Le Rallye Monte-Carlo a débuté sur les chapeaux de roues, mais pas sans soulever une tempête d’émotions chez les pilotes. Entre pluie, neige fondue et brouillard épais, les conditions étaient aussi changeantes qu’un temps de montagne. Sébastien Ogier, le nonuple champion du monde des rallyes, a laissé éclater sa colère face à des pneus jugés inacceptables par un professionnel de son envergure.
Un début de rallye chaotique
En seulement trois spéciales, le Rallye Monte-Carlo a offert aux pilotes une véritable palette météorologique : un déluge pour la première spéciale, une neige fondue et glacée pour la deuxième, et un brouillard à couper au couteau pour la troisième. Si Ogier a su briller en fin de journée en réalisant le meilleur temps dans cette dernière spéciale, il n’a pas pu éviter de perdre un temps précieux dans les deux premières. La frustration était palpable, surtout en raison d’une minute pleine perdue qui lui a laissé un goût amer.
Les pneus : un sujet brûlant
Au cœur des difficultés rencontrées par Ogier, les pneus cloutés fournis par Hankook. En tant que nouveau manufacturier du championnat depuis l’an passé, leur performance est scrutée de près. Et disons-le clairement, lors de la deuxième spéciale, ces pneus n’ont pas fait honneur à leur réputation. En ouvrant la route, Ogier a subi de plein fouet les effets d’un grip quasi inexistant. Ce qui l’a poussé à faire part de son indignation vis-à-vis de la qualité de ces produits.
« C’est clairement […] un soulagement d’être là ce soir, et en un seul morceau », a-t-il déclaré au micro de Canal+. « Les conditions étaient exécrables, avec une première spéciale sous la pluie, qui était la seule – on va dire – ‘normale’ de la boucle. »
Une performance à revoir
La deuxième spéciale a été pour lui un véritable calvaire. « Ensuite, il a fallu composer avec une deuxième spéciale dans de la neige un peu fondante, et avec des pneus incroyablement mauvais. Je n’ai jamais vu ça de toute ma carrière, mais de très loin. » Ces mots résonnent comme une cloche d’alarme pour les équipes techniques et la direction du championnat. Car, après une saison d’apprentissage, le fait que ces pneus ne répondent pas aux attentes semble être une erreur inexcusable.
« C’est inacceptable qu’on nous donne des produits comme ça à ce niveau-là, en championnat du monde. Autant, je ne disais rien l’année dernière, c’était la première saison de Hankook, mais là, après un an, ce n’est pas acceptable qu’ils ne travaillent pas et qu’ils continuent à nous fournir des pneus comme ça. »
Un sentiment partagé
Ogier n’est pas le seul à ressentir cette frustration. Plusieurs pilotes ont exprimé leur mécontentement à l’issue de cette journée éprouvante. Mais il est vrai que le Français a dû faire face à des conditions particulièrement difficiles, en étant le premier à ouvrir la route sur des surfaces enneigées, sans aucune trace pour l’aider. Un véritable handicap qui l’a conduit à vivre une expérience cauchemardesque.
« Quoiqu’il arrive, en ouvrant la route comme ça ce soir, on savait qu’on allait perdre du temps dans cette section avec de la neige, mais en perdre autant… Et en plus de ça, en se faisant des chaleurs à chaque virage, c’était vraiment la pire spéciale de ma carrière, de loin ! » Ces mots illustrent bien le désarroi d’un pilote habitué à la victoire.
Brouillard et dernières épreuves
La dernière spéciale n’a pas été plus clémente. Ogier a dû composer avec un épais brouillard. « Heureusement que mes notes ont l’air d’être toujours assez précises pour me guider à peu près dans ces conditions, mais vraiment, on voyait à peine plus loin que le capot dans la voiture. » Une situation où il a dû jongler entre allumer et éteindre ses phares pour espérer y voir quelque chose. Une lutte contre les éléments et contre ses propres limites.
Un soulagement au bout du chemin
« On revient au début de la question : le seul mot qui compte ce soir, c’est un soulagement d’être là. » Ces mots résument bien l’état d’esprit d’Ogier après une journée aussi éprouvante. Chaque pilote sait que le rallye est une aventure pleine d’imprévus, mais ce que le nonuple champion a vécu ce jour-là semble avoir dépassé les bornes du raisonnable. Espérons pour lui et pour tous les concurrents que les prochains jours offriront des conditions plus clémentes et, surtout, des pneus à la hauteur des enjeux.
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