Les rampes de phares scintillent, la neige recouvre le sol, et les spectateurs enivrent l’air de fumigènes colorés : tous les ingrédients sont réunis pour un lancement époustouflant de la saison 2026 du WRC ! Ce jeudi, les trois premières spéciales du Rallye Monte-Carlo ont mis les pilotes à l’épreuve dans des conditions délicates, menant à des écarts aussi impressionnants que surprenants.
Une première spéciale à couper le souffle
Le rallye a débuté à basse altitude avec la spéciale Toudon/Saint-Antonin, une route étroite serpentant à flanc de montagne. Les premiers kilomètres ont offert une montée vertigineuse avant de redescendre vers la vallée. Dans ces conditions particulièrement piégeuses, certains pilotes ont déjà fait parler leur stratégie en matière de pneus.
En effet, sur ces routes étroites rendues glissantes par la pluie, Sébastien Ogier et Elfyn Evans ont pris le risque de chausser deux pneus slicks super-tendres, tandis que leurs rivaux ont opté pour un mélange plus conservateur entre pneus cloutés et pneus neige. Une prudence qui, bien que justifiée, leur a coûté en performances sur cette spéciale décisive.
Les pilotes de Toyota se sont révélés particulièrement performants. Evans, conscient d’avoir été trop timide lors du Monte-Carlo 2025, a su se démarquer en infligeant un temps impressionnant de 5 secondes et demie à Oliver Solberg et de 12 secondes à Ogier. Du côté de Hyundai, Adrian Fourmaux a déjà accusé un retard de près de 20 secondes, tandis que Thierry Neuville, à la peine, a perdu 43 secondes et s’est retrouvé en neuvième position derrière un pilote de WRC2.
Conditions dignes d’un Monte-Carlo
Avant la deuxième spéciale, Esclangon/Seyne-les-Alpes, la tombée de la nuit a contraint les équipages à monter leurs rampes de phares emblématiques. Les pilotes se sont retrouvés face à un terrain peu accueillant : un asphalte humide et glissant, suivi de sections étroites où la neige fondue et le verglas rendaient la conduite ardue.
Avec deux roues de secours équipées de pneus cloutés à leur disposition, tous les pilotes ont pu s’élancer avec quatre pneus cloutés, indispensables dans la seconde moitié de la spéciale. Toutefois, la glisse était telle qu’ils ont dû ralentir considérablement pour éviter les pièges.
Oliver Solberg a pris des risques audacieux et a signé une performance remarquable en infligeant 31 secondes à Evans et 34 secondes à Jon Armstrong, le rookie qui impressionne en faisant ses débuts en Rally1. « Mon Dieu, c’était la [spéciale] la plus folle de ma vie, j’ai cru sortir de la route plusieurs fois », s’est exclamé Solberg. Quant à Ogier, il a clairement souffert de son statut d’ouvreur, accusant un retard de 1 minute et 9 secondes face à son jeune coéquipier.
Une troisième spéciale sous le signe de l’incertitude
La dernière spéciale du jour, Vaumeilh/Claret 1, a présenté des conditions bien plus praticables mais pas moins délicates. Les pilotes ont pu reprendre leur stratégie pneumatique de l’après-midi, avec deux pneus cloutés. La portion initiale était rapide, mais la fin s’est avérée plus technique avec une visibilité compromise par le brouillard épais, accentué par les fumigènes des spectateurs.
Dans cette ambiance incertaine, Ogier a brillamment tiré son épingle du jeu en signant le meilleur temps, devançant Solberg de 7 secondes et Neuville de 10 secondes. Evans, quant à lui, a perdu 25 secondes face à son coéquipier. Malheureusement pour Fourmaux, une sortie de route dans un virage a coûté cher et il a terminé avec un retard d’une quarantaine de secondes. Katsuta a franchi la ligne avec plus d’une minute de retard.
Les conditions étaient si précaires qu’un drapeau rouge a été déployé après les arrivées des sept premiers, ceux qui n’avaient pas franchi la ligne recevant un temps forfaitaire, dont Armstrong, qui avait demandé une interruption après sa propre sortie de route.
Des pilotes en alerte
De nombreux pilotes ont exprimé leurs inquiétudes quant à la sécurité des conditions. Neuville était en tête de ceux qui critiquaient la situation, tandis qu’Ogier avouait : « Il y a des soirs où on est extrêmement heureux que ce soit fini. » Evans, quant à lui, semblait encore plus perturbé : « Je ne pouvais même pas voir la route, je ne voyais que les vestes des commissaires. »
Au terme de cette première journée, Solberg a conservé une avance significative avec 44 secondes et demie sur Evans. Ogier est remonté au troisième rang mais reste à plus d’une minute du leader. Derrière lui, Neuville et Armstrong ferment la marche après avoir reçu un temps forfaitaire suite à l’ES3, tandis que Fourmaux a chuté à la sixième position après sa mésaventure.
Demain s’annonce tout aussi palpitant avec six spéciales au programme, dans des conditions qui pourraient être pluvieuses. Les équipes devront redoubler d’efforts pour naviguer sur les routes glissantes de ce célèbre rallye.
Rallye Monte-Carlo – Classement après l’ES3
Après cette première journée riche en émotions et en rebondissements, les classements s’annoncent serrés et promettent une compétition acharnée pour les jours à venir.
