Le MotoGP entre dans une nouvelle ère en 2027 avec des changements majeurs. Réduction de la cylindrée, nouveaux pneus Pirelli et refonte aérodynamique, autant de défis à relever pour les constructeurs. Sebastian Risse, directeur technique de KTM, nous éclaire sur ces évolutions qui promettent de redéfinir le championnat.

Sebastien Risse

Un règlement bouleversé

Depuis quelques années, le MotoGP a évolué dans un cadre réglementaire relativement stable. Les moteurs de 1000cc, introduits en 2012, et Michelin comme fournisseur unique de pneumatiques depuis 2016 ont contribué à cette continuité. Toutefois, les règlements concernant les châssis et l’aérodynamique ont peu varié, à l’exception notable de l’interdiction du holeshot device à l’avant en dehors des phases de départ, instaurée en 2023.

Cependant, tout cela va changer avec la refonte complète du règlement pour 2027. Les moteurs passeront à des blocs de 850cc, plus compacts, tandis que Pirelli remplacera Michelin comme fournisseur exclusif de pneus. Cette évolution s’accompagnera également d’une réduction significative de l’appui aérodynamique et de l’interdiction totale des variateurs de hauteur. En somme, c’est un véritable tremblement de terre technique qui se prépare.

Ces changements forcent les cinq principaux constructeurs à renforcer leurs investissements pour développer une moto de nouvelle génération tout en continuant à faire évoluer les modèles actuels. Pour cela, il est crucial de bien définir le concept dès le départ afin d’éviter toute erreur d’appréciation dans cette transition.

KTM en première ligne

Avant même le lancement de la saison 2026, KTM a pris les devants en testant son moteur pour 2027 sur piste en décembre dernier. Honda et Yamaha ont rapidement suivi, tandis que Ducati vient tout juste d’engager ses essais et qu’Aprilia se prépare également à prendre la route.

Pour Sebastian Risse, ce nouvel ensemble réglementaire représente un défi et une opportunité. « La clé est d’assurer une synergie parfaite entre le châssis, le moteur et les pneus », explique-t-il dans une interview accordée à Motorsport.com.

« Ce sont trois éléments indissociables. Le moteur et l’aérodynamique doivent fonctionner ensemble, mais il ne faut pas oublier les pneus », ajoute-t-il. Risse souligne également que la puissance doit être judicieusement exploitée : « La puissance est comparable à un budget : il faut savoir où l’investir. »

2027 KTM 850cc MotoGP engine

Le moteur de 850cc que KTM prépare pour la saison MotoGP 2027.

Une harmonie avec les pneus Pirelli

Un changement significatif accompagne cette nouvelle réglementation : le passage des pneus Michelin aux pneus Pirelli. Bien que Pirelli ait déjà mené des essais avec les motos actuelles, les spécifications définitives des pneus pour 2027 restent encore à confirmer.

Les prototypes seront soumis à des tests tout au long de l’année, avec une évolution continue des pneus qui pourrait influencer leur comportement sur circuit.

« Tout doit fonctionner en harmonie avec ces nouveaux pneus. C’est un domaine où nous avons encore beaucoup à apprendre », souligne Risse. « Nous avons testé ces pneus pour la première fois lors du test de Misano et sommes plutôt satisfaits jusqu’à présent. »

Il est évident que cette interaction entre le moteur, le châssis et les pneus sera cruciale pour réussir cette transition.

L’appui n’est pas tout

Avec la réduction de la cylindrée, il est inévitable que les MotoGP de 2027 développent moins de puissance initialement. Parallèlement, l’aérodynamique sera également revue à la baisse : les motos auront des faces avant plus étroites, ce qui visera à réduire l’appui global.

Les ingénieurs se penchent déjà sur des solutions pour tirer le meilleur

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