phénomène d’autant plus déroutant. « Mais nous devons comprendre ce qui a changé, parce que la voiture était complètement différente de ce qu’elle était auparavant. Pour une raison quelconque, je n’avais plus du tout d’arrière, alors que j’avais eu un très bon équilibre pendant la majeure partie du week-end. » Ce mystère technique pourrait avoir des implications importantes pour la suite de la saison, si Ferrari ne parvient pas à identifier et corriger la cause de ces variations.
Antonelli, la révélation monégasque
Pendant ce temps, Kimi Antonelli a brillé de mille feux. Le jeune pilote Mercedes, en pole position pour la troisième fois de sa carrière, a démontré une maîtrise impressionnante dans les rues étroites de Monaco. Sa performance confirme le regain de forme de l’écurie allemande et place le prodige italien en position idéale pour la course.
Malgré la frustration de ne pas avoir pu se battre pour la pole, Lewis Hamilton reconnaît la qualité de la performance de ses rivaux. « Je suis relativement satisfait de cette troisième place », a-t-il confié. « Évidemment, c’est la pole que je voulais vraiment décrocher, et j’avais le sentiment que l’équipe méritait enfin de l’obtenir. Je pense qu’avec le rythme que nous avions hier, nous aurions pu être plus proches. Après, ces gars-là ont vraiment signé des temps incroyables à la fin, donc bravo à eux. »
L’objectif pour Ferrari et Hamilton est désormais clair : analyser les données, comprendre les raisons de cette volte-face technique et se concentrer sur la course. « Nous allons attaquer fort demain. J’espère que nous pourrons suivre leur rythme et, qui sait, peut-être que nous réussirons un très bon départ. »
Ce qu’il faut retenir de ces qualifications à Monaco
- La pole inattendue pour Antonelli : Le jeune pilote Mercedes signe sa troisième pole de la saison, confirmant la forme de son écurie.
- Hamilton décontenancé : Le septuple champion du monde n’a pas trouvé le rythme de la veille, victime d’un comportement imprévisible de sa Ferrari.
- Le mystère Ferrari : L’équipe peine à expliquer le changement radical de comportement de la SF-24 entre les essais et les qualifications.
- Une course ouverte : Malgré la pole d’Antonelli, la stratégie et la gestion des pneumatiques pourraient jouer un rôle clé dans le dénouement de ce Grand Prix.
- Le retour de Mercedes : La performance d’Antonelli confirme le regain de forme de l’écurie allemande, qui pourrait jouer les premiers rôles.
Articles liés : McLaren F1
Sélection d’articles, guides et conseils sur McLaren F1.

F1 : McLaren MCL40, la déception confirmée pour Norris
La saison 2026 de Lando Norris s’annonce comme l’une des plus décevantes pour un champion en titre depuis…

F1 : Verstappen surpris par sa première ligne à Monaco, la prudence est de mise
Ce n’était pas gagné. Alors qu’il redoutait un week-end difficile sur le Rocher, Max Verstappen a finalement décroché…

F1 : Gasly, 9e à Monaco, savoure un « très beau tour » synonyme de plafond de verre
Pierre Gasly s’est extirpé du trafic monégasque pour décrocher une prometteuse neuvième place sur la grille du Grand…

F1 – Monaco : Hadjar cinquième, une pole position à aller chercher malgré la méfiance
À Monaco, la cinquième place d’Isack Hadjar sur la grille de départ de la F1 a un goût…

F1 2026 à Monaco : Verstappen en pole, Antonelli surprend !
La grille de départ du Grand Prix de Monaco 2026 est tombée, et elle promet déjà un spectacle…

F1 : Audi ouvre la porte aux V8, mais le turbo reste le maître mot
La Formule 1 prépare déjà l’après-2026 et les discussions sur les futurs règlements moteurs, potentiellement dès 2030, font…



